Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils.
Sud-Rail, l’Unsa, la CGT et la CFDT exigent l’ouverture de négociations salariales, dans un contexte de regain d’inflation, et appellent à revenir sur l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire.
Nommé à la tête de SNCF en novembre dernier, Jean Castex s’apprête à affronter sa première véritable épreuve de force syndicale. L’intersyndicale des cheminots de la compagnie ferroviaire, composée de la CGT, l’Unsa, Sud-Rail et la CFDT, appelle à la grève le mercredi 10 juin. «On se prépare à frapper très fort !» , affirmaient les syndicats dans un communiqué conjoint publié le 6 mai dernier.
Dans un nouveau communiqué diffusé ce jeudi 4 juin, ils font monter la pression, évoquant de nouveau «un point de bascule» pour la SNCF et le système ferroviaire français et «un contexte d’urgence» . Ils y rappellent leurs revendications, notamment des revalorisations salariales, dans un contexte de regain d’inflation . «Les directions ne peuvent plus continuer à jouer la montre en gelant les salaires tout en accentuant la productivité. Il faut des mesures salariales immédiates» , réclament les syndicats.
Ils appellent également à revenir sur l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire, entérinée en 2018. Et les organisations de s’appuyer sur un rapport sénatorial publié le mois dernier, qui pointe le «bilan incertain de la concurrence ferroviaire pour les finances publiques» . Elles déplorent par ailleurs «les réorganisations (qui) s’enchaînent sans fin à la SNCF, amenant à une perte de repères et de sens pour les agents» . Les syndicats précisent par ailleurs qu’ils tiendront une conférence de presse lundi 8 juin à 10h30. Il est pour l’heure difficile d’anticiper l’ampleur de la mobilisation. La SNCF devrait dévoiler son plan de transport lundi en fin de journée, les cheminots devant se déclarer grévistes au plus tard 48 heures à l’avance.
Les revendications des syndicats avaient déjà été détaillées dans leur précédent communiqué, diffusé le mois dernier. Les syndicats y dénonçaient «la multiplication des drames (accidents du travail, arrêts maladie, suicides) engendrés par des restructurations jugées compulsives et le processus de filialisation» . Ils exigeaient ainsi «l’arrêt immédiat des réorganisations portant atteinte à la santé mentale et physique des cheminotes et des cheminots» , fustigeant une «politique d’entreprise anxiogène» . En outre, les syndicats réclamaient «l’ouverture de négociations salariales à l’échelle du groupe SNCF» , plutôt qu’au niveau des filiales, dans un contexte marqué par l’inflation et la hausse des coûts de l’énergie.
Nommé à la tête de l’entreprise ferroviaire publique le 3 novembre dernier, en remplacement de Jean-Pierre Farandou, devenu ministre du Travail, Jean Castex fera face à sa première mobilisation syndicale nationale. Parmi les priorités que l’ancien premier ministre et ex-patron de la RATP a affichées figurent notamment l’amélioration de l’état du réseau et la gestion de l’ouverture à la concurrence.
