Il veut démanteler les "empires médiatiques". S'il devenait président de la République, Jean-Luc Mélenchon s'attaquerait directement à la concentration des médias. Son entourage confirme ce mercredi 20 mai à BFM qu'il souhaiterait démanteler les groupes de presse privés, dès le premier tour de son élection, comme le rapporte initialement France Info . En ce sens, il s'agirait d'adopter "un projet de loi en procédure accélérée".
La lutte contre "la concentration des médias" était déjà présente dans les programmes de Jean-Luc Mélenchon lors des présidentielles de 2012, 2017 et 2022. Cependant, "la nouveauté est d'en faire une priorité du fait de l'accélération dans le dernier mandat de la concentration et de ses conséquences, notamment via l'empire Bolloré", indique son entourage. Et d'ajouter: "Cela devient une question urgente pour le fonctionnement démocratique normal du pays."
Au-delà du seul Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire du groupe Canal+, qui comprend la chaîne CNews, de Prisma Média ou du groupe Lagardère (Europe 1, Le Journal du Dimanche), les insoumis entendent plus généralement lutter contre la concentration des médias entre "les mains de neuf milliardaires". Car, estiment-ils, "ces empires médiatiques" nuiraient "au pluralisme et à la liberté d’expression". "Ils renforcent la méfiance des Français envers les médias et les informations diffusées", ajoutent les Insoumis.
Bernard Arnault, qui détient le groupe Les Échos-Le Parisien, Xavier Niel, détenteur du groupe Le Monde, ou encore Rodolphe Saadé, propriétaire du groupe La Provence, mais aussi de CMA Media (propriétaire du groupe RMC/BFM) seraient aussi visés.
La loi voulue par les insoumis, s'appliquerait "à tous", a précisé ce mercredi sur Sud Radio la députée LFI Clémence Guetté , par ailleurs co-reponsable de l'espace "programme" au sein du mouvement mélenchoniste. Autrement dit, le texte ciblerait également Matthieu Pigasse. Engagé à gauche, le banquier d'affaires revendique de mener une bataille culturelle contre l'extrême droite avec son groupe Combat, propriétaire notamment de l'antenne Radio Nova.
Dans le détail, LFI souhaite notamment établir des règles "anti-concentration horizontale (détenir à la fois des entreprises de presse, télévision, radio, NDLR) ainsi qu'entre filières des médias et d'autres industries culturelles comme le cinéma, l’édition ou encore les agences de publicité".
Pour le leader insoumis, il s'agirait d'empêcher un groupe médiatique de "posséder à la fois les infrastructures (les réseaux, les box, les boutiques de vente) et la production des contenus (chaînes, programmes, droits sportifs), ce qui crée de fait des situations de monopole".
Ces mesures entrent en résonance avec les critiques faites par Jean-Luc Mélenchon envers les médias traditionnels, dont il dénonce souvent le traitement à l'égard de LFI.
Récemment, le tribun de 74 ans a organisé plusieurs conférences de presse réservées aux "nouveaux médias numériques". Ce qui ne l'a pas empêché de faire son annonce de candidature à la présidentielle dans une forme très classique: sur le plateau de TF1, dimanche 3 mai.
