Le député PS des Landes présentera son livre sur la démarchandisation ce jeudi à Bordeaux. Avec en toile de fond, les divisions de la gauche qui menacent le rendez-vous de 2027
Vous plaidez pour la démarchandisation. À l’heure de la mondialisation, que peut-on démarchandiser ?
Nous sommes devenus des marchandises. Démarchandiser, c’est reprendre le contrôle sur ce qui est essentiel à nos vies. Il y a deux démarchandisations en acte dans les Landes. C’est la politique publique de l’eau, le grand combat d’Henri Emmanuelli. À 90 %, l’eau...
Nous sommes devenus des marchandises. Démarchandiser, c’est reprendre le contrôle sur ce qui est essentiel à nos vies. Il y a deux démarchandisations en acte dans les Landes. C’est la politique publique de l’eau, le grand combat d’Henri Emmanuelli. À 90 %, l’eau est gérée en régie départementale publique. Le prix de l’eau est le plus bas de Nouvelle-Aquitaine. Ensuite, il n’y a pas d’Ehpad à but lucratif dans les Landes. Nous n’avons pas besoin de gratter sur les soins, la surveillance ou la nourriture pour payer des actionnaires. Le grand âge n’est pas une marchandise. Aujourd’hui, le taux d’encadrement dans les Ehpad landais est de 0,8 pour 1, là où il était de 0,5 chez Orpea. Et nous avons les prix de journée parmi les plus bas de France.
Démarchandiser, c’est une nationalisation qui ne dit pas son nom ?
La démarchandisation, ce n’est pas l’étatisation de tout. C’est simplement se poser la question de savoir ce qui doit être lucratif. On ne précipite pas l’économie hors de son orbite, on la remet dans un axe. Combattre la fast fashion, ça ne veut pas dire qu’on va créer une manufacture de chaussettes. Les dépenses de santé en France, c’est 12 % du PIB, chez nous, le système est démarchandisé. Aux États-Unis, c’est 18 % du PIB, là-bas, le système est marchandisé. L’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé sont supérieures en France à celles des États-Unis. Je propose de reprendre la main sur ce qui nous échappe.
Ce livre, c’est votre candidature à la présidentielle ?
C’est une idée forte et tranchante qui appartient à toute la gauche. C’est un mot d’ordre qui rassemble et une proposition de programme qui peut être celui de n’importe quel candidat ou candidate. Je mets les idées avant les hommes. Le quoi avant le qui.
Maintenant que vous avez quitté la direction du PS, qu’attendez-vous d’Olivier Faure ?
J’attends de nous tous et toutes, et en particulier du premier secrétaire, que l’on se mette en ordre de bataille. Les circonstances sont exceptionnelles et graves : le Rassemblement national est aux portes du pouvoir. J’ai démissionné de la direction du PS pour que l’on prenne mon inquiétude au sérieux. Ce n’est pas une fuite. Au contraire, c’est un appel à la mobilisation générale et au travail de toutes et de tous. Si je le fais maintenant, c’est que je crois que ce n’est pas trop tard, que ce n’est pas foutu. On peut encore non seulement s’unir, mais aussi gagner.
Vous avez aussi lancé une initiative commune avec Yannick Jadot et Raphaël Glucksmann. Comment rassembler la gauche ?
Je propose que toutes celles et tous ceux qui ont au moins en partage le désir d’avoir un candidat commun travaillent à un processus qui rassemble toutes les parties prenantes. L’offre globale que je formule est celle-ci : le projet, le contrat de législature et le travail sur le processus.
