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parlementvia Sud Ouest··2 min de lecture

Agriculture : les députés votent l’interdiction d’importer des denrées traitées avec des pesticides interdits, la mesure « ne tiendra pas trois jours devant un juge » selon la ministre Annie Genevard

Personnalités citées :Annie GenevardFlorence GouletAurélie TrouvéDominique PotierHervé de Lépinau
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Le contexte

Le projet de loi d'urgence agricole vise à encadrer l'importation de denrées alimentaires en lien avec l'utilisation de pesticides interdits en France. Ce sujet est particulièrement sensible dans le cadre des réglementations européennes qui régissent le marché unique. Les débats autour de cette loi mettent en lumière les tensions entre différents partis politiques sur la question de la protection de la santé publique et de l'environnement.

Ce qu'il faut retenir

L'Assemblée nationale a voté une interdiction stricte de l'importation de denrées traitées avec des pesticides prohibés en France, malgré l'opposition du gouvernement. Cette mesure a été soutenue par une coalition inédite entre le RN, LFI et les écologistes. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a exprimé des doutes sur la viabilité juridique de cette interdiction face aux règles européennes. Les débats se poursuivront avec un vote solennel prévu le 2 juin.

Ce que ça change

Cette décision pourrait avoir des implications significatives sur le commerce agricole et la réglementation des importations en France. Elle soulève des questions sur la compatibilité des lois nationales avec le droit européen et pourrait entraîner des recours juridiques. Les tensions politiques autour de ce sujet reflètent également des divergences sur les priorités en matière de santé publique et de protection de l'environnement.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Contre l’avis du gouvernement, une alliance inédite entre RN, LFI et écologistes a permis de durcir le projet de loi d’urgence agricole pour interdire l’importation de denrées produites avec des pesticides interdits en France

Les voix combinées des députés RN, LFI et écologistes ont réécrit de façon bien plus stricte un article de la loi d’urgence agricole, en interdisant toute importation de denrée produite avec un pesticide prohibé en France, la ministre alertant contre une rédaction contraire au droit européen. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’Assemblée nationale examinait en première lecture un article du projet de loi du gouvernement.

Dans sa version issue de la commission, il visait à permettre au ministre de l’Agriculture d’empêcher l’importation de denrées comportant des résidus de pesticides, lorsque ceux-ci sont interdits dans l’Union européenne, pour lutter contre la concurrence déloyale. Un « article positif mais en l’état trop limité », a estimé la députée RN Florence Goulet. Il « brasse de l’air », a jugé l’insoumise Aurélie Trouvé, arguant qu’il n’empêcherait pas « l’interdiction systématique de tout produit qui est traité avec des substances interdites en France ».

Aurélie Trouvé a donc déposé un amendement de réécriture globale, qui interdit « l’introduction », « l’importation » et « la mise sur le marché » des « denrées alimentaires, produits agricoles, produits horticoles ou aliments pour animaux », produits à l’aide de pesticides ou de « médicaments vétérinaires dont l’utilisation est interdite en France ». Et ce lorsqu’ils sont prohibés au nom de « la protection de la santé humaine, animale ou de l’environnement ».

« Vous allez créer une forme de faux espoir auprès des consommateurs, puisque c’est rigoureusement interdit dans un marché unique. Et ça ne tiendra pas trois jours devant un juge », a répliqué la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, tentant une suspension de séance pour convaincre suffisamment d’élus. En vain. Le PS s’est aussi largement opposé à une mesure « qui défie la règle européenne » et « n’aura aucune efficience », selon le député Dominique Potier.

Malgré cet appui, la quarantaine de parlementaires du camp gouvernemental n’a pas fait le poids face aux quelque 50 RN, 19 Insoumis et 6 écologistes qui ont fait adopter l’amendement LFI. « Eux veulent encore davantage de surtransposition et d’interdiction, alors que nous nous disons que nous sommes aujourd’hui à la cote d’alerte », a argué Hervé de Lépinau (RN), son groupe ayant déposé des amendements dans la même veine.

Les débats sur ce projet de loi reprendront jeudi à 9 heures et doivent s’étaler sur deux semaines avant un vote solennel le 2 juin, puis une transmission au Sénat.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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