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electionsvia Sud Ouest··3 min de lecture

Présidentielle 2027 : pourquoi les instituts de sondages ne veulent pas être les juges de paix du scrutin

Personnalités citées :Céline BracqBruno JeanbartBrice TeinturierJean-Daniel LévyFrédéric DabiRaphaël GlucksmannValérie PécresseSégolène RoyalFrançois HollandeFrançois Fillon
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Le contexte

La présidentielle de 2027 approche et les partis politiques français commencent à envisager des méthodes pour départager leurs candidats. Les sondages, souvent critiqués pour leur influence sur les élections, sont au cœur des débats, notamment au sein du bloc central.

Ce qu'il faut retenir

Les instituts de sondage expriment des réserves sur l'utilisation des sondages pour départager les candidats au sein d'un même camp. Ils craignent que cela ne les désigne comme juges de paix et soulignent que les partis politiques devraient assumer leur rôle de sélection des candidats. Les sondages sont perçus comme un outil d'évaluation de l'opinion à un moment donné, mais leur fiabilité est remise en question à long terme. Les primaires sont vues comme une méthode plus légitime pour désigner un candidat, bien que certains craignent qu'elles ne favorisent les candidats les plus radicaux.

Ce que ça change

Le débat sur l'utilisation des sondages pour départager les candidats pourrait influencer la manière dont les partis se préparent pour la présidentielle de 2027. Si les sondages sont adoptés comme méthode de sélection, cela pourrait affaiblir le rôle traditionnel des partis politiques et modifier la dynamique des campagnes électorales.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Alors que l’idée d’utiliser les sondages pour départager des candidats au sein d’un même camp fait son chemin, les instituts de sondage alertent sur les risques d’une telle méthode

Les sondages pour départager les candidats d’un même camp ? Si cette idée fait son chemin au sein du bloc central, les sondeurs la voient d’un œil critique au regard des campagnes précédentes et n’ont pas envie d’endosser cette responsabilité des partis.

Alors que les électeurs se disent très favorables aux primaires, la présidentielle pourrait paradoxalement se dérouler sans candidat passé par une compétition, soit interne comme Valérie Pécresse en 2022 ou Ségolène Royal en 2007, soit ouverte comme François Hollande en 2012 ou François Fillon en 2017. Inenvisageable au Rassemblement national et à La France insoumise, une primaire a été rejetée chez Les Républicains. Dans la gauche non mélenchoniste, une partie du Parti socialiste s’y oppose, tout comme Raphaël Glucksmann qui s’est donné « trois mois » pour de facto imposer sa candidature par les sondages. Mais c’est au sein du bloc central que les sondages sont ouvertement envisagés comme la solution pour départager début 2027 Édouard Philippe et Gabriel Attal.

« C’est une mauvaise idée qui ne fonctionnera pas », tranche Céline Bracq (Odoxa). Déjà régulièrement critiqués pour leur influence dans l’élection, par exemple en favorisant « le vote utile », les sondeurs ne souhaitent pas se voir désigner « juge de paix ». Sur le fond, « cela veut dire que les partis politiques abandonnent leur rôle principal, celui de sélectionner des candidats », déplore Bruno Jeanbart (OpinionWay). Dans une tribune récente dans le quotidien « Le Figaro », Brice Teinturier (Ipsos) y voit « le symptôme de l’affaiblissement considérable du politique », des partis comme des candidats.

Cela montre, « qu’en dehors des extrêmes, il n’y a aucune personnalité qui s’est imposée depuis 2022 comme candidat naturel », relève Jean-Daniel Lévy (Harris Interactive), s’étonnant de ces partis qui « n’ont pas établi de règle de jeu pour une élection prévue depuis cinq ans… ». Au-delà de cette opposition de principe, Frédéric Dabi (Ifop) se dit « dubitatif » parce que « début 2027, l’opinion ne sera pas cristallisée. Il y a des fortes chances que les sondages n’apportent pas de réponse catégorique ». Dans une présidentielle, une partie importante des électeurs « ne s’y intéressent que lors des 3 ou 4 derniers mois », renchérit Bruno Jeanbart. Tant que la campagne et les débats n’ont pas vraiment commencé, « les intentions de vote sont extrêmement fragiles », souligne Brice Teinturier, se demandant « quel est l’écart décisif » et « comment gérer une situation où aucun candidat ne se détacherait ».

Les exemples sont légion de croisement de courbes dans les derniers mois de campagne, le plus célèbre étant celui en 1995 entre Jacques Chirac et Édouard Balladur qui n’intervient que début mars. « Est-ce que je peux préjuger des enjeux de la campagne, des événements nationaux ou internationaux et de la manière dont vont y répondre les candidats ? Absolument pas », résume Jean-Daniel Lévy. Si Céline Bracq défend le sondage « comme un outil de la démocratie pour savoir où en sont les candidats dans l’opinion à un moment T, ce n’est pas une prévision au-delà de cet instant ».

Si ça ne tenait qu’à eux, les sondeurs choisiraient la primaire qui donne au vainqueur « un surcroît de légitimité et crée une dynamique dans l’opinion alors que la désignation par les sondages n’en crée aucune », selon Brice Teinturier. « Cette dynamique, on l’a vue systématiquement. Même après la petite primaire interne de LR en décembre 2021, Valérie Pécresse s’est retrouvée dans une situation compétitive pour accéder au second tour », avant de s’effondrer en fin de campagne, rappelle Bruno Jeanbart. Une primaire « permet d’occuper l’espace médiatique, avec des débats télévisés, et passe les candidats au révélateur en situation de compétition », plaide-t-il.

Les opposants aux primaires avancent que cela accentue les divisions internes et favorisent nécessairement le candidat le plus radical de son camp. Cependant en 2011, ce n’est pas le candidat le plus à gauche qui avait gagné dans la primaire socialiste mais François Hollande, bénéficiant notamment du fait que les sondages le présentaient comme le plus capable de battre Nicolas Sarkozy. Un argument-clé à nouveau aujourd’hui dans la perspective d’un second tour face au Rassemblement national. Primaire ou pas, « les sondages font aussi partie des éléments de décision des électeurs », admet Céline Bracq, mais « ce ne peut être le seul ».

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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