« Lyhanna est morte. Elle mérite plus que nos sanglots. Nous la pleurerons toujours. » Dans une tribune publié par le magazine ELLE , 50 personnalités appellent, ce lundi 15 juin, à « passer à l’action » après la mort de la collégienne de 11 ans, à quelques heures de nouveaux rassemblements pour exiger une loi intégrale sur les violences sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants .
« Il faut cesser d’être dans la réaction, et passer à l’action » , écrivent Nadia Daam et Marie Portolano. Les deux journalistes sont rejointes par une cinquantaine de signataires, parmi lesquelles l’animatrice Flavie Flament, l’éditrice Vanessa Springora, l’écrivaine Annie Ernaux, la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert et les comédiennes Andréa Bescond et Alexandra Lamy.
« Nous sommes des femmes, des mères, des sœurs, des tutrices, des aides, nous sommes les filles de nos mères et nous n’avons jamais cessé de parler. Écoutez-nous, regardez-nous, croyez-nous » , enjoignent les signataires, qui sont, pour la quasi-totalité, des femmes.
« Chaque année, 160 enfants sont victimes de violences sexuelles » , rappellent Nadia Daam et Marie Portolano. « Un enfant toutes les trois minutes. Trois minutes. Regardez votre montre. Considérez que le compte à rebours a commencé. Dans trois minutes, vous arriverez à la fin de ce texte, et un enfant, quelque part, aura subi la domination d’un adulte » , interpellent-elles.
La tribune dénonce une sécurité des mineurs sacrifiée pour « notre tranquillité » et des réputations protégées au détriment des enfants. « Combien de corps et d’âmes vont encore être brisés ? » , interroge-t-elle.
« Elle [Lyhanna] et les enfants qui ont 5 ans, 8 ans, 11 ans, 3 ans pour toujours, méritent autre chose que la course à l’échalote dégueulasse et la vindicte populaire et populiste » , poursuivent Nadia Daam et Marie Portolano. Les signataires condamnent les propositions politiques faites pêle-mêle, comme la castration chimique , après la mort de Lyhanna. « Les violences faites aux enfants sont un sujet politique, pas politicien. Les idées éructées ratent leur cible, les mots échouent à dire le réel » , estiment-elles. « Nous vivons dans une démocratie qui ne protège pas ses enfants. Pire, elle les méprise » , peut-on encore lire.
À la place, ses signataires appellent à « regarder les causes profondes » et exigent l’adoption de la loi intégrale, inspirée du travail des associations féministes et enfantistes. « Les mesures nécessaires sont connues : prévention, justice et réparation » , est-il martelé.
La tribune vient rejoindre plusieurs autres appels formulés ces derniers jours par des personnalités françaises après la mort de Lyhanna, qui a suscité une vague d’émotion à travers la France. De nombreuses stars , telles que Juliette Binoche, Flavie Flament ou Emmanuelle Béart, avaient notamment publié une photo d’elles-mêmes enfant pour dénoncer une « France qui ne protège pas ses filles » .
