Aller au contenu principal
Toutes les lois
DéposéProposition de loi ordinaire

Détecter et éloigner les prédateurs sexuels

Où en est ce texte

  1. Étape actuelle : Déposéen attente d'examen
Partager

En clair

Synthèse neutre, factuelle et sourcée

PourquoiLe contexte

La proposition de loi vise à répondre à des lacunes dans la protection des mineurs face aux prédateurs sexuels, révélées par l'affaire Lyhanna. Actuellement, la loi permet une protection rapide d'un enfant en danger uniquement dans le cadre familial. Cependant, des cas comme celui de M. Jérôme Barella montrent que des individus extérieurs au foyer peuvent également représenter un risque. Le texte s'inspire de réformes effectuées en Belgique et du droit anglais pour établir un système de détection et d'éloignement des prédateurs sexuels.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Exposé des motifs · alinéa 2« Cette avancée réelle reste cependant bornée à la sphère intrafamiliale »
  2. [2] Exposé des motifs · alinéa 3« L’affaire Lyhanna a révélé le vide qui subsiste. »
  3. [3] Exposé des motifs · alinéa 6« Le droit anglais connaît depuis 2003 l’Interim Sexual Harm Prevention Order. »
QuoiCe que dit le texte

Le texte crée un fichier de prédétection des risques d’atteintes sexuelles sur mineurs, qui agrège des données provenant de plusieurs fichiers judiciaires et d'autres sources d'information. Lorsqu'au moins deux sources distinctes concernant une même personne sont enregistrées, une alerte est envoyée au procureur, qui doit statuer dans un délai de quinze jours. De plus, il permet au procureur de prononcer des ordonnances de protection provisoire pour éloigner des individus jugés à risque, avec des mesures pouvant inclure des interdictions de contact avec des mineurs.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 4« Il est créé une application automatisée d’informations nominatives dénommée fichier de prédétection des risques d’atteintes sexuelles sur mineurs. »
  2. [2] Article 1 er · alinéa 23« lorsqu’une même personne fait l’objet d’au moins deux sources distinctes enregistrées dans le fichier. »
  3. [3] Article 2 · alinéa 2« le procureur de la République est saisi d’éléments faisant apparaître un risque sérieux d’atteinte sexuelle. »
Pour quiCe que ça change concrètement

Si le texte est adopté, un système automatisé permettra de détecter plus rapidement les individus à risque d'atteintes sexuelles sur mineurs. Les procureurs auront l'obligation de statuer sur les alertes générées par le fichier dans un délai de quinze jours. De plus, des ordonnances de protection pourront être prononcées pour interdire tout contact avec des mineurs, même pour des personnes n'appartenant pas au foyer familial. Les violations de ces ordonnances seront punies pénalement.

▸1 source dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 25« le classement sans suite est motivé en tenant compte des éléments ainsi recueillis. »
ExempleCas concret avant/après

Julien, éducateur dans une structure accueillant des mineurs, a été signalé à plusieurs reprises pour des comportements inappropriés. Avant l'adoption de cette loi, il n'y avait pas de mécanisme pour interdire son contact avec les enfants. Avec la nouvelle loi, si deux signalements sont enregistrés dans le fichier, le procureur peut agir rapidement et lui interdire tout contact avec les mineurs dans un délai de 72 heures. Cela permettrait de protéger les enfants plus efficacement.

▸1 source dans le texte officiel
  1. [1] Article 2 · alinéa 2« le procureur de la République est saisi d’éléments faisant apparaître un risque sérieux d’atteinte sexuelle. »
Chaque phrase est sourcée et liée à un alinéa précis du texte. Aucune affirmation ne provient d'une source externe ni d'une interprétation politique. Chaque référence renvoie au passage cité, reproduit plus bas sur cette page.

Et vous ?

Pour ou contre ce texte ?

Donnez votre avis de citoyen, en un clic. Ce n'est pas le vote des députés : c'est le vôtre.

Votre vote sera enregistré après connexion. Pas de mot de passe — juste votre e-mail.

Votez, puis découvrez

  • Ce qu'en pensent les autres citoyens — vous seriez la première voix sur ce texte

À l'Assemblée nationale

Pas encore de vote

Les députés n'ont pas encore voté sur ce texte en scrutin public.

Prédiction

Ce que chaque groupe pourrait voter

Ce n'est pas un résultat : c'est une estimation, tirée du vote final de chaque groupe sur les textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée. Le vote réel peut être différent. La méthode et sa fiabilité

  • DRPour · 100 %

    Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DR a voté pour 10 fois (100 %).

  • EPRPour · 100 %

    Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe EPR a voté pour 10 fois (100 %).

  • HORPour · 100 %

    Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe HOR a voté pour 10 fois (100 %).

  • LIOTPour · 100 %

    Sur les 9 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe LIOT a voté pour 9 fois (100 %).

  • NIPour · 100 %

    Sur les 8 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe NI a voté pour 8 fois (100 %).

  • RNPour · 100 %

    Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe RN a voté pour 10 fois (100 %).

  • UDRPour · 100 %

    Sur les 6 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe UDR a voté pour 6 fois (100 %).

  • DEMPour · 90 %

    Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DEM a voté pour 9 fois (90 %).

Passages cités dans le texte officiel

Les alinéas sur lesquels s'appuie la synthèse ci-dessus, reproduits à l'identique. Le texte complet (3 articles) est dans l'onglet « Le texte ». Texte intégral sur assemblee-nationale.fr

  1. Exposé des motifs

    Alinéa 2La loi relative à l’intérêt des enfants, adoptée en première lecture le 29 janvier 2026, a créé une ordonnance de protection provisoire permettant au procureur de statuer dans les soixante‑douze heures sur la protection d’un enfant en danger. Cette avancée réelle reste cependant bornée à la sphère intrafamiliale : elle ne vise que le danger causé par un parent ou un membre du foyer.
    Alinéa 3L’affaire Lyhanna a révélé le vide qui subsiste. M. Jérôme Barella, tiers connu gravitant autour du cercle familial de ses victimes, avait accumulé depuis 2017 signalements, procédure disciplinaire ayant conduit à son écartement d’un lycée, et deux plaintes pour viols sur mineures dont l’une classée sans suite, l’autre en cours sans qu’il n’ait jamais été entendu. Il n’était parent d’aucune victime. Aucun outil existant ne permettait de lui interdire le moindre contact avec des mineurs.
    Alinéa 6Le droit anglais connaît depuis 2003 l’Interim Sexual Harm Prevention Order, ordonnance préventive pouvant être prononcée en vingt‑quatre à soixante‑douze heures sur demande de la police, sans condamnation préalable, sur la base d’une probabilité sérieuse de risque sexuel. Elle peut interdire à la personne visée tout contact avec des mineurs en général, pas seulement avec la victime identifiée, et inclure des restrictions numériques. Sa violation constitue une infraction pénale autonome passible de cinq ans d’emprisonnement. La jurisprudence, notamment les arrêts Parsons de 2017 et Dewey de 2024, exige que chaque restriction soit nécessaire, claire et proportionnée au risque individuellement établi. La philosophie de ce dispositif est radicalement différente de celle du droit français : là où nous attendons la condamnation pour agir, le droit anglais agit sur la dangerosité de l’auteur dès qu’elle est objectivement constatable, indépendamment de la culpabilité établie. Ce déplacement conceptuel est au cœur de l’article 2 de la présente proposition de loi.

    Lire la suite dans le texte officiel

  2. Article 1 er

    Alinéa 4« Art. 706 ‑ 53 ‑ 13 . – I. – Il est créé une application automatisée d’informations nominatives dénommée fichier de prédétection des risques d’atteintes sexuelles sur mineurs, tenue par le service du casier judiciaire national sous l’autorité du ministre de la justice et le contrôle d’un magistrat désigné par lui, qui veille à sa bonne tenue, à sa mise à jour et à son efficacité opérationnelle.
    Alinéa 23« VI. – Lorsqu’une même personne fait l’objet d’au moins deux sources distinctes enregistrées dans le fichier dans un délai de dix ans, le traitement génère automatiquement une alerte à destination du procureur de la République territorialement compétent, accompagnée d’un rapport synthétique des éléments agrégés.
    Alinéa 25« VIII. – Avant tout classement sans suite d’une procédure concernant une infraction sexuelle sur mineur visée aux articles 222‑22 à 222‑33‑3 du code pénal, le procureur de la République consulte le fichier et, lorsque cette consultation révèle des éléments enregistrés dans d’autres ressorts, en informe sans délai ses homologues par voie sécurisée. Le classement sans suite est motivé en tenant compte des éléments ainsi recueillis.
    Lire Article 1 er en entier
    Après le chapitre II du titre XIX du livre IV du code de procédure pénale, il est inséré un chapitre III ainsi rédigé : « Chapitre III « Du fichier de prédétection des risques d’atteintes sexuelles sur mineurs « Art. 706 ‑ 53 ‑ 13 . – I. – Il est créé une application automatisée d’informations nominatives dénommée fichier de prédétection des risques d’atteintes sexuelles sur mineurs, tenue par le service du casier judiciaire national sous l’autorité du ministre de la justice et le contrôle d’un magistrat désigné par lui, qui veille à sa bonne tenue, à sa mise à jour et à son efficacité opérationnelle. « II. – Afin de prévenir le renouvellement des infractions mentionnées à l’article 706‑47 du présent code et de faciliter l’identification de leurs auteurs, notamment sériels, ce traitement reçoit, conserve et communique aux personnes habilitées les informations prévues au présent article selon les modalités fixées par décret en Conseil d’État. « III. – Le fichier agrège, par interconnexion, les informations issues des traitements suivants, dès lors qu’elles concernent une qualification juridique correspondant à une infraction mentionnée à l’article 706‑47 du présent code : « 1° L’application CASSIOPÉE prévue à l’article 48‑1 du présent code ; « 2° Le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes prévu à l’article 706‑53‑1 du présent code ; « 3° Les fichiers d’antécédents prévus aux articles 230‑6 à 230‑11 du présent code, et notamment le traitement d’antécédents judiciaires ; « 4° Le fichier national automatisé des empreintes génétiques prévu aux articles 706‑54 à 706‑56‑1‑1 du présent code, lorsqu’une identification a été réalisée dans le cadre d’une enquête ou d’une instruction ouverte pour une telle infraction ; « 5° Le fichier automatisé des empreintes digitales prévu aux articles R. 40‑38‑1 à R. 40‑38‑11 du présent code, dans les mêmes conditions. « IV. – Le fichier agrège également, par alimentation directe : « 1° Les signalements transmis au parquet en application de l’article 40 du présent code pour infraction sexuelle présumée sur mineur ; « 2° Les plaintes enregistrées pour une telle infraction, quelle que soit la suite donnée ; « 3° Les décisions disciplinaires administratives transmises par les employeurs ou autorités publiques pour comportement inapproprié envers un mineur ; « 4° Les ordonnances de protection provisoire de l’enfant prononcées en application de l’article 706‑47‑5 du présent code. « V. – Les informations contenues dans le fichier sont directement accessibles, par voie de télécommunication sécurisée : « 1° Au procureur de la République ; « 2° Aux officiers de police judiciaire, dans le cadre de procédures concernant une infraction mentionnée à l’article 706‑47 du présent code ; « 3° Aux juges d’instruction et aux juges des enfants ; « 4° Au juge des libertés et de la détention saisi en application de l’article 706‑47‑5 du présent code ; « 5° Aux préfets, pour les décisions administratives de recrutement, d’affectation, d’autorisation ou d’agrément concernant des activités impliquant un contact avec des mineurs. « VI. – Lorsqu’une même personne fait l’objet d’au moins deux sources distinctes enregistrées dans le fichier dans un délai de dix ans, le traitement génère automatiquement une alerte à destination du procureur de la République territorialement compétent, accompagnée d’un rapport synthétique des éléments agrégés. « VII. – Le procureur de la République, destinataire d’une telle alerte, statue dans un délai de quinze jours ouvrés sur l’opportunité de prononcer une ordonnance de protection provisoire de l’enfant. S’il décide de ne pas y recourir, il motive sa décision par écrit. Cette décision motivée est versée au dossier et transmise aux parquets des ressorts dans lesquels des éléments ont été enregistrés. « VIII. – Avant tout classement sans suite d’une procédure concernant une infraction sexuelle sur mineur visée aux articles 222‑22 à 222‑33‑3 du code pénal, le procureur de la République consulte le fichier et, lorsque cette consultation révèle des éléments enregistrés dans d’autres ressorts, en informe sans délai ses homologues par voie sécurisée. Le classement sans suite est motivé en tenant compte des éléments ainsi recueillis. « IX. – Les modalités techniques du traitement, notamment les conditions de traitement des données à caractère personnel, les durées de conservation et les conditions d’exercice du droit d’accès et d’opposition, sont fixées par décret en Conseil d’État après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. »
  3. Article 2

    Alinéa 2« Art. 706 ‑ 47 ‑ 5. – I. – Lorsque le procureur de la République est saisi d’éléments faisant apparaître un risque sérieux d’atteinte sexuelle à l’égard d’un ou plusieurs mineurs, causé par un parent, une personne partageant le foyer ou tout tiers, il peut prononcer une ordonnance de protection provisoire de l’enfant dans les soixante‑douze heures.
    Lire Article 2 en entier
    Après l’article 706‑47‑4 du code de procédure pénale, il est inséré un article 706‑47‑5 ainsi rédigé : « Art. 706 ‑ 47 ‑ 5. – I. – Lorsque le procureur de la République est saisi d’éléments faisant apparaître un risque sérieux d’atteinte sexuelle à l’égard d’un ou plusieurs mineurs, causé par un parent, une personne partageant le foyer ou tout tiers, il peut prononcer une ordonnance de protection provisoire de l’enfant dans les soixante‑douze heures. « II. – Constituent notamment un risque sérieux au sens du présent article : « 1° Un ou plusieurs signalements des forces de l’ordre ou des services de protection de l’enfance ; « 2° Une ou plusieurs plaintes pour infraction sexuelle sur mineur, quelle que soit la suite donnée ; « 3° Une mesure disciplinaire pour comportement inapproprié envers un mineur ; « 4° Une alerte générée en application de l’article 706‑53‑13 du présent code. « III. – L’ordonnance peut prononcer : « 1° L’interdiction de contact avec le ou les mineurs concernés ; « 2° Lorsque le profil de risque le justifie, une interdiction générale de contact avec tout mineur hors famille directe ; « 3° L’interdiction de paraître dans les lieux fréquentés par les mineurs concernés ; « 4° L’obligation de déclarer ses appareils connectés et ses comptes en ligne et l’interdiction d’utiliser des pseudonymes non déclarés. « IV. – Les mesures prononcées doivent être proportionnées au risque individuellement établi. Elles sont limitées à une durée de six mois, renouvelable une fois par décision motivée. « V. – La personne visée est notifiée sans délai de l’ordonnance, de son contenu et des voies de recours. Elle peut saisir le juge des libertés et de la détention d’une demande de modification ou de suspension ; le juge statue dans les cinq jours ouvrés. Une évaluation du risque est réalisée par l’unité de protection des mineurs compétente et communiquée au juge avant sa décision. « VI. – Le fait de contrevenir sciemment à une ordonnance prononcée en application du présent article est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende lorsque la violation concerne un mineur de moins de quinze ans. »
Newsletter quotidienne · gratuite · sans pub

Suivez les lois qui changent votre quotidien

Chaque matin à 7h : les nouvelles lois en discussion, vulgarisées en 3 min. Sans pub, sans bullshit.

  • Lois du jour vulgarisées (contexte, à retenir, ce que ça change)
  • 5 articles politiques marquants, sourcés
  • Aucune pub, aucune revente, désinscription en 1 clic
Fréquence

Sans publicité. Sans revente. Désinscription en 1 clic.

Données issues du référentiel officiel de l'Assemblée Nationale (open data, mises à jour automatiquement chaque jour). Identifiant AN : DLR5L17N54551.