En déplacement en Pologne, le président du Rassemblement National souhaite notamment réduire l’implantation de la France dans le budget de l’Union européenne en cas de victoire présidentielle, alors que le RN est largement favori dans les sondages pour arriver au second tour
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, souhaite « réduire de moitié » la contribution nette de la France au budget de l’Union européenne en cas de victoire de son parti à l’élection présidentielle. « Au lieu de voter une contribution au budget de l’Union européenne à 12 ou 15 milliards (d’euros), eh bien, elle sera réduite de moitié », a déclaré Jordan Bardella lors d’un entretien accordé à Politico publié lundi 15 juin.
Le patron du RN s’engage à aller négocier avec la Commission européenne pour réduire la contribution nette de la France qu’il juge « excessive ». « Nous demanderons à la Commission européenne de réduire, par exemple, ses dépenses de fonctionnement », a-t-il ajouté.
Le budget pluriannuel de l’UE pour la période 2028-2034 est actuellement au cœur des débats alors que Bruxelles espère trouver un accord d’ici à fin 2026, soit quelques mois avant la présidentielle française. « L’idée est évidemment de verrouiller le budget avant potentiellement un changement de majorité en France. Et l’Union européenne poursuit sa politique et sa philosophie profondément antidémocratique », a dénoncé Jordan Bardella.
Celui qui pourrait être le candidat du RN à l’élection présidentielle, si Marine Le Pen était empêchée par la justice de se présenter elle-même, a dénoncé « un scandale démocratique » et une Union européenne qui se considère « au-dessus des peuples ». Si le parti a abandonné depuis plusieurs années son projet de Frexit, il n’a pas abandonné sa volonté de « tout changer sans rien détruire ». Le patron du RN dénonce une UE « totalement obsolète », notamment sur les sujets de défense.
Alors que les États-Unis font peser une crainte de désengagement militaire auprès de ses alliés européens, Jordan Bardella a jugé d'« erratique », d'« extrêmement mouvant et extrêmement changeant » le positionnement du président américain Donald Trump.
Il dénonce un « renouement » de Donald Trump avec la doctrine Monroe pour faire des États-Unis « un empire ». Également dans le viseur du Rassemblement national : l’Otan. « Le rôle de l’Otan est à redéfinir », a affirmé Jordan Bardella.
« Nous ne sommes pas pour sortir de l’Otan. En revanche, nous sommes pour sortir du commandement intégré de l’Otan pour retrouver des marges de manœuvre », a-t-il insisté affirmant toutefois qu’aucune sortie ne se fera « tant qu’il y aura la guerre aux portes de l’Europe ».
