Exposé des motifs
M esdames , M essieurs ,
Selon la direction de l’administration pénitentiaire, la population carcérale s’établit au 1 er décembre 2024 à 80 792 détenus, pour une capacité d ’ accueil de 62 404 places. La densité carcérale atteint ainsi 129,5 % en France, et près de 144,2 % en Outre‑mer. La situation serait bien pire encore, si l’on appliquait strictement les peines de prison prononcées par la justice, en attente d ’ exé cution. En effet, au 1 er janvier 2023, on dénombrait environ 88 000 peines d’emprisonnement ferme prononcées par les tribunaux correctionnels, en attente de mise à exécution.
Ce constat entraîne une propagation de la violence dans notre pays. D ’ une part en dehors des prisons, par l ’ absence de ré ponse pénale immédiate qui suscite un sentiment d ’ impunit é chez les délinquants, et d ’ autre part par la surpopulation carcérale qui fait de la France, le troisième pays européen derrière Chypre et la Roumanie, présentant les taux de surpopulation carcérale les plus importants et inquiétants d ’Europe. Surpopulation qui crée un climat de tension généré par la cohabitation contrainte entre des « petits » délinquants, des criminels, et parfois des terroristes.
Pour remédier à cette situation, il est nécessaire de maintenir le principe de privation de liberté, mais dans des conditions plus dignes et par la responsabilisation des détenus. Il faudrait donc construire plus de prisons, pour obtenir plus de places.
Ce programme a toutefois un coût qui doit être pris en charge au niveau de l ’ investissement par l ’État, et une partie du fonctionnement par les détenus eux‑mêmes, condamnés et incarcérés en établissement pénitentiaire, au travers d’une contribution financière obligatoire adaptée aux moyens de chacun.
Sachant qu ’ un détenu coûte en moyenne 100 euros par jour (source : Observatoire international des prisons ), il serait en effet intéressant d’introduire une participation pouvant atteindre 25 % pour les détenus disposant de revenus les plus importants, et moindre pour les détenus les plus précaires. En effet, tout citoyen amené à se faire soigner dans un établissement de santé, doit s’acquitter d’un forfait hospitalier, s’établissant depuis 2018 à 20 euros par jour, selon la caisse d ’ assurance maladie. Aussi, lorsqu ’une personne âgée doit être placée en maison de retraite ou en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), si elle n’a pas les moyens de le faire, ses enfants doivent participer. Il serait donc juste et équitable que les détenus, s’acquittent eux aussi d’un forfait pour leur incarcération en établissement pénitentiaire, résultante de leur choix et de leur volonté propre.
Pour leur permettre d ’ acquitter cette contribution, trois formules peuvent être envisagées : le prélèvement sur les ressources personnelles du détenu condamné ou son patrimoine, à défaut sur les ressources financières ou le patrimoine de ses descendants et ascendants, ou enfin par le travail en prison. En 2024, selon les chiffres du ministère de la justice, seulement 31 % des personnes incarcérées travaillaient en prison.
Ainsi, l ’ objet de cette proposition de loi est d ’ instaurer une contribution obligatoire aux frais d ’ incarc ération des détenus condamnés et incarcérés en établissement pénitentiaire, afin d ’ alléger le coût de fonctionnement des prisons pour le contribuable et l ’État, mais également de responsabiliser et réinsérer les détenus.
– 1 –
proposition de loi