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justicevia Sud Ouest··3 min de lecture

Affaire Grégory : « Pourrie » dès le départ, l’enquête « est totalement irrécupérable », selon l’avocat de la grande-tante, Jacqueline Jacob

Personnalités citées :Frédéric BernaJacqueline JacobChristine Villemin
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Le contexte

L'affaire Grégory Villemin, qui remonte à 1984, est l'un des cas criminels les plus médiatisés en France. Le petit Grégory, âgé de quatre ans, a été retrouvé noyé dans la Vologne, et l'enquête a été marquée par de nombreuses controverses et rebondissements. Jacqueline Jacob, la grand-tante de l'enfant, est actuellement mise en examen pour son implication présumée dans des menaces envers la famille Villemin.

Ce qu'il faut retenir

Frédéric Berna, l'avocat de Jacqueline Jacob, déclare que l'enquête sur le meurtre de Grégory est irrécupérable et doit être arrêtée. Il critique la gestion de l'affaire, la qualifiant de 'pourrie' depuis le début. La mise en examen de Jacqueline Jacob pour association de malfaiteurs est contestée par ses avocats, qui soulignent des erreurs dans le processus judiciaire. Une contre-expertise est en cours pour déterminer l'authenticité de lettres anonymes attribuées à Jacob.

Ce que ça change

Cette déclaration de l'avocat soulève des questions sur l'efficacité et la crédibilité de l'enquête judiciaire en cours. Elle met en lumière les difficultés rencontrées par la justice française dans des affaires anciennes et complexes, et pourrait influencer la perception publique de l'affaire Grégory ainsi que le traitement des enquêtes similaires à l'avenir.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

41 ans après le meurtre du petit Grégory Villemin, l’avocat de la grand-tante Jacqueline Jacob, mise en examen car soupçonnée d’être un corbeau ayant menacé la famille Villemin, estime que cette enquête doit être « arrêtée »

« Pourrie » dès le départ, l’enquête sur le meurtre du petit Grégory , il y a plus de 41 ans, « est totalement irrécupérable » et doit être « arrêtée », déclare Frédéric Berna, avocat de la grand-tante de l’enfant, qui contestera mercredi sa mise en examen.

Frédéric Berna, ténor du barreau nancéien, n’était encore qu’un « gamin », comme il dit, quand, le 16 octobre 1984, Grégory Villemin, un bambin de quatre ans, était retrouvé noyé dans la Vologne, une petite rivière des Vosges. « Mon grand-père tenait un laboratoire et on lui a apporté les échantillons d’eau des poumons de Grégory à analyser. Mais c’était beaucoup trop technique. Il a dit « Moi, je n’ai pas les capacités » », se souvient Frédéric Berna. Les échantillons d’eau sont repartis « et on ne les a jamais revus. Ils ont été perdus. »

L’affaire Grégory, une des plus médiatiques de la justice française, est à l’image de ce couac : « elle a très, très mal démarré », résume Frédéric Berna, l’un des trois avocats qui défendent la grand-tante de l’enfant, Jacqueline Jacob, mise en examen car soupçonnée d’être un corbeau ayant menacé la famille Villemin. « C’est une enquête pourrie au départ », assène l’avocat.

Et les choses ne se sont pas arrangées depuis : en mars 1985, un suspect, Bernard Laroche, est assassiné ; la même année, la mère de l’enfant, Christine Villemin, est inculpée et écrouée, avant de bénéficier d’un non-lieu en 1993 ; en 2017, un juge enquêteur, Jean-Michel Lambert, se suicide ; en 2018, trois mises en examen sont annulées.

L’enquête « est à mon sens totalement irrécupérable », estime Frédéric Berna. « Cette affaire n’est plus résolvable. Il faut l’arrêter », dit l’avocat, dénonçant de plus une « gabegie financière monstrueuse », avec des expertises à « plusieurs millions d’euros » qui n’ont « absolument rien apporté ». Pour lui, « la justice s’acharne en essayant de rattraper 40 ans d’errance ».

De ces « abysses du délire judiciaire », la mise en examen de Jacqueline Jacob, 81 ans, n’est qu’un exemple, selon l’avocat. La grand-tante, dont l’époux est un frère de la grand-mère du petit garçon, avait déjà été mise en examen en 2017 pour « enlèvement et séquestration suivie de mort », mais ces poursuites ont été annulées en mai 2018 pour un vice de forme. Le 24 octobre, elle a de nouveau été mise en examen , cette fois pour « association de malfaiteurs » en vue de la préparation à l’enlèvement de Grégory. Une nouvelle « erreur » dans cette enquête chaotique, dénoncent ses avocats, qui contesteront sa mise en examen mercredi devant la chambre de l’instruction de la cour d'appel de Dijon.

La défense de Jacqueline Jacob soulèvera un point de droit - les faits seraient prescrits - sans contester officiellement le fond, même s’ils assurent que les arguments des juges instructeurs sont « une farce ».

Les enquêteurs estiment que Jacqueline Jacob est un des corbeaux qui a harcelé la famille Villemin des années durant. Ils se fondent, notamment, sur une expertise conduite en 2021 par un spécialiste suisse qui attribue à Jacqueline Jacob trois lettres anonymes de 1983, dont celle qui menace directement les Villemin : « Je vous ferez votre peau » (sic), était-il écrit. Selon le même expert, Jacqueline Jacob aurait également écrit la lettre du 16 octobre 1984 revendiquant le crime. « Voilà ma vengeance. Pauvre con », disait le courrier.

Une contre-expertise stylométrique, qui s’attache à l’orthographe et aux tournures de phrases, est en cours. Elle viendra s’ajouter aux nombreuses analyses contradictoires qui peuplent l’enquête. Selon Frédéric Berna, les expertises ont ainsi désigné « plus d’une vingtaine » de corbeaux, dont la mère Christine Villemin, accusée d’avoir écrit la lettre de revendication du crime, avant d’être disculpée. « J’ai le sentiment qu’on est en train d’essayer de faire de Jacqueline Jacob un bouc émissaire », accuse Frédéric Berna. « On espère qu’elle va décéder et qu’on puisse dire « c’était elle, on a résolu l’affaire ». C’est ça que je crains ».

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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