L’Etat israélien s’est emparé de l’emblématique forteresse de Beaufort au Liban et veut accélérer son offensive au sud du Pays. La France - et son chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot - veulent réunir le Conseil de sécurité de l’ONU au plus vite.
Un « tournant décisif », selon Benyamin Netanyahou . La prise de l’emblématique forteresse médiévale de Beaufort au Liban ce dimanche 31 mai marque une nouvelle accélération de l’offensive israélienne dans le pays. « La prise de Beaufort est une étape spectaculaire » dans l’offensive, a développé le Premier ministre israélien. « Mes instructions sont d’approfondir et d’étendre notre contrôle des lieux qui étaient sous le contrôle du Hezbollah », a-t-il ajouté.
Ce matin, Paris a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies , car « rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires israéliennes au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais », a réagi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot .
La prise de la citadelle construite par les Croisés au XIIe siècle, un site stratégique surplombant le sud du Liban et une partie du nord d’ Israël , ouvre la voie à une progression de l’armée vers la région de Nabatiyé. Parallèlement, Israël a ordonné à la population d’évacuer une vaste zone du sud du Liban, entre sa frontière et le fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres plus au nord.
Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 3 371 personnes ont été tuées et plus d’un million déplacées, selon Beyrouth. L’armée israélienne a annoncé dimanche la mort d’un soldat, tué la veille par un drone explosif du Hezbollah. L’avancée israélienne intervient alors que les Etats-Unis sont en pleine négociation avec l’ Iran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient , Téhéran conditionnant tout accord à l’arrêt des hostilités au Liban.
Stratégique, le site a également une dimension symbolique pour avoir servi de base aux forces israéliennes durant les deux décennies d’occupation du sud du Liban, qui ont pris fin en 2000. « Quarante-quatre ans après la bataille héroïque de Beaufort », des soldats « sont revenus au sommet de Beaufort et y ont de nouveau hissé le drapeau d’Israël », s’est réjoui le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
La forteresse avait obtenu en 2024 une protection renforcée de l’Unesco . Le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, s’était inquiété vendredi du « sérieux danger » auquel l’exposait l’offensive israélienne.
Après avoir franchi le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière, l’armée israélienne a annoncé dimanche avoir « étendu ses opérations contre des cibles du Hezbollah au nord du fleuve ». Elle a ensuite annoncé des frappes contre des infrastructures du Hezbollah à Tyr et dans plusieurs autres secteurs du sud. Treize employés ont été blessés dans une frappe israélienne près d’un hôpital à Tyr, a indiqué le ministère de la Santé. L’Agence nationale d’information (Ani) a rapporté que plusieurs villages du sud avaient aussi été touchés par des bombardements. « La campagne n’est pas encore terminée », a prévenu Katz.
Le Hezbollah a, de son côté, affirmé dimanche avoir visé des positions de l’armée israélienne à Shlomi, Nahariya et dans la région de Krayot, dans le nord d’Israël. « Aucun impact direct n’a été signalé dans le nord d’Israël au cours de la dernière heure », a réagi pour l’AFP un porte-parole militaire. Peu avant, l’armée israélienne avait déclaré que la plupart des projectiles tirés vers le nord du pays avaient « été interceptés », d’autres étant « tombés dans des zones non habitées », sans qu’aucun blessé ne soit signalé.
Samedi, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam , a fustigé dans un discours la « politique de la terre brûlée et de punition collective » menée par Israël, jugeant qu’elle « ne lui apporterait ni la sécurité ni la stabilité ». Il a toutefois défendu la poursuite des négociations directes avec le pays voisin, lancées en avril pour résoudre le conflit et rejetées par le Hezbollah, y voyant « la voie la moins coûteuse » pour le Liban.
Une nouvelle séance de pourparlers entre les deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, est programmée les 2 et 3 juin à Washington . Une réunion s’est tenue au niveau militaire vendredi au Pentagone, sans que Beyrouth ne puisse obtenir un cessez-le-feu effectif, celui théoriquement en vigueur depuis le 17 avril n’étant pas respecté.
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