Laure Lavalette est l'invitée des "4 Vérités", jeudi 28 mai. La députée Rassemblement national du Var s'est exprimée sur la vague de chaleur inédite qui traverse la France au mois de mai.
Ce texte correspond à la retranscription d'une partie de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.
Gilles Bornstein : Bonjour Laure Lavalette. Marine Le Pen a proposé un grand plan "climatisation" dans les bâtiments publics, les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraite et les transports. Cela coûte 50 milliards d'euros, a dit Jean-François Copé. Est-ce qu'au Rassemblement national (RN), vous avez chiffré ce plan ?
Laure Lavalette : Il en va surtout de la sécurité de nos aînés, de nos enfants, mais c'est très concret. La climatisation, ça sauve des vies. Donc, est-ce que la sécurité a un prix ? Nous, nous pensons, au Rassemblement national, qu'il faut tout mettre en œuvre pour que les Français soient le mieux possible.
Bien sûr que ça a été chiffré. Vous demandez à Jean-Philippe Tanguy (autre député RN, NDLR), c'est lui qui a exactement tous les chiffres. Mais je vais vous dire, en hiver, vous vous chauffez. Et bien, en été, il faut refroidir. Vous savez, à Toulon, l'année dernière, une école a été fermée, une deuxième école a été fermée et, à partir de 10 heures du matin, ils ont appelé des parents pour aller chercher des enfants qui faisaient des malaises. On est très en retard par rapport à tous les pays du monde. Il y a une espèce de dogmatisme, de sectarisme sur cette climatisation. Je pense qu'il ne faut pas avoir de pudeur de gazelle, il faut climatiser le pays. Pensez à nos aînés en Ehpad, quand vous voyez 37 degrés à Bordeaux.
Pas toujours. En tout cas, il y a les écoles. Moi, dans mon programme municipal, je voulais absolument commencer par les écoles maternelles, puis primaires. La maire sortante, qui a gagné, m'a ri au nez, mais elle, je peux vous dire que son bureau est bien climatisé.
Est-ce que c'est sérieux, quand un parti est candidat à la présidentielle, de lancer des plans sans vraiment les chiffrer ?
Je n'ai pas les chiffres, mais ils sont chiffrés. Même sur le site du Rassemblement national, notre contre-budget est chiffré.
En ce moment, dans les écoles, il fait très chaud, c'est insupportable, c'est sûr, c'est exceptionnel. Dans les écoles, il n'y a généralement pas cours en juillet et en août. Est-ce qu'on peut climatiser toutes les écoles, quel que soit le prix, pour finalement quelques jours par an ?
Alors peut-être qu'en Moselle, c'est moins pertinent que dans le Var ou à Bordeaux, mais je pense que les températures que nous vivons là, on va les vivre de plus en plus. Il y a cette urgence climatique qu'il faut évidemment regarder en face, il faut prendre des mesures pour protéger les Français.
Les Français trouvent le carburant trop cher et vous proposez une baisse de la TVA. Il fait chaud et vous proposez de tout climatiser. Les Français n'ont pas envie de travailler très longtemps et vous proposez la retraite à 62 ans. Est-ce que c'est vraiment le rôle d'un parti politique qui veut gouverner la France de proposer systématiquement aux Français ce qu'ils demandent ?
Tout ça, pour le coup, c'est bien chiffré. Ce sont 12 milliards d'euros, par exemple, pour faire baisser la TVA. C'est une mesure que nous portons depuis septembre 2021, depuis le début de la campagne présidentielle dernière, parce qu'on considère que l'essence est un bien de première nécessité et qu'il faut absolument qu'on arrive à réduire la TVA sur ce litre d'essence.
Mais personne ne nie qu'il fait chaud, personne ne nie que l'essence est chère. Ma question : est-ce qu'on peut tout promettre en même temps ?
On promet aussi beaucoup d'économies, mais il faut bien comprendre qu'une infirmière libérale qui ne peut plus mettre d'essence dans sa voiture, qui ne peut plus faire sa tournée, ça a une incidence folle sur toute une chaîne. On va avoir des gens moins bien soignés, elle va moins consommer, on va rentrer en récession, ça pose des vraies questions.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.
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