À Mayotte, dans l'océan Indien, la classe politique s'émeut du risque d'importation du virus Ebola lié aux arrivées de migrants de RDC. Mais une autre maladie gagne du terrain en silence : le paludisme. Depuis début 2026, 200 cas de paludisme ont été enregistrés à Mayotte. Jusque-là, la maladie était importée des pays de la région, mais depuis quelques semaines, des dizaines de cas ont été acquis à Mayotte. Reportage dans la commune de Chirongui, l'un des foyers de transmission de la maladie.
Avec notre correspondante à Mayotte , Lisa Morisseau
Dans la commune de Chirongui, au sud de Mayotte , plus de 40 cas de paludisme ont été recensés depuis le début de l'année 2026. Particularité : il s'agit de transmissions autochtones. Jean-Marc Roussin, médecin généraliste dans la ville, explique : « Dans mon cabinet médical, on voit très peu de cas. On a dû en voir deux ou trois. Il semblerait que le foyer soit essentiellement parmi les gens qui vivent dans les campagnes, les gens sans papiers. »
À Mayotte, les personnes sans papiers renoncent parfois aux soins, par crainte d'être arrêtées par la police. Néanmoins, depuis janvier, 30 personnes atteintes du paludisme ont été hospitalisées, dont quatre en réanimation...Jusque-là, dans l'archipel français, les cas étaient principalement importées des Comores.
Selon Bénédicte Nganga Kifoula, épidémiologiste à Santé publique France, « ce qui est nouveau, c'est qu'après quatre années d'absence, en 2025, de nouveaux foyers ont été identifiés au sud du territoire ». « Ces zones sont considérées actuellement comme des zones d'entrée des migrants », ajoute-t-elle.
À ce jour, la situation reste maîtrisée, selon la scientifique, « mais, à tout moment, on peut craindre une épidémie, parce qu'il y a toujours une augmentation des cas importés, des nouveaux arrivants ». L'Agence régionale de santé mène sur le terrain des actions pour éliminer les zones de prolifération des moustiques.
