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santevia Sud Ouest··3 min de lecture

Santé : diabète, cancer… De nouvelles preuves scientifiques pointent les risques des aliments ultratransformés

Personnalités citées :Mathilde TouvierSandrine Runel
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Le contexte

Les études de l'Inserm sur les effets des aliments ultratransformés s'inscrivent dans un débat plus large sur la santé publique en France. La consommation d'additifs alimentaires et leur impact sur des maladies comme le diabète et le cancer sont des sujets de préoccupation croissante. Une proposition de loi visant à rendre obligatoire l'affichage du Nutri-Score est actuellement en discussion à l'Assemblée nationale.

Ce qu'il faut retenir

Trois études de l'Inserm montrent un lien entre la consommation d'additifs alimentaires et des risques accrus de diabète, cancer et maladies cardiovasculaires. Les chercheurs appellent à privilégier les aliments peu transformés. Une proposition de loi pour rendre obligatoire le Nutri-Score est soutenue par plusieurs groupes politiques. Les entreprises qui ne l'afficheraient pas pourraient être soumises à une taxe de 2 % sur leur chiffre d'affaires en France.

Ce que ça change

Ces études renforcent l'argumentation en faveur d'une réglementation plus stricte sur les additifs alimentaires en France. Si la proposition de loi est adoptée, cela pourrait avoir un impact significatif sur l'industrie agroalimentaire et sur la santé publique, en incitant les consommateurs à faire des choix alimentaires plus sains.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Trois études de l’Inserm mettent en évidence un lien entre la consommation de certains additifs et l’augmentation des risques de diabète, de cancer et de maladies cardiovasculaires

De nouvelles études scientifiques renforcent les connaissances sur les effets délétères de l’alimentation ultratransformée , au moment où une proposition de loi veut rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur les produits alimentaires afin d’aider les Français à se nourrir plus sainement. Ces trois études de l’Inserm, publiées jeudi dans les revues Diabetes Care, European Journal of Epidemiology et European Heart Journal, montrent la nécessité de « privilégier les aliments pas ou peu transformés », estiment leurs auteurs.

Ces travaux, menés par Sanam Shah et Anaïs Hasenböhler et supervisés par l’épidémiologiste Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm, ont étudié la consommation de certains additifs, des colorants alimentaires (E100 à E199) et des conservateurs et antioxydants (E200 à E299 et E300 à E399) au sein d’une importante cohorte française comptant plus de 100 000 personnes, dont le suivi remonte à 2009. Il en ressort, pour la première fois, des associations entre la consommation de colorants alimentaires et un risque accru de diabète de type 2 et de cancer, ainsi qu’entre la consommation de conservateurs et le risque d’hypertension et de maladies cardiovasculaires.

Comparés aux personnes plus faiblement exposées, les plus forts consommateurs de colorants alimentaires ont ainsi un risque supérieur de développer un diabète de type 2 (+ 38 %), un cancer (+ 14 %) et, encore davantage, un cancer du sein (+ 21 % et même + 32 % post-ménopause), selon ces travaux à la méthodologie robuste. De leur côté, les plus forts consommateurs de conservateurs - sorbate de potassium E202 et acide citrique E330 en particulier - ont un risque d’hypertension global accru de 24 % comparé à ceux plus faiblement exposés, et un risque de maladies cardiovasculaires supérieur de 16 %.

Si ces études ne prouvent pas à elles seules un lien de cause à effet, elles s’ajoutent à un large corpus attestant de la nocivité des aliments ultratransformés pour la santé, rappelle Mathilde Touvier. D’ores et déjà, au niveau mondial, « sur 104 études qui regardent les liens entre les aliments ultratransformés et la santé, 93 montrent ces effets délétères de manière très cohérente », souligne-t-elle. Pour la chercheuse, « le faisceau d’arguments est désormais assez fort pour dire qu’il faut agir au plan de la santé publique ». Cette expertise scientifique doit, selon elle, permettre une « réévaluation de la sécurité de ces additifs, pour éventuellement en interdire certains », en particulier les colorants qui ne « sont là que pour rendre le produit plus attractif », ou « diminuer les doses autorisées ».

Pour Foodwatch, ces études scientifiques « doivent provoquer un électrochoc politique » car « les solutions sont connues et à portée de main : ce qui manque aujourd’hui, c’est le courage politique ». L’ONG appelle à « interdire les additifs les plus controversés et strictement encadrer les aliments ultratransformés », soulignant réclamer depuis des années l’interdiction des nitrites, au lien « clairement démontré » avec le cancer colorectal, et de l’aspartame, cancérogène probable.

En janvier, deux études de la même équipe de chercheurs avaient montré une association entre la consommation de conservateurs et une fréquence augmentée de cancers et de diabète de type 2. En France, une proposition de loi, soutenue par huit groupes politiques sur les onze que compte l’Assemblée nationale, appelle à rendre obligatoire le Nutri-Score, « un outil de prévention simple, français et efficace », selon la députée socialiste Sandrine Runel qui la porte. Mis en place en 2017 en France sur la base du volontariat, et dans six autres pays européens, cet étiquetage classe les produits alimentaires de A à E, selon leur composition et leurs apports nutritionnels.

Les entreprises agroalimentaires qui refuseraient de l’afficher paieraient une taxe de 2 % sur leur chiffre d’affaires français, dont le produit serait affecté à l'Assurance maladie. Selon un rapport du Sénat, les maladies liées à la mauvaise alimentation, obésité et diabète en particulier, coûtent 11,7 milliards d’euros à l'Assurance maladie, soit la moitié de son déficit, tandis que 17 % des adultes en France sont en situation d’obésité, soit environ huit millions de personnes.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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