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parlementvia Sud Ouest··3 min de lecture

« Opacité », « Far West du commerce »… Une commission d’enquête sur les prix en rayon et les marges de la grande distribution dévoilera son rapport jeudi

Personnalités citées :Anne-Catherine LoisierAntoinette GuhlAnnie GenevardSerge PapinJudith Jiguet
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Le contexte

La commission d'enquête parlementaire sur les marges des industriels et de la grande distribution a été lancée en décembre par des écologistes du Sénat. Son objectif est d'examiner les pratiques commerciales et la transparence des marges dans le secteur de la grande distribution, en réponse à la hausse du coût de la vie et aux difficultés rencontrées par les agriculteurs.

Ce qu'il faut retenir

La commission d'enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution va dévoiler son rapport après six mois de travaux. Ce rapport met en lumière des pratiques commerciales jugées opaques et potentiellement nuisibles pour l'agriculture et l'industrie française. Les auditions ont révélé des tensions entre distributeurs et producteurs, avec des accusations de contournement de la législation française par les centrales d'achats. La ministre de l'Agriculture a annoncé son intention de proposer des mesures pour encadrer ces pratiques.

Ce que ça change

Le rapport de la commission pourrait influencer les futures législations concernant la grande distribution et les relations commerciales avec les producteurs. Les propositions de la ministre de l'Agriculture et du ministre du Commerce pourraient également modifier la dynamique des négociations commerciales, en introduisant des contrats pluriannuels et en renforçant la transparence des marges.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

La commission d’enquête parlementaire sur les marges des industriels et de la grande distribution s’apprête à dévoiler un rapport attendu après six mois de travaux

« Des pratiques » mettant « en risque » l’agriculture et l’industrie française : la commission d’enquête parlementaire sur les marges des industriels et de la grande distribution dévoilera jeudi son rapport après six mois de travaux jugés « à charge » par les supermarchés mais « précieux » par leurs fournisseurs . Initiée par les écologistes du Sénat dont Antoinette Guhl, sa rapporteure, et présidée par la centriste Anne-Catherine Loisier, cette commission a été lancée en décembre pour faire la lumière sur la fabrication des tarifs en rayon et l’existence d’éventuels abus .

« Les Français font face à une explosion du coût de la vie » tandis que « les agriculteurs ne voient pas leurs revenus progresser », avait justifié en amont le groupe écologiste, pointant d’emblée « le manque de transparence des marges des distributeurs ». Enseignes, centrales d’achats, entreprises agroalimentaires, syndicats d’agriculteurs, mais aussi association de consommateurs et autorités de régulation… Plusieurs dizaines d’auditions ont été organisées, en partie en parallèle des négociations commerciales annuelles entre distributeurs et industriels. Une période déjà propice à une bataille acerbe par médias interposés, les premiers réclamant des prix bas au nom des consommateurs, quand les seconds demandent des hausses de tarifs, invoquant coûts de production et besoins d’investissements.

Pour la commission, les « tensions croissantes » caractérisant ces relations commerciales « fragilisent toute la chaîne de valeur au profit des distributeurs et au détriment de l’amont ». Son rapport, qui doit être voté mardi, « présentera » aussi « les preuves des pratiques des distributeurs » mettant « en risque », dans « des conditions d’opacité complète et le plus souvent en contradiction directe avec la loi, tant notre agriculture que notre industrie », sans « véritablement » profiter au « consommateur ».

« Nous avons parfois eu l’impression d’être plongés dans un Far West du commerce », résumait Anne-Catherine Loisier mi-avril, notant le déséquilibre entre d’un côté les « trois grandes centrales d’achats » auxquelles recourent les principaux distributeurs (E. Leclerc, Carrefour, Intermarché, Coopérative U, Auchan, Casino) et de l’autre « nos 400 000 producteurs agriculteurs » et « 23 000 entreprises de transformation ».

Même si la plupart des auditions des grands groupes industriels se sont faites à huis clos en raison du secret des affaires, elles ont permis à Lactalis, Danone ou encore Nestlé de pointer les centrales d’achats européennes. Ces dernières sont régulièrement accusées de contourner la législation française, notamment les lois Egalim censées protéger la rémunération des agriculteurs, ce que contestent les distributeurs. Elles permettent de « rééquilibrer un petit peu le rapport de force » avec les grandes multinationales qui « ne jouent pas dans la même cour », défend Judith Jiguet, la déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

Traditionnellement très discret, Lactalis s’est également fait le porte-voix de méthodes dénoncées auprès du ministère de l’Agriculture : la réduction des commandes pendant les négociations pour faire pression sur les industriels et les menaces de déréférencement. Le projet de loi d’urgence agricole a d’ailleurs été amendé en commission à l’Assemblée pour sanctionner ces pratiques et obliger les distributeurs à les justifier par écrit, ce qui a fait bondir les enseignes et leur fédération.

Les sénateurs pourraient à leur tour y mettre leur patte en tenant compte des conclusions de la commission d’enquête. Ces dernières seront « à charge », anticipe Judith Jiguet, dénonçant une « méthodologie biaisée, sans volonté réelle d’aller au fond des choses ». À l’inverse, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) salue un « travail précieux », appelant à « passer du constat à l’action ».

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a d’ores et déjà dit vouloir faire des propositions pour mieux encadrer les centrales au niveau du droit européen. De son côté, le ministre du Commerce et des PME, Serge Papin, promeut la mise en place de contrats pluriannuels pour sortir des négociations annuelles, système qu’il juge « à bout de souffle ».

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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