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santevia Sud Ouest··3 min de lecture

Soignants auteurs de violences sexuelles : des travaux en cours pour « faire stopper l’impunité »

Personnalités citées :Nicolas DelmasManon LemoineCoraline Hingray
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Le contexte

Le sujet des violences sexuelles dans le milieu médical a été mis en lumière par le procès de Joël Le Scouarnec, condamné pour des actes sur 298 victimes. Ce procès a révélé des failles dans le système de protection des patients et la difficulté pour les témoins de dénoncer de tels actes en raison de la peur des représailles. Le collectif des victimes milite pour des réformes législatives afin de renforcer la protection des victimes et des lanceurs d'alerte.

Ce qu'il faut retenir

Le gouvernement français travaille sur des mesures pour lutter contre l'impunité des soignants auteurs de violences sexuelles. Des contrôles d'honorabilité plus stricts seront mis en place, et un projet de loi sera présenté prochainement. Les soignants pourront être inscrits au fichier des auteurs d'infractions sexuelles dès la mise en examen, ce qui les empêchera d'exercer. De plus, des heures de formation sur la réaction face aux violences sexistes et sexuelles seront ajoutées à la formation des soignants.

Ce que ça change

Ces mesures visent à renforcer la sécurité des patients et à encourager les témoins à signaler les violences. Elles pourraient transformer la culture du silence qui entoure souvent ces actes dans le milieu médical, en instaurant un cadre plus protecteur pour les victimes et en responsabilisant davantage les professionnels de santé.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Le collectif des victimes a « porté auprès du ministère plusieurs mesures » soulignant que beaucoup de soignants témoins de violences sexuelles n’osent pas parler « par peur de perdre leur place »

Contrôles d’honorabilité, sanctions, formation : un an après le procès du chirurgien pédocriminel Joel Le Scouarnec , les victimes « attendent beaucoup » des travaux gouvernementaux en cours pour faire « stopper l’impunité », a souligné mercredi 20 mai leur porte-parole au salon annuel des hospitaliers, au côté d’un représentant du ministère.

Joël Le Scouarnec, condamné à 20 ans de réclusion pour des violences sexuelles sur 298 victimes, « n’est pas une exception à la règle », « ça arrive tous les jours » , a lancé Manon Lemoine, porte-parole du collectif des victimes. Des témoignages d’anciens collègues au procès ont montré que « la remise en question reste difficile » dans le monde du soin, a-t-elle ajouté, lors d’une conférence au Salon Santexpo.

L’ancienne directrice de Joel Le Scouarnec à Jonzac (Charente-Maritime) avait notamment reconnu l’avoir embauché « en sachant qu’il avait été condamné pour détention d’images pédopornographiques deux ans avant », estimant « que ce n’était pas son problème », et un collègue avait regretté que la clinique n’ait depuis organisé « aucun retour d’expérience », a raconté Manon Lemoine.

Le collectif a depuis « porté auprès du ministère plusieurs mesures ». Beaucoup de soignants témoins n’osent pas parler « par peur de perdre leur place, […] parce que le médecin est tout-puissant », a-t-elle ajouté en réclamant une « protection des lanceurs d’alerte ». Il faut aussi « rendre obligatoire le signalement » et dissiper le « grand flou existant dans la hiérarchisation des obligations » pénales, professionnelles et déontologiques, a-t-elle poursuivi.

Coraline Hingray, psychiatre spécialiste des violences sexistes et sexuelles (VSS), a souligné un « paradoxe incroyable » : quatre leviers existent pour condamner des médecins hospitaliers entre sanctions administratives, universitaires, ordinales et pénales, « mais on obtient l’inverse », chaque instance estimant « que c’est à l’autre d’agir », et « il faut mieux les coordonner », a-t-elle dit.

« Le cadre législatif est insatisfaisant » mais l’exécutif agit, a assuré Nicolas Delmas, chef de projet à la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), qui dépend du ministère de la Santé. Le gouvernement présentera « prochainement » un projet de loi qui va renforcer les contrôles d’honorabilité des soignants, a-t-il dit. Aujourd’hui, l’hôpital ne contrôle qu’au moment du recrutement le casier judiciaire, qui ne contient que les condamnations définitives, et ne réalise qu’un contrôle de « compatibilité » avec les fonctions exercées, qui a pu par exemple conduire un gynécologue condamné à exercer de nouveau auprès de femmes, en tant qu’endocrinologue.

À l’avenir, dès la mise en examen, un soignant « pourra être inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS) » et, « automatiquement », « ne pourra plus exercer auprès des patients », a affirmé Nicolas Delmas. Le contrôle deviendra « régulier » et étendu à l’ensemble des soignants, et plus seulement aux hospitaliers publics ou professionnels encadrés par un Ordre.

Le ministère prévoit aussi d’ajouter à la formation initiale et continue des heures pour apprendre « comment agir et réagir » lorsqu’on est témoin de VSS (violences sexistes et sexuelles). La France plaidera enfin pour « une obligation de signalement par les professionnels », dans les négociations européennes en cours sur une directive dédiée à la protection des enfants.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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