Discrets, peu coûteux et capables de frapper des cibles stratégiques, ces nouveaux engins pourraient bouleverser les équilibres navals, comme les drones aériens l’ont déjà fait en Ukraine.
L’industriel turc Aselsan a profité du Salon international de la défense et de l’aéronautique qui se tenait à Istanbul du 5 au 9 mai pour annoncer le lancement de deux drones sous-marins kamikazes . Le Kiliç 10, de petite taille, peut être mis à l’eau par un seul homme pour de courtes missions de 10 milles nautiques (moins de 20 kilomètres). Plus long, le Kiliç 200 bénéficiera d’une batterie pour se déplacer plus longtemps, avec des communications par satellite. Après les airs, où ils sont devenus incontournables depuis la guerre en Ukraine, les drones s’installent dans les fonds marins. Adaptés à ce milieu, ils profitent de l’opacité des profondeurs pour se mouvoir en toute discrétion et frapper à l’improviste.
Les engins Azdar, fabriqués par l’Iran et utilisés dans le détroit d’Ormuz , revendiquent de rester en patrouille durant quatre jours et parcourir plus de 500 kilomètres à faible vitesse. Ces appareils contribuent à limiter la liberté de mouvements d’une flotte aussi puissante que celle des Etats-Unis.
Autre illustration de cette innovation : le 15 décembre 2025, les ingénieurs de l’armement ukrainiens sont parvenus à armer un petit SubSea Baby, dont le prix se limite à quelques dizaines de milliers d’euros, pour aller frapper et lourdement endommager un sous-marin russe d’une valeur de 400 millions d’euros, alors qu’il était pourtant amarré dans un port à 1 000 kilomètres à vol d’oiseau de Sébastopol. Les drones sous-marins se révèlent ainsi des armes privilégiées pour mener des guerres asymétriques.
Aselsan va lancer la production de ses nouveaux submersibles pour livrer à la marine turque une dizaine d’engins. Le groupe envisage ensuite de commercialiser son produit à l’export.
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