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Avec cette vaste étude, NousToutes fait le portrait du féminisme en France

Personnalités citées :Maëlle Noir
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Le contexte

Le féminisme en France a évolué ces dernières années, notamment avec le mouvement #MeToo qui a émergé en 2018. Le collectif NousToutes a été fondé pour promouvoir les droits des femmes et lutter contre les violences sexistes et sexuelles. L'enquête "Féminiscope" vise à dresser un état des lieux du féminisme actuel en France.

Ce qu'il faut retenir

Le collectif NousToutes a publié une enquête intitulée "Féminiscope" qui révèle que 61,5 % des répondants s'identifient comme féministes. Les femmes cisgenres et les personnes des minorités de genre sont sur-représentées parmi les militants. L'enquête souligne également que 41 % des personnes engagées dans des organisations féministes l'ont fait après avoir subi des violences sexistes. Les termes les plus associés au féminisme sont "droits des femmes" et "lutte contre les violences", tandis que des sujets comme l'intersectionnalité restent clivants.

Ce que ça change

Cette enquête met en lumière les perceptions et les défis actuels du féminisme en France. Elle souligne la nécessité d'une prise de conscience des luttes intersectionnelles et des droits sexuels et reproductifs, tout en appelant à une meilleure inclusivité dans les mouvements féministes. Les résultats pourraient influencer les stratégies de mobilisation et d'engagement des organisations féministes.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

À quoi ressemble aujourd’hui le féminisme en France ? Quels en sont les combats et quelles dissensions minent parfois ses rangs ? C’est à ces questions qu’a cherché à répondre NousToutes.

Le collectif, né en 2018 dans le sillage du mouvement #MeToo, publie ce lundi 18 mai une vaste enquête intitulée « Féminiscope », dans laquelle il interroge la place qu’occupent aujourd’hui les idées féministes dans notre société et les combats qui y sont associés. NousToutes s’appuie sur 15 385 réponses recueillies sur les réseaux sociaux entre juillet 2025 et mars 2026, pour lesquelles l’organisation s’est « efforcée d’atteindre des cibles qui ne font d’habitude pas partie de [son] public, en immense partie militant et féministe. »

Premier enseignement de l’enquête, le féminisme semble aujourd’hui ne plus faire débat puisque 61,5 % des répondants assument l’étiquette de « féministe », tandis que 21,5 % déclarent partager des valeurs féministes sans pour autant s’identifier à ce terme. 15 % des personnes ayant répondu à l’enquête sont par ailleurs des militants.

Au sein des profils « je suis féministe » et « je suis féministe et je milite » , les femmes cisgenres sont, sans surprise, surreprésentées. Les personnes faisant partie des minorités de genres (femmes trans, hommes trans, personnes non-binaires), sont également particulièrement représentées dans ces deux catégories. Les hommes cisgenres, de leur côté, s’identifient plus souvent comme « alliés » du féminisme que comme militants : 33 % d’entre eux disent soutenir les valeurs féministes sans pour autant s’identifier comme tels, confirmant leur « réticence » à se déclarer féministe, conclut NousToutes.

Le collectif dresse aussi le profil type de la militante féministe : une femme plutôt jeune (une personne sur trois a entre 25 et 34 ans et 16 % de moins de 25 ans), urbaine (70,8 % des répondants vivent en ville), gagnant souvent (25 % des répondantes) un salaire inférieur à 2 000 euros nets par mois, soit moins que le salaire médian en France. « Avoir de faibles revenus permet d’être plus sensible à un certain nombre de sujets de lutte sociale, analyse pour Libération Marie-Félicia, qui milite au sein de NousToutes. Cela rend plus vulnérable et met plus directement en contact avec des systèmes d’oppression, comme les violences économiques. Les personnes qui ressentent de façon plus forte le désir de s’engager ressentent de façon plus intime l’urgence de l’action ; on peut le mettre en parallèle avec l’importante proportion des militant·es féministes victimes de violence de genre. »

Les chiffres de l’enquête l’attestent : 41 % des personnes ayant rejoint une organisation militante féministe l’ont fait après avoir subi des violences sexistes et sexuelles ; 10 % lorsque c’est une proche qui en a été la victime. La montée de l’extrême droite (26,8 %), la vague #MeToo (17,2 %) ou encore la peur de l’avenir (15,9 %) sont aussi à l’origine de l’engagement féministe.

Quelles sont aujourd’hui les causes qui rassemblent les personnes se considérant comme féministes… Et celles qui les divisent ? NousToutes a cherché à le savoir en demandant aux répondants de sélectionner les trois mots-clés décrivant, selon elles et eux, le mieux le féminisme. Les trois réponses les plus sélectionnées sont « droits des femmes » (57,4 %), « lutte contre les violences » (45,8 %) et « lutte contre les discriminations » (35,9 %), « soit des termes relativement dépolitisés, rassemblant un grand nombre de revendications peu clivantes » , juge le collectif.

À l’inverse, d’autres termes sont moins représentés. C’est le cas de « lutte contre les oppressions » , « intersectionnalité » ou encore de « droits des minorités » , qui recueillent respectivement 29,1 %, 22 % et 9,1 % des réponses. Dans les faits, l’enquête démontre que certains sujets comme « le port du voile, les droits des personnes trans, des travailleureuses [forme inclusive de travailleurs et travailleuses, ndlr] du sexe, et le positionnement contre le génocide en Palestine » restent profondément clivants.

Pour Maëlle Noir, membre du collectif NousToutes, ces résultats indiquent qu’ « il y aurait un bon féminisme, acceptable, qui ne dérange pas, qui peut être institutionnalisé dans un ministère, par exemple » , et un autre féminisme « vu comme hystérique, woke et donc perturbateur » qui serait en réalité un féminisme « de terrain, qui va aller challenger le pouvoir, qui va aller essayer de déconstruire les mécanismes d’oppression », a-t-elle déclaré sur France Culture .

NousToutes s’inquiète aussi de la faible proportion accordée aux droits sexuels et reproductifs, puisque seuls 16,7 % des répondants associent ces termes au combat féministe. Si le collectif souligne que « l’avortement semble être devenu une question tellement consensuelle qu’elle est presque un non-sujet pour les répondants » , cela traduit aussi « une absence de prise de conscience de la fragilité des conquêtes féministes des générations précédentes » .

Face à ces limites, NousToutes définit quelques pistes explorer davantage : d’abord faire de l’accessibilité et de l’inclusivité une priorité pour offrir « un lieu de lutte sûr et chaleureux à toutes les personnes souhaitant se mobiliser » , poursuivre sa pédagogie sur l’intersectionnalité des luttes, ou encore « mieux investir la ruralité » , afin de lutter contre l’isolement et le sentiment de ne pas avoir sa place dans les espaces militants.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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