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economievia Sud Ouest··3 min de lecture

Réindustrialisation : entre désir et réalité, où en sont la France et la Nouvelle-Aquitaine ?

Personnalités citées :Emmanuel MacronAlain Rousset
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Le contexte

La réindustrialisation est un enjeu majeur pour la France, particulièrement dans le contexte de la transition écologique et de la relance économique post-COVID. Le gouvernement français, sous la présidence d'Emmanuel Macron, a mis en place des initiatives pour soutenir l'industrie, notamment à travers des décrets visant à accélérer les projets industriels. La Nouvelle-Aquitaine se distingue comme une région dynamique dans ce domaine.

Ce qu'il faut retenir

Emmanuel Macron a annoncé un décret pour accélérer 150 projets industriels en France, représentant 71 milliards d'euros d'investissements et 32 000 emplois potentiels. La Nouvelle-Aquitaine a ouvert 19 nouvelles usines en 2025, confirmant son statut de région industrielle dynamique. Cependant, des défis subsistent, comme le cas d'Ollow, une start-up qui a échoué à passer à l'échelle industrielle malgré des financements publics.

Ce que ça change

La réindustrialisation est cruciale pour l'économie française, et les initiatives gouvernementales visent à renforcer le secteur industriel face à des défis économiques et géopolitiques. La réussite ou l'échec de projets comme celui d'Ollow souligne les difficultés rencontrées par les entreprises en phase de transition, ce qui pourrait influencer les politiques de soutien à l'innovation et à l'industrie.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Jeudi 21 mai, à Bordeaux, la réindustrialisation sera au cœur d’une rencontre « Sud Ouest »/TV7. Un sujet pour lequel la Nouvelle-Aquitaine fait figure de région modèle – non sans connaître, elle aussi, des revers douloureux. Explications

S i la cathédrale Notre-Dame-de-Paris a pu être reconstruite en cinq ans, pourquoi faudrait-il davantage de temps pour monter une usine ? C’est, résumé à grands traits, la logique du président de la République. Depuis Montluçon, dans l’Allier, où il s’était rendu le 22 avril dernier pour inaugurer la mine de lithium d’Imerys, Emmanuel Macron a annoncé la publication d’un décret visant à accélérer les procédures pour 150 grands projets industriels recensés sur tout le territoire. La philosophie se veut pragmatique : un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des délais courts qu’on doit tenir. C’est...

S i la cathédrale Notre-Dame-de-Paris a pu être reconstruite en cinq ans, pourquoi faudrait-il davantage de temps pour monter une usine ? C’est, résumé à grands traits, la logique du président de la République. Depuis Montluçon, dans l’Allier, où il s’était rendu le 22 avril dernier pour inaugurer la mine de lithium d’Imerys, Emmanuel Macron a annoncé la publication d’un décret visant à accélérer les procédures pour 150 grands projets industriels recensés sur tout le territoire. La philosophie se veut pragmatique : un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des délais courts qu’on doit tenir. C’est la « méthode Notre-Dame » appliquée à l’industrie.

Cette initiative entend accélérer 150 dossiers répartis dans 63 départements, pour 71 milliards d’euros d’investissement cumulé et un potentiel de 32 000 emplois, la moitié étant portée par des PME et des ETI, les entreprises de taille intermédiaire.

Mais cette ambition s’inscrit dans un bilan nuancé. Sur les dix dernières années, la France a créé 130 000 emplois nets dans l’industrie et ouvert 300 sites industriels nets, stoppant ainsi douze années consécutives de désindustrialisation. Pour autant, si l’on s’en tient à l’année 2025 et aux créations et fermetures d’usines, le solde industriel de la France est négatif, à -58 usines, signe que la dynamique marque le pas dans un contexte géopolitique et économique difficile.

Dans ce tableau contrasté, la Nouvelle-Aquitaine tire son épingle du jeu. Elle s’était hissée à la deuxième place nationale en 2024 grâce à 24 ouvertures nettes d’usines, dans la continuité de 2022 et 2023. En 2025, elle confirme son statut de leadership et s’impose comme le territoire industriel le plus dynamique de France, affichant 19 nouvelles implantations nettes.

La Nouvelle-Aquitaine s’affirme comme une terre d’implantation industrielle crédible, capable d’attirer des projets et d’accompagner des PME. Elle bénéficie par ailleurs de 16 territoires d’industrie actifs en 2025, soutenus dans le cadre du programme de transition écologique porté par l’agence ad hoc, l’Ademe.

Des atouts clés que le président de Région, Alain Rousset, ne manque pas de revendiquer, lui qui a fait de la réindustrialisation l’axe central de ses mandats. Le fait est que l’industrie manufacturière représente désormais 10 % du PIB régional (157,6 milliards d’euros) et 14,1 % de ses emplois, contre 9,5 % en France.

Mais le chemin reste semé d’embûches, et la Région ne saurait ignorer ses propres échecs. Le cas d’Ollow – anciennement 3DiTex – en est l’illustration la plus frappante. Créée en 2018, cette société girondine fabriquait des pièces composites creuses thermoformables selon un procédé de tissage de fibres unique au monde. Elle avait enclenché son industrialisation avec l’ambition de construire une première usine de 3 000 mètres carrés au Haillan, près de Bordeaux. Lauréate de France 2030, Ollow avait décroché une aide de l’État d’1,9 million d’euros pour son projet de relocalisation de pièces composites sur le marché du vélo. BPI France, la Région Nouvelle-Aquitaine et des fonds d’investissement privés avaient également mis la main à la poche. Tout semblait réuni pour une belle success-story.

Las, la deuxième levée de fonds attendue début 2025 pour financer le passage à l’échelle industrielle n’a pas eu lieu, laissant l’entreprise à court de trésorerie au moment critique du basculement vers la production de masse. La liquidation judiciaire est intervenue quelques semaines avant l’inauguration de l’usine.

Ce dossier met en lumière la fragilité du passage du stade de la start-up à celui de l’industriel – une « vallée de la mort » que ni les subventions publiques ni les certifications technologiques ne suffisent toujours à franchir. La réindustrialisation française peut aligner les bonnes intentions, les plans ambitieux et les financements publics, la « méthode Notre-Dame » se heurte encore à quelques freins : normes, délais, trésoreries en berne, incertitudes géopolitiques ou politiques…

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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