« On cible celles et ceux qui travaillent » . Près de trois mois après le début de la guerre au Moyen-Orient , qui a provoqué l’envolée des prix à la pompe , le gouvernement a annoncé ce jeudi 21 mai « 710 millions d’euros d’aide nouvelle » pour les Français utilisant leur véhicule pour aller travailler et les secteurs les plus touchés. Parmi elles, le doublement de la prime carburant.
Cette prime est une aide défiscalisée versée facultativement aux salariés par les employeurs, pour compenser le coût du trajet domicile-travail. Elle passera de 300 à 600 euros. Cette mesure dépend donc du bon vouloir des employeurs.
Il s’agit ici de solliciter davantage les entreprises pour qu’elles aident leurs salariés et d’élargir les secteurs soutenus, moyennant de nouvelles économies budgétaires pour ne pas creuser davantage le déficit.
Lors de cette conférence de presse, le ministre des Transports Philippe Tabarot a également annoncé la reconduction « du dispositif d’aide forfaitaire » pour trois mois supplémentaires pour le secteur du transport routier.
Les chauffeurs de taxi bénéficieront, eux, dès octobre, « d’une aide à l’achat » pour les voitures électriques. Pour les pêcheurs, agriculteurs et acteurs du BTP, des aides seront aussi reconduites les trois prochains mois. Les achats d’engrais seront facilités pour les exploitants.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a par ailleurs annoncé deux dispositifs pour les « aides à domicile qui subissent la situation » avec une revalorisation des indemnités kilométriques (20 centimes par litre) et d’un leasing automobile social pour qu’elles « accèdent aux voitures électriques » . Une « hausse des rémunérations générales » est aussi prévue.
Sébastien Lecornu avait déjà salué la mesure prise par le groupe pétrolier TotalEnergies de plafonner les prix à la pompe dans ses stations-service, à défaut de le faire à son niveau compte tenu des contraintes budgétaires.
Alors que le chef du gouvernement estime que la guerre va « durer d’une manière ou d’une autre » , il défend sa stratégie pour répondre à la crise à « court terme » avec des aides ciblées pour les « travailleurs », et à « long terme » en misant sur l’électrification du pays. Le Premier ministre prévoit un retour à la normale au plus tôt entre « l’été et l’automne » pour l’économie mondiale.
Le conflit au Moyen-Orient a conduit à un blocage du détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié. Une situation qui fait flamber les prix des carburants, renchérit les matériaux dérivés du pétrole comme le plastique et fait grimper les intérêts de la dette publique, alors que le gouvernement veut tenir le déficit à 5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026.
