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electionsvia Challenges··3 min de lecture

Présidentielle : ces meetings amoureux où se joue le destin des candidats

Personnalités citées :Gabriel AttalEdouard PhilippeRaphaël GlucksmannJean-Luc MélenchonBruno RetailleauValérie PécresseNicolas SarkozyFrançois HollandeEdouard Balladur
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Le contexte

La campagne présidentielle française est marquée par des meetings où les candidats cherchent à établir leur crédibilité et à séduire les électeurs. Ces événements sont cruciaux pour la perception publique des candidats et leur position dans les sondages. L'élection présidentielle de 2027 commence à se dessiner, avec des figures politiques qui tentent de se démarquer.

Ce qu'il faut retenir

Les meetings sont des moments clés de la campagne présidentielle où les candidats tentent de gagner la confiance des électeurs. Gabriel Attal et Edouard Philippe sont parmi ceux qui préparent leurs interventions pour se positionner favorablement. L'article évoque la difficulté pour certains candidats de créer une connexion émotionnelle avec le public, ce qui est essentiel pour leur succès. Les références à des figures historiques comme Sarkozy et Hollande illustrent comment des discours marquants peuvent influencer l'image d'un candidat.

Ce que ça change

L'article souligne l'importance des meetings dans la dynamique électorale et la manière dont les candidats doivent naviguer entre programmes politiques et connexion émotionnelle avec les électeurs. Cela met en lumière les défis auxquels font face les candidats pour mobiliser un électorat souvent désintéressé, ce qui pourrait influencer les stratégies de campagne à l'approche de l'élection de 2027.

L'article complet

Source originale sur challenges.fr

Longtemps avant le vote, il y a le coup de foudre. Dans une campagne présidentielle, le meeting est ce moment particulier où un candidat tente de se transformer en prétendant crédible au pouvoir. Entre liturgie politique, mise en scène collective et quête d’amour électoral, certains y gagnent une stature présidentielle quand d’autres s’y perdent.

Dans la liturgie électorale, le meeting, cette grande messe, tient une place à part. On ne saurait passer à côté de cette dimension spirituelle, religieuse, amoureuse aussi, de ces saints offices qui scandent une période électorale pour la faire décoller… ou sombrer. Ce moment de rencontre avec les militants – et les téléspectateurs – participe d’une alchimie d’où émerge, ou pas, un vrai présidentiable. La mutation ne marche pas à tous les coups et certains s’y abîment après avoir paru briller dans les sondages trompeurs.

Tromperie de saison : plus de la moitié des Français se désintéressent encore de cette élection présidentielle que les guerres et les difficultés de pouvoir d’achat risquent de gâcher une nouvelle fois, après la campagne ratée de 2022. Mais pour la petite moitié mobilisée, les jeux se font et les candidats commencent à prendre forme : stature, puissance… ou pas.

Certains, en retard dans les sondages, tentent d’accélérer. Ainsi, Gabriel Attal, pour rattraper Edouard Philippe, a tenu meeting résolument optimiste. L’avenir, c’est lui ; le passé, c’est l’autre. Une partition que Raphaël Glucksmann va devoir jouer lui aussi pour son premier meeting, le 13 juin, où l’on ne manquera pas de relever l’indice manifeste de son désir d’être aimé : la cravate dont cet intellectuel s’est désormais affublé. Jean-Luc Mélenchon l’arbore rouge , Glucksmann, bleu social-démocrate. L’essentiel est bien de demeurer fidèle au code des convenances politiques qui veulent que, pour une demande en mariage, on ne sollicite pas la main et le bulletin de l’électeur en étant attifé tel l’as de pique. On ne s’engage pas pour la vie, mais tout de même pour cinq, voire dix ans.

On pourra aussi vérifier cette quête du cœur dans les réunions publiques des jours qui viennent avec Bruno Retailleau (20 juin) et Edouard Philippe (5 juillet) et les autres. Sans doute les programmes et le projet comptent-ils, mais le processus d’adhésion est plus profond. Il a été parfaitement décrit par Stendhal, dans un ouvrage politiquement étincelant titré De l’amour (1822). L’auteur y décrit ce qu’il appelle « la cristallisation, cette idéalisation » qui se déploie au début d’une relation amoureuse, ce moment si particulier « où l’on pare l’être aimé de toutes les qualités, certaines imaginaires ».

Stendhal rapporte que, dans les mines de sel abandonnées de Salzbourg, on jette dans les profondeurs un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver. Deux ou trois mois après, on le retire couvert de « cristallisations brillantes ». Ce phénomène amoureux, on a pu l’observer avec Nicolas Sarkozy qui au cours de son meeting de la porte de Versailles en janvier 2007 jeta en guise de rameau son fameux « je suis un Français de sang mêlé ». Ou avec François Hollande à gauche toute au Bourget en janvier 2012 qui attaque « la finance, cet ennemi qui n’a pas de visage, pas de parti et qui gouverne ».

En revanche, en 2022, Valérie Pécresse, par exemple, n’a pas réussi à cristalliser, pas plus qu’avant elle, en 1995, l’ancien Premier ministre Edouard Balladur. Ceux-là avaient raté leurs meetings et cette alchimie magique qui fait qu’on pare d’un habit de lumière présidentiable le candidat auparavant quelconque. C’est le miracle de l’amour politique. En ce qui concerne 2027, on en est loin. Du moins pour l’instant.

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Texte extrait depuis l'article original sur challenges.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur challenges.fr.

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