Une réforme des certificats d’économie d’énergie (CEE) va donner au 1er juin un sérieux coup de pouce aux artisans, TPE et flottes d’entreprises qui rechignent devant le surcoût à l’achat des véhicules électriques. Dans certains cas, le montant de la prime CEE financée par les fournisseurs d’énergie pourrait doubler. Une aubaine.
Parmi la dizaine de mesures annoncées par le gouvernement le 10 avril visant à « accélérer l’électrification de la France » figure l’abondement des aides financières à la transition énergétique des flottes de véhicules utilitaires légers. En clair, à compter du 1er juin 2026, les entreprises pourront toucher davantage d’argent pour financer la location sur longue durée ou bien l’achat de véhicules électriques.
Pour le gouvernement, c’est tout bénéfice puisque l’argent ne sera pas prélevé dans ses caisses : ce sont les énergéticiens ( Engie , EDF , TotalEnergies et d’autres) qui seront cette fois encore mis à contribution pour financer cette bonification du système connu sous le nom de « Certificats d’Économies d’Énergie » (CEE).
Au 1er juin 2026 démarrera la « sixième période » (pour reprendre le vocable en usage au ministère de l’Énergie) de ce dispositif CEE : elle restera en vigueur jusqu’au 20 juin 2029. Le point marquant est une hausse de l’enveloppe allouée au financement des aides à l’acquisition de véhicules électriques. Qu’ils soient artisans, patrons de très petites entreprises ou bien gestionnaires de grandes flottes de véhicules d’entreprises, les décideurs vont pouvoir compter sur une remise allant jusqu’à près de dix mille euros. De quoi emporter la décision de ceux qui renâclent à débourser le surcoût à l’acquisition d’un véhicule à batterie.
« La réforme des Certificats d’Économies d’Énergie répond à une limite majeure du système actuel : son manque de différenciation , apprécie Solal Botbol , cofondateur et directeur de la start-up française Beev , spécialiste de l’électrification des flottes. Jusqu’ici, le montant des aides était peu ou prou identique, qu’il s’agisse d’une petite fourgonnette urbaine ou d’un utilitaire très lourd, malgré des écarts de prix pouvant dépasser 25 000 euros entre ces modèles. Cette approche ne reflétait ni les réalités industrielles, notamment le coût des batteries qui augmente avec leur capacité, ni l’effort financier requis pour électrifier les véhicules les plus imposants, ce qui ralentissait leur adoption. »
La réforme du 1er juin corrige cette distorsion en introduisant deux évolutions majeures : un critère de fabrication, qui refuse la prime CEE aux véhicules produits hors d’Europe ; et un critère de masse, la logique étant que « plus le véhicule est lourd, plus les économies d’énergie polluante sont importantes, et donc plus le soutien financier sera élevé ». Selon Solal Botbol, « l’impact est immédiat sur les grands utilitaires, tel le Renault Master E-Tech, qui voient leur prime quasiment doubler. » De quoi absorber une grande partie de la différence de prix d’achat et « rendre son coût total d’utilisation beaucoup plus compétitif face au Diesel ».
Le critère d’origine, quant à lui, doit de toute évidence contribuer à lutter contre la concurrence chinoise, de la même manière que le « Score environnemental minimal » (ou Eco-Score) réserve le bénéfice de la « Prime Coup de Pouce Véhicules Particuliers Électriques » (qui succède au bonus écologique depuis juillet 2025) aux véhicules à faible empreinte environnementale. Autant dire que l’auto produite loin de la Vieille Europe n’atteint que très difficilement ce score.
Ainsi, pour obtenir la prime CEE bonifiée maximale de 9 700 euros (qui s’ajoute à la prime CEE de base), la personne morale devra jeter son dévolu, non seulement sur un véhicule utilitaire électrique assemblé au sein de l’Espace économique européen (EEE, composé des États membres de l’Union européenne, additionnés de l’Islande, de la Norvège et du Liechtenstein), mais aussi viser un véhicule appartenant à la catégorie des plus de 2 tonnes de charge utile. Dans la tranche inférieure (de 1,55 à 2 tonnes), le montant de l’aide sera plafonné à 5 000 euros ; puis à 2 800 euros jusqu’à 1,55 tonne. A noter que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) est chargée de mettre à jour, chaque mois, la liste officielle des véhicules électriques éligibles.
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