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Kerbald König · CC0 · Wikimedia
DéposéProposition de loi ordinaire

visant à lutter contre les situations de suroccupation des maisons d'arrêt

Où en est ce texte

  1. Étape actuelle : Déposéen attente d'examen
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En clair

Synthèse neutre, factuelle et sourcée

PourquoiLe contexte

La proposition de loi vise à répondre à la surpopulation carcérale en France, qui au 1er mars 2026, concerne 87 126 détenus pour seulement 63 353 places disponibles. Cette situation entraîne des conditions de détention dégradées, affectant la dignité des détenus et le travail du personnel pénitentiaire. La Cour européenne des droits de l'Homme a également souligné la nécessité d'améliorer ces conditions. Le texte propose des mesures d'ajustement carcéral pour limiter la suroccupation, en organisant une coopération entre l'autorité judiciaire et l'administration pénitentiaire.

▸4 sources dans le texte officiel
  1. [1] Exposé des motifs · alinéa 2« 87 126 personnes sont détenues dans nos prisons qui ne comptent que 63 353 places opérationnelles. »
  2. [2] Exposé des motifs · alinéa 3« La suroccupation de nos établissements porte gravement atteinte à la dignité des personnes incarcérées. »
  3. [3] Exposé des motifs · alinéa 4« notent plusieurs condamnations prononcées par la Cour européenne des droits de l’Homme. »
  4. [4] Exposé des motifs · alinéa 5« la présente proposition de loi organise un système d’ajustement carcéral. »
QuoiCe que dit le texte

Le texte introduit deux nouveaux articles dans le code pénitentiaire. L'article L. 213-4-1 définit un seuil d'hébergement critique pour chaque maison d'arrêt, fixé par décret. Lorsque ce seuil est atteint, l'administration pénitentiaire doit informer l'autorité judiciaire pour coordonner les interventions. L'article L. 213-4-2 prévoit que, si le seuil est dépassé, les nouveaux placements en détention doivent se faire dans d'autres établissements. L'article 2 ajoute un article 721-5 au code de procédure pénale, permettant aux juges d'accorder une réduction de peine exceptionnelle aux détenus dont le reliquat de peine est inférieur ou égal à neuf mois, sous certaines conditions.

▸4 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 2« un seuil d’hébergement critique est fixé, pour chaque maison d’arrêt. »
  2. [2] Article 1 er · alinéa 5« les autorités judiciaires compétentes ordonnent, sauf décision contraire motivée, les nouveaux placements. »
  3. [3] Article 2 · alinéa 3« les juges de l’application des peines compétents peuvent accorder, dans l’objectif d’intérêt général. »
  4. [4] Article 2 · alinéa 7« Le présent article n’est pas applicable aux personnes condamnées et écrouées pour des crimes. »
Pour quiCe que ça change concrètement

Si le texte est adopté, les maisons d'arrêt devront respecter un seuil d'hébergement critique, ce qui pourrait entraîner une meilleure gestion des places disponibles. En cas de dépassement de ce seuil, les détenus pourront être transférés vers d'autres établissements. De plus, les détenus ayant un reliquat de peine inférieur ou égal à neuf mois pourront bénéficier d'une réduction de peine exceptionnelle, à condition de prouver une bonne conduite. Ce dispositif ne s'applique pas aux personnes condamnées pour des crimes ou des faits de terrorisme.

▸4 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 2« un seuil d’hébergement critique est fixé, pour chaque maison d’arrêt. »
  2. [2] Article 1 er · alinéa 5« les autorités judiciaires compétentes ordonnent, sauf décision contraire motivée, les nouveaux placements. »
  3. [3] Article 2 · alinéa 3« les juges de l’application des peines compétents peuvent accorder, dans l’objectif d’intérêt général. »
  4. [4] Article 2 · alinéa 7« Le présent article n’est pas applicable aux personnes condamnées et écrouées pour des crimes. »
ExempleCas concret avant/après

Jean, détenu dans une maison d'arrêt, a un reliquat de peine de huit mois. Avant l'adoption de cette loi, il ne pouvait pas bénéficier de réduction de peine. Avec le nouveau texte, s'il prouve une bonne conduite, il pourrait obtenir une réduction de peine de six mois, ce qui lui permettrait de sortir plus tôt. Cela pourrait améliorer sa réinsertion en lui offrant une chance de réintégration dans la société.

▸2 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 2 · alinéa 3« une réduction de peine exceptionnelle, d’un quantum maximum de six mois. »
  2. [2] Article 2 · alinéa 6« Chaque condamné ne peut bénéficier d’une réduction supplémentaire de peine exceptionnelle qu’une fois. »
Chaque phrase est sourcée et liée à un alinéa précis du texte. Aucune affirmation ne provient d'une source externe ni d'une interprétation politique. Chaque référence renvoie au passage cité, reproduit plus bas sur cette page.

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Pas encore de vote

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Prédiction

Ce que chaque groupe pourrait voter

Ce n'est pas un résultat : c'est une estimation, tirée du vote final de chaque groupe sur les textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée. Le vote réel peut être différent. La méthode et sa fiabilité

  • EPRPour · 100 %

    Sur les 36 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe EPR a voté pour 36 fois (100 %).

  • NIPour · 100 %

    Sur les 27 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe NI a voté pour 27 fois (100 %).

  • DRPour · 97 %

    Sur les 35 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DR a voté pour 34 fois (97 %).

  • DEMPour · 94 %

    Sur les 36 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DEM a voté pour 34 fois (94 %).

  • HORPour · 94 %

    Sur les 35 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe HOR a voté pour 33 fois (94 %).

  • LIOTPour · 94 %

    Sur les 34 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe LIOT a voté pour 32 fois (94 %).

  • RNPour · 81 %

    Sur les 36 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe RN a voté pour 29 fois (81 %).

  • SOCPour · 81 %

    Sur les 36 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe SOC a voté pour 29 fois (81 %).

  • UDDPLRPour · 76 %

    Sur les 17 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe UDDPLR a voté pour 13 fois (76 %).

  • ECOSPour · 72 %

    Sur les 36 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe ECOS a voté pour 26 fois (72 %).

  • GDRPour · 71 %

    Sur les 34 textes déposés par le groupe EPR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe GDR a voté pour 24 fois (71 %).

Passages cités dans le texte officiel

Les alinéas sur lesquels s'appuie la synthèse ci-dessus, reproduits à l'identique. Le texte complet (2 articles) est dans l'onglet « Le texte ». Texte intégral sur assemblee-nationale.fr

  1. Exposé des motifs

    Alinéa 2Au 1 er mars 2026, 87 126 personnes sont détenues dans nos prisons qui ne comptent que 63 353 places opérationnelles. Plus de 25 000 personnes sont donc emprisonnées en surnombre et parmi elles, 6 875 dorment sur un matelas à même le sol, soit trois fois plus qu’il y a trois ans ( [1] ) . Cette situation porte aujourd’hui la densité carcérale moyenne au sein des maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt à un taux de 168,4 %.
    Alinéa 3La suroccupation de nos établissements porte gravement atteinte à la dignité des personnes incarcérées comme aux conditions de travail du personnel pénitentiaire. Les conséquences sanitaires directes qui en résultent, la conflictualité accrue des relations entre personnes détenues et avec les agents pénitentiaires, la dégradation du sens et de l’efficacité même de la peine d’emprisonnement, compte tenu de conditions d’incarcération dégradées altérant le travail de réinsertion et encourageant la récidive, sont une réalité documentée justifiant l’intervention, à court terme, du législateur.
    Alinéa 4Confronté chaque jour à une situation plus critique, notre système pénitentiaire connaît une crise structurelle accablante que soulignent plusieurs condamnations prononcées par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) en raison de conditions indignes de détention. Dans son arrêt J.M.B. et autres contre France du 30 janvier 2020, la Cour recommande explicitement à la France « d’envisager l’adoption de mesures générales […] afin de garantir aux détenus des conditions de détention conformes », et la « résorption définitive de la surpopulation carcérale » ( [2] ) .
    Alinéa 5Pour répondre à cette crise, la présente proposition de loi organise un système d’ajustement carcéral pensé, à l’échelle du ressort de chaque cour d’appel, à deux niveaux : d’une part, lorsque seuls certains établissements sont confrontés à une suroccupation carcérale, un dispositif de coordination accrue entre l’autorité judiciaire et l’administration pénitentiaire ; d’autre part, lorsque tous les établissements du ressort de la cour d’appel sont confrontés à une suroccupation carcérale, un dispositif de réduction de peine exceptionnelle.

    Lire la suite dans le texte officiel

  2. Article 1 er

    Alinéa 2« Art. L. 213 ‑ 4 ‑ 1 . – En vue de garantir des conditions de détention assurant le respect de la dignité de la personne humaine et permettant notamment à toute personne détenue de bénéficier d’un lit, un seuil d’hébergement critique est fixé, pour chaque maison d’arrêt ou quartier maison d’arrêt et selon une trajectoire pluriannuelle, par décret en Conseil d’État en tenant compte des spécificités de chaque établissement.
    Alinéa 5« Art. L. 213 ‑ 4 ‑ 2. – Lorsque le seuil d’hébergement critique prévu à l’article L. 213‑4‑1 est atteint, et tant qu’il est dépassé, les autorités judiciaires compétentes ordonnent, sauf décision contraire motivée, les nouveaux placements en détention au sein d’une autre maison d’arrêt ou d’un autre quartier maison d’arrêt du ressort de la cour d’appel.
    Lire Article 1 er en entier
    Après l’article L. 213‑4 du code pénitentiaire, sont insérés deux articles L. 213‑4‑1 et L. 213‑4‑2 ainsi rédigés : « Art. L. 213 ‑ 4 ‑ 1 . – En vue de garantir des conditions de détention assurant le respect de la dignité de la personne humaine et permettant notamment à toute personne détenue de bénéficier d’un lit, un seuil d’hébergement critique est fixé, pour chaque maison d’arrêt ou quartier maison d’arrêt et selon une trajectoire pluriannuelle, par décret en Conseil d’État en tenant compte des spécificités de chaque établissement. « Lorsque ce seuil est atteint, le directeur interrégional des services pénitentiaires en informe dans les plus brefs délais le premier président et le procureur général de la cour d’appel dans le ressort de laquelle se situe l’établissement concerné, en leur précisant les taux d’occupation des autres maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt du ressort. « Les autorités judiciaires et pénitentiaires concernées se réunissent, selon des modalités et dans un délai fixé par décret en Conseil d’État, afin d’échanger sur les conditions de prise en charge des personnes écrouées dans l’établissement concerné et de coordonner leurs interventions afin de limiter sa suroccupation. « Art. L. 213 ‑ 4 ‑ 2. – Lorsque le seuil d’hébergement critique prévu à l’article L. 213‑4‑1 est atteint, et tant qu’il est dépassé, les autorités judiciaires compétentes ordonnent, sauf décision contraire motivée, les nouveaux placements en détention au sein d’une autre maison d’arrêt ou d’un autre quartier maison d’arrêt du ressort de la cour d’appel. « Le directeur interrégional des services pénitentiaires affecte et transfère dans les plus brefs délais des personnes condamnées vers d’autres établissements. « Lorsque le seuil d’hébergement critique prévu à l’article L. 213‑4‑1 du code pénitentiaire est atteint dans l’ensemble des maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt situés dans le ressort d’une même cour d’appel, les juges de l’application des peines compétents peuvent accorder une réduction de peine exceptionnelle, selon les modalités prévues à l’article 721‑5 du code de procédure pénale. »
  3. Article 2

    Alinéa 3« Dans les circonstances prévues au premier alinéa, et aussi longtemps qu’elles perdurent, les juges de l’application des peines compétents peuvent accorder, dans l’objectif d’intérêt général de limiter la suroccupation des maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt du ressort, une réduction de peine exceptionnelle, d’un quantum maximum de six mois, aux condamnés écroués au sein de ces établissements en exécution d’une ou plusieurs peines privatives de liberté dont le reliquat de peine à exécuter est inférieur ou égal à neuf mois et qui ont donné des preuves suffisantes de bonne conduite au sens des dispositions de l’article 721 du présent code, dans les conditions prévues par les articles 712‑4‑1 et 712‑5 du même code.
    Alinéa 6« Chaque condamné ne peut bénéficier d’une réduction supplémentaire de peine exceptionnelle qu’une fois au cours de sa détention.
    Alinéa 7« Le présent article n’est pas applicable aux personnes condamnées et écrouées pour des crimes ou des faits de terrorisme. »
    Lire Article 2 en entier
    La section 4 du chapitre II du titre II du Livre V du code de procédure pénale est complétée par un article 721‑5 ainsi rédigé : « Art. 721 ‑ 5. – Lorsque le seuil d’hébergement critique prévu à l’article L. 213‑4‑1 du code pénitentiaire est atteint dans l’ensemble des maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt situés dans le ressort d’une même cour d’appel, le directeur interrégional des services pénitentiaires en informe dans les plus brefs délais le premier président et le procureur général de la cour d’appel qui en avertissent immédiatement les juges de l’application des peines compétents. « Dans les circonstances prévues au premier alinéa, et aussi longtemps qu’elles perdurent, les juges de l’application des peines compétents peuvent accorder, dans l’objectif d’intérêt général de limiter la suroccupation des maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt du ressort, une réduction de peine exceptionnelle, d’un quantum maximum de six mois, aux condamnés écroués au sein de ces établissements en exécution d’une ou plusieurs peines privatives de liberté dont le reliquat de peine à exécuter est inférieur ou égal à neuf mois et qui ont donné des preuves suffisantes de bonne conduite au sens des dispositions de l’article 721 du présent code, dans les conditions prévues par les articles 712‑4‑1 et 712‑5 du même code. « Les dispositions de l’article 721‑2 sont applicables aux réductions supplémentaires de peine exceptionnelles accordées sur le fondement du présent article. « Pour l’application du présent article, la situation de chaque condamné est examinée dans un délai de quinze jours suivant la date à laquelle l’atteinte du seuil d’hébergement critique dans l’ensemble des maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt situés dans le ressort d’une même cour d’appel a été portée à la connaissance du juge de l’application des peines en application du premier alinéa, et au moins une fois par trimestre tant que ce seuil reste dépassé. « Chaque condamné ne peut bénéficier d’une réduction supplémentaire de peine exceptionnelle qu’une fois au cours de sa détention. « Le présent article n’est pas applicable aux personnes condamnées et écrouées pour des crimes ou des faits de terrorisme. » [1] Au 1 er mars 2023, l’administration pénitentiaire faisait état de 2 026 matelas au sol. [2] CEDH, J.M.B. et autres contre France, 30 janvier 2020, n°9671/15.
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