Exposé des motifs
M esdames , M essieurs ,
« On ne fait rien de grand sans de grands hommes,
et ceux ‑ ci le sont pour l’avoir voulu. »
Charles de Gaulle, 1932
Dans l’Histoire de la France, des personnalités ayant fait notre fierté nationale sont entrées au Panthéon. Trois figures mériteraient particulièrement d’y trouver leur place, chacune incarnant à sa manière une dimension essentielle de notre identité : le goût de la liberté et du courage citoyen, le souci de l’égalité et le dévouement aux plus vulnérables, ou encore la passion de la fraternité et de l’attachement à l’unité française.
1. Olympe de Gouges , née à Montauban en 1748, est l’auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), texte pionnier qui posait, dans le prolongement direct de 1789, le principe de l’égalité des droits entre les sexes. Elle prit également position contre l’esclavage à une époque où cette cause était minoritaire, y compris dans les milieux révolutionnaires. Elle fut guillotinée en 1793 pour ses prises de position politiques, victime d’une Terreur qui broya nombre de ceux qui avaient porté l’idéal des Lumières. Son entrée au Panthéon honorerait cette pionnière de l’universalisme républicain français, dont le combat n’était pas dogmatique mais s’inscrivait dans la logique des principes de 1789.
2. L’abbé Charles ‑ Michel de l’Épée , né en 1712, fonda à Paris la première école gratuite pour les personnes sourdes et muettes, à ses frais, et développa une méthode d’enseignement par les signes, qui devait essaimer dans toute l’Europe. Il incarna, dès l’Ancien Régime, l’idée que la Nation doit à chacun de ses enfants les moyens de son instruction, de sa dignité et de son émancipation, quelle que soit sa condition. Son œuvre relève d’un humanisme désintéressé et profondément français dans sa conception de l’éducation et de l’égalité comme service dû à tous, notamment aux plus vulnérables de notre pays.
3. Zéna M’Déré , cheffe des « chatouilleuses » mahoraises, anima entre 1966 et 1976 le mouvement de femmes qui, par une résistance populaire et pacifique, s’opposa au rattachement de Mayotte à l’Union des Comores et œuvra pour son maintien dans la République française. Ce combat, mené par des Françaises ultramarines trop souvent invisibilisées de notre Histoire, aboutit à la consultation du 8 février 1976 par laquelle les Mahorais choisirent massivement de demeurer Français. Soutenir l’entrée au Panthéon de Zéna M’Déré permettrait d’affirmer que le combat des Mahorais pour rester Français n’est pas anodin mais est le fruit de l’engagement concret de citoyens, y compris loin de l’Hexagone, et que ce département d’outre‑mer a toute sa place dans le récit national.
L’entrée de ces trois figures au Panthéon est un geste d’unité de la Nation.
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proposition de RÉSOLUTION