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santevia Le HuffPost··3 min de lecture

Cancer : Une étude révèle comment les inégalités sociales impactent les risques

Personnalités citées :Thomas Wanecq
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Le contexte

Le cancer est une maladie qui touche une grande partie de la population française. Des études antérieures ont déjà mis en lumière des inégalités dans l'incidence des cancers selon les classes sociales. La Drees, service statistique des ministères sociaux, a pour mission d'analyser ces données et d'évaluer les impacts des politiques de santé.

Ce qu'il faut retenir

Une étude récente révèle que les inégalités sociales influencent significativement les risques de cancer en France. Les personnes les plus modestes sont plus exposées à certains cancers, comme le cancer du poumon, et bénéficient moins souvent de dépistages précoces. Les diagnostics tardifs sont plus fréquents chez les plus défavorisés, ce qui impacte leur pronostic. Les cancers évitables, liés à des comportements comme le tabagisme, sont également plus fréquents dans cette population. La Drees souligne l'importance de la prévention et du dépistage pour réduire ces inégalités.

Ce que ça change

Cette étude met en lumière des inégalités sociales préoccupantes en matière de santé, en particulier concernant le cancer. Elle appelle à une attention accrue sur les politiques de dépistage et de prévention, notamment pour les populations les plus vulnérables. Les résultats pourraient influencer les futures initiatives de santé publique en France, visant à améliorer l'accès aux soins et à réduire les disparités.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

« Longtemps, on a pensé que le cancer était une maladie touchant indistinctement l’ensemble de la population » , indique l’AFP citant Thomas Wanecq, directeur de la Drees, le service statistique des ministères sociaux. Mais des études plus récentes, plus fines, montrent « un lien extrêmement fort avec la situation des individus, notamment sociodémographique ».

En clair, en France, le cancer touche différemment selon les classes sociales, et ce sont les plus modestes qui en font les frais. Davantage d’exposition à certains facteurs de risque, moins de dépistages, des diagnostics souvent plus tardifs... Une étude publiée ce jeudi 4 juin expose les inégalités sociales d’incidence des cancers, déjà pointées par d’autres travaux.

Nouveauté de ce travail : un éclairage des inégalités sociales d’incidence et de gravité à l’échelle individuelle, qui tient notamment compte des diverses localisations des tumeurs. Sa force, selon ses auteurs, vient aussi de sa combinaison de données de remboursement de l’Assurance maladie avec celles d’un échantillon démographique permanent de l’Insee, entre 2013 et 2020.

Si l’on regarde les organes touchés, certains cancers sont plus fréquents chez les plus modestes, d’autres chez les plus aisés. Le cancer du poumon touche ainsi beaucoup plus souvent les personnes les plus modestes, souligne l’étude. Entre 2013 et 2020, les hommes appartenant aux 10 % les plus modestes avaient un risque 2,2 fois plus élevé que ceux des 10 % les plus aisés d’en développer un. À l’inverse, les cancers du sein et de la prostate sont plus fréquents parmi les Françaises et Français les plus aisés.

Parmi les hypothèses d’explications avancées par les chercheurs : des écarts d’exposition à des facteurs de risque - comme le tabagisme pour le poumon, ou la prise antérieure de certaines pilules contraceptives et un âge plus tardif de grossesse pour le sein -, et des différences de recours au dépistage, notamment pour la prostate.

Mais les plus modestes développent plus souvent des cancers associés à des chances moindres de survie (avec un risque 1,7 fois plus élevé de cancer de mauvais pronostic pour les 10 % les plus modestes comparé aux 10 % les plus aisés) et subissent des formes plus agressives.

Le moment du diagnostic est aussi associé à de fortes inégalités. Détecter un cancer à un stade précoce permet de le soigner plus facilement, mais aussi de limiter les séquelles de la maladie et de certains traitements.

Pour les cancers du sein, colorectal ou du col de l’utérus, objets de dépistages organisés, les diagnostics surviennent plus souvent alors qu’il y a des métastases pour les plus modestes. Pour les cancers non dépistables, ces écarts avec les plus aisés n’apparaissent pas.

Or « les plus modestes ont moins souvent recours que les plus favorisés » aux trois dépistages nationaux, en raison de freins financiers mais aussi d’information et de rapport aux soins, a montré une autre étude de la Drees en février.

Pour le cancer du poumon, tumeur maligne la plus fatale en France, un programme pilote de dépistage a démarré mi-mai dans cinq régions. Vingt mille fumeurs ou ex-fumeurs de 50 à 74 ans doivent ainsi bénéficier de scanners thoraciques, d’un suivi et, si nécessaire, d’une prise en charge médicale.

Autre inégalité exposée par l’étude dévoilée jeudi : les cancers « évitables » , liés notamment au tabac ou à l’alcool, sont plus fréquents chez les plus modestes - le risque est plus de deux fois supérieur pour les 10 % les moins favorisés comparé aux 10 % les plus aisés.

« Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic » , conclut la Drees dans un communiqué, en alertant sur la prévention.

Ses travaux s’appuient cependant sur des données antérieures au développement d’initiatives de l’Assurance maladie ciblant les publics recourant le moins aux dépistages. L’impact de ces actions d’ « aller vers » sera évalué ultérieurement, selon les chercheurs. À l’automne, la Drees publiera une étude explorant les questions spécifiques liées à la mortalité et à la survie des cancers.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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