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internationalvia Challenges··4 min de lecture

Plus de 100 accords signés, des projets financés… miser sur l’investissement privé, la stratégie payante du sommet Afrique-France

Personnalités citées :Emmanuel MacronWilliam Ruto
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Le contexte

Le sommet Afrique-France s'est tenu au Kenya, marquant un changement dans les relations entre la France et les pays africains. Ce sommet a mis l'accent sur l'investissement privé plutôt que sur l'aide publique, une approche soutenue par le président kényan William Ruto.

Ce qu'il faut retenir

Lors du sommet, plus de 100 accords ont été signés, avec un investissement de 700 millions d'euros par CMA CGM pour moderniser des terminaux au Kenya. Emmanuel Macron a souligné la nécessité de privilégier les investissements privés, en réponse à la réduction des aides publiques au développement. Le forum a attiré plus de 7 000 participants, dépassant les attentes, et a permis de discuter de divers projets d'infrastructure et de développement en Afrique.

Ce que ça change

Cette nouvelle stratégie pourrait transformer les relations économiques entre la France et l'Afrique, en favorisant des partenariats basés sur l'investissement plutôt que sur l'aide. Cela pourrait également stimuler la croissance économique en Afrique, tout en posant des défis liés à la gestion de la dette des pays africains.

L'article complet

Source originale sur challenges.fr

Le sommet Afrique-France organisé au Kenya témoigne d’une nouvelle approche : privilégier l’investissement privé et les partenariats économiques. Lundi, lors du forum des affaires, plus de 100 accords ont été signés selon Bpifrance.

700 millions d’euros. Voici le montant de l’investissement annoncé dimanche par l’entreprise française CMA CGM , pour moderniser deux terminaux du port kényan de Mombasa. Le projet permettra à l’armateur de devancer ses concurrents sur les routes commerciales d’Afrique de l’Est et pour le Kenya, c’est un moyen de renforcer sa connectivité aux marchés mondiaux.

Un plan qui illustre parfaitement la nouvelle nature des relations Afrique-France présentée lors du grand sommet au Kenya ce 11 et 12 mai. Organisées dans un pays anglophone pour la première fois - symbole de changement - les discussions se sont concentrées sur les investissements privés et publics. Un virage appuyé par William Ruto, président de la République du Kenya, qui a défendu l’idée de ne plus « être en quête d’aide ou de prêts ».

Face à ce choix, Emmanuel Macron a même osé une touche d’humour : « ça tombe bien parce que nous, on n’a plus totalement les moyens non plus, si on est lucide. » Pour réaliser des économies budgétaires, les pays occidentaux ont drastiquement réduit leurs aides publiques au développement ces dernières années. L’ Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue cette baisse à 23,1 % en 2025.

Si ce changement peut paraître radical de prime abord, la nouvelle orientation prise a eu une forte résonance. Lundi, le forum des affaires coorganisé par Bpifrance , Business France et Proparco, a réuni plus de 7 000 personnes alors qu’ils n’en attendaient que 2 000. Des entrepreneurs de toute l’Afrique, des entreprises françaises, des représentants de 40 pays ont pu se rencontrer. L’objectif : faire travailler des entreprises françaises sur des projets d’entrepreneurs des 55 pays du continent et inversement.

« Ce n’était pas un forum pour les communiqués mais pour des investissements », assure Olivier Vincent, directeur exécutif de Bpifrance en charge de l’export, présent à Nairobi pour organiser le forum. Ce qui n’a pas empêché Emmanuel Macron et William Ruto de se féliciter, en marge du forum, des partenariats « gagnant-gagnant » signés, des 23 milliards d’euros d’investissement, dont 14 milliards d’investissement français essentiellement privé et des huit projets dépassant le milliard d’euros d’investissements. Outre celui de CMA CGM, les projets phares concernent le développement du ferroviaire, de l’université de Nairobi, un parc éolien ou encore le nucléaire civil.

Derrière ces annonces tonitruantes révélées à l’occasion du déplacement du président français au Kenya, ce sont plus de 100 accords qui ont été signés dans le cadre d’Africa Forward selon Bpifrance. La nature précise de ceux-ci n’est pas encore connue mais Olivier Vincent donne un exemple récent dans lequel Bpifrance a pu jouer un rôle : le financement d’une installation pour produire des œufs au Sénégal dont le matériel a été acheté à une entreprise française. Si la souveraineté alimentaire est un enjeu important pour le développement du continent, ce n’est pas le seul secteur où il est possible d’investir. « Les différents pays ont des besoins énormes en termes d’infrastructures : irrigation, lumière, routes, transports… », développe Olivier Vincent.

Si ces efforts français participent à la croissance, il faut rappeler que la France a perçu 3,3 milliards d’euros de remboursements de dette par les pays africains en 2025 selon la Banque mondiale . Cette charge de la dette agit au contraire comme un frein.

Pour Julia Brouillard Soler, économiste principale à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ces nouveaux partenariats fondés sur l’investissement et non sur l’aide sont une « très bonne nouvelle ». Pourquoi ? « L’idée derrière, c’est que l’Afrique est un continent plein de ressources et de rentabilité. » Parmi les 55 pays certains deviennent une terre d’investissement fiable avec des entreprises dynamiques.

Au Nigeria, l’entreprise Dangote a ouvert la plus grande raffinerie d’Afrique en 2024. Avec la guerre au Moyen-Orient, le groupe profite d’une demande nouvelle. Fin mars, il a envoyé pour la première fois des cargaisons vers des pays voisins. L’entreprise ne veut pas s’arrêter là. Selon le Financial Times , Aliko Dangote envisage de construire une autre raffinerie au Kenya avec le port Mombasa.

Les États espèrent mener aussi des projets de cette envergure en mobilisant mieux l’épargne. Le 9 avril dernier, c’est avec cette ambition que le « consensus d’Abidjan », accompagné par la Banque africaine de développement (BAD), a été signé en Côte d’Ivoire par des gouvernements et des financiers. Les marchés financiers étant insuffisamment développés, les 3 409 milliards d’euros d’épargne domestique de moyen et long terme ne sont pas assez investis. Alors même que la BAD estime à 340 milliards d’euros le manque de financement pour le développement sur le continent.

Ainsi, la Nouvelle architecture financière pour le développement (NAFAD) vise à « renforcer la coordination entre les institutions financières, les autorités de régulation et les investisseurs africains. » Les différents pays souhaitent que l’épargne puisse circuler pour financer des projets d’entreprises privées sur tout le continent. Cela passe par la consolidation des marchés financiers africains, la mise en place de règles communes. Pour voir ce projet se réaliser, le temps sera long. La ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine), initiée en 2012, est entrée officiellement en vigueur seulement en 2021 et les 55 pays de l’Union africaine n’y participent pas.

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