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electionsvia Sud Ouest··3 min de lecture

Regain de tension au RN entre les lignes de Bardella et de Le Pen sur la réforme des retraites

Personnalités citées :Marine Le PenJordan BardellaJulien OdoulLouis Aliot
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Le contexte

Le Rassemblement national (RN) est en période de préparation pour la campagne présidentielle de 2027. Les tensions internes entre les partisans de Marine Le Pen et ceux de Jordan Bardella se sont intensifiées, notamment autour de la question de la réforme des retraites. Ce débat survient dans un contexte où le RN doit clarifier sa position pour éviter des divisions préjudiciables à sa campagne.

Ce qu'il faut retenir

Le Rassemblement national fait face à des tensions internes concernant sa position sur la réforme des retraites. Jordan Bardella a évoqué la possibilité d'un relèvement de l'âge légal de départ à la retraite, ce qui contredit la promesse de Marine Le Pen de maintenir cet âge à 62 ans. Les divergences sur la stratégie politique et les mesures budgétaires sont également mises en avant, avec des inquiétudes sur l'impact de ces désaccords à l'approche de l'élection présidentielle.

Ce que ça change

Ces tensions internes pourraient nuire à la cohésion du Rassemblement national à l'approche de la présidentielle. Les désaccords sur des sujets clés comme la réforme des retraites et la fiscalité pourraient affaiblir le message du parti et sa capacité à séduire les électeurs. La situation est d'autant plus délicate que Marine Le Pen attend une décision de la cour d'appel sur sa candidature, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur le RN.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Plongé depuis trois semaines dans la confusion sur sa propre réforme des retraites, le Rassemblement national voit ressurgir les tensions entre « marinistes » et « jordaniens ».

Rien de tel qu’une retraite collective pour remettre les choses au point. Marine Le Pen, Jordan Bardella et leurs gardes rapprochées doivent se retrouver le 12 juin, hors de Paris et à l’abri des regards, pour phosphorer sur leur campagne présidentielle . Un point d’étape « très basique » pour discuter « stratégie politique et organisation », dans le prolongement d’une première réunion mi-avril, minimise un participant. Les deux chefs se sont chargés d’ajouter un sujet de discorde à l’ordre du jour.

Jordan Bardella le premier, en glissant à la presse allemande début mai que son parti était « en train d’examiner la question » d’un relèvement de l’âge légal de départ en retraite. Une pierre dans le jardin de Marine Le Pen, qui maintient mordicus sa promesse de revenir à 62, voire 60 ans, avec 40 à 42 années de cotisation.

« Le programme est le même que celui de 2022, en l’état », a tenté de rectifier la triple candidate à l’Élysée. Mais son cadet n’en démord pas : « L’âge légal ne veut rien dire, ce qui compte c’est la durée de cotisation ».

Un membre de la direction assure que « ce n’est pas un cafouillage » et que les deux têtes du RN ont seulement « présenté les choses avec des termes différents ». Pourtant, les porte-parole sont déboussolés. Quelqu’un qui a commencé à 24 ans pourrait donc partir à 66 ans ? « Oui », répond Julien Odoul.

« Si vous commencez à 25 ans, avec notre réforme vous partirez à 67 ans », renchérit Louis Aliot. Le RN avait déjà souffert d’hésitations sur le même sujet après la dissolution de 2024. Un cadre se désespère : « On est sur le Titanic, on a les jumelles, l’iceberg ne sort pas de la brume et pourtant ça fait deux ans qu’on fonce dedans ».

« On va le payer », s’inquiète un député. Ce n’est pas tant le contenu qui pose problème, que « l’affichage politique », insiste-t-il. « Le signal qu’on envoie c’est « quand ils sont dans l’opposition c’est le Père Noël, dès qu’ils s’approchent du pouvoir c’est le Père Fouettard » ». Ravageur à moins d’un an du scrutin suprême. Et même si la presse est accusée de surinterpréter les propos et d’amplifier les désaccords, « on s’y est mis tout seul » et « on va le payer jusqu’à la présidentielle », ajoute ce même responsable.

L’addition risque de s’allonger encore, avec le volet budgétaire du programme. Jusqu’ici le RN tablait sur un plan d’économies de 100 milliards d’euros sur cinq ans, chiffre encore répété la semaine dernière par Jordan Bardella. Mais ce montant est déjà dépassé : « En vérité il faudra 120 milliards », prévient un stratège.

La faute aux « dépenses rigides » (loi de programmation militaire, prêt européen à l’Ukraine…) sur lesquelles « on ne pourra pas revenir ». S’il sera aisé d’en rejeter la responsabilité sur la « mauvaise gestion » d’une macronie finissante, et le « contexte aggravé » par la guerre en Iran, cela suffira-t-il à faire passer la pilule ?

Surtout si dans le même temps, la tendance pro-business s’affirme, comme l’a laissé entrevoir la dissonance fin avril entre la « candidate naturelle » et son dauphin autour de la question des « surprofits » de TotalEnergies.

Du côté des « marinistes », on en vient à soupçonner les « jordaniens » de vouloir « remettre en cause » l’équilibre du projet avec des mesures « qui ne sont pas financées », notamment sur la fiscalité des grandes entreprises et des plus fortunés. « Si c’est cette ligne-là, on ne gagnera pas », s’alarme même un proche de la patronne.

Évidemment tout reste suspendu au verdict de la cour d'appel de Paris, qui décidera le 7 juillet si Marine Le Pen peut concourir une quatrième fois, ou pas. Mais ce deuxième séminaire tombe à pic pour accorder enfin les violons et couper court aux spéculations. Car comme le relève un historique du parti, « le Front national, puis le Rassemblement national, ont bien fonctionné en n’ayant pas de courants et en étant uni derrière le chef ». Reste à savoir lequel.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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