Jeudi 30 avril, à 11 heures. Des éclats de voix se font entendre dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Les membres de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) débattent âprement. Une note doit résumer les données scientifiques sur l’ acétamipride , ce pesticide que certains élus voudraient réintroduire. Mais à la découverte du texte, impossible de trouver un consensus. La droite et l’extrême droite jugent la note mal étayée, trop alarmiste. Ils votent pour la refaire. Dissensus parfait, six contre six.
Michaël Weber, lunettes rondes et sourcils froncés, fulmine. Le sénateur socialiste a écourté quelques nuits pour boucler l’affaire. Une conférence de l’Office était prévue le jour même. Au lieu de l’annuler, l’élu se présente seul, bien décidé à parler quand même. Le président de l'Opecst, Stéphane Piednoir, jaillit dans la pièce, cravate de travers, hors de lui. La prise de parole contrevient aux règles, le sénateur Les Républicains hurle pour y mettre un terme. Un collaborateur s’en mêle et voilà que dans la salle certains se dressent, prêts à intervenir.
