La confiance des Français dans les institutions atteint un niveau historiquement bas à la suite de l’affaire Lyhanna, révélant un sentiment de défaillance dans la coordination des services
La confiance des Français en la justice est au plus bas depuis 2019, selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV après l e décès de Lyhanna . L’étude indique que pour 80 % des sondés, cette affaire est révélatrice avant tout d’un mauvais fonctionnement et d’une mauvaise coordination entre les différents services.
Selon cette étude publiée mercredi, 35 % des personnes interrogées font confiance à la justice française, soit dix points de moins par rapport à novembre 2025. L’institut précise qu’il s’agit du « niveau le plus bas » enregistré depuis le début de ce suivi en 2019. La confiance envers la gendarmerie s’établit à 73 % (-9 points), un plus bas niveau également depuis 2019, tandis que celle accordée à la police recule à 66 % (-12 points).
Le président Emmanuel Macron a reconnu mercredi que la question de « la confiance » dans les « institutions » en France était posée, face à un pays sidéré par la mort de la fillette de 11 ans. Le principal suspect dans la mort de la collégienne, dont le corps a été retrouvé jeudi dans le Gers, n’avait jamais été interpellé ou convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements déposés contre lui pour des violences sexuelles sur mineurs.
Parmi les personnes sondées, 47 % voient « des erreurs humaines qui n’ont rien à voir avec le manque de moyens », tandis que 45 % pointent un manque de moyens financiers et humains dans la justice ainsi que dans la police et la gendarmerie. Par ailleurs, 78 % des personnes sondées jugent « irréaliste » la requête du garde des Sceaux Gérald Darmanin de passer au crible les quelque 70 000 enquêtes pour infractions sexuelles commises sur des mineurs d’ici à la mi-juillet. Plus de la moitié (57 %) estiment cette action « inefficace » pour protéger les enfants.
À la question : « Avez-vous le sentiment que l’État et le gouvernement sont suffisamment mobilisés ou pas sur les sujets de violences envers les enfants ? », la réponse est « non » pour 82 % des sondés. L’étude a été réalisée via Internet du 9 au 10 juin selon la méthode des quotas auprès d’un échantillon de 1 002 personnes, représentatif des résidents de France.
