Il était un « passeur déterminé entre deux peuples » . L’Élysée a salué la mémoire d’Ofer Bronchtein, infatigable militant franco-israélien pour la paix entre Israéliens et Palestiniens qui avait l’oreille d’Emmanuel Macron. Artisan de la reconnaissance par la France de l’État de Palestine , il est décédé lundi 18 mai à Paris, a annoncé le Forum international pour la paix dont il était le cofondateur.
Né le 27 mars 1957 à Beer-Sheva, dans le sud d’Israël, il a vécu entre Israël et la France. Le Forum pour la Paix souligne que le militant avait notamment « bravé dans les années 1980 un interdit du gouvernement israélien qui refusait tout contact avec des représentants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) » . Il avait ensuite participé, dans les années 1990, au processus de paix d’Oslo, travaillant auprès du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin avant que celui-ci ne soit assassiné par un juif religieux ultranationaliste, poursuit le Forum.
« Depuis, Ofer Bronchtein avait fait de la reconnaissance d’un État palestinien le combat de sa vie, réussissant à convaincre le président Emmanuel Macron de franchir ce pas en 2025 à l’ONU » , au nom de la France, souligne-t-il. Le chef de l’État lui avait confié, quelques années plus tôt, « une mission pour ouvrir des pistes de rapprochement entre les sociétés civiles israélienne et palestinienne. » En 2024, il signait une tribune sur Le HuffPost pour remodeler l’UNRWA, agence onusienne essentielle à la survie des habitants de Gaza, mais aux nombreux dysfonctionnements internes.
L’Élysée a salué dans un communiqué une « personnalité marquante de la relation entre la France et Israël » . « Ofer Bronchtein fut pendant des décennies ce passeur déterminé entre deux peuples. En 2011, le président Mahmoud Abbas lui remit un passeport palestinien, honorant ainsi une promesse de Yasser Arafat » , rappelle le Palais. « Avec lui s’éteint une voix humaniste qui portait l’espérance de la paix et donnait toutes ses forces pour la faire advenir » , ajoute la présidence.
Le 22 septembre 2025, alors qu’Israël multipliait ses attaques sur la bande de Gaza, Emmanuel Macron avait reconnu l’État de la Palestine depuis le siège de l’ONU à New York, dans la lignée de la position historique de la France en faveur de « la solution à deux États » .
