Le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) vient de publier un copieux rapport sur l’intelligence artificielle en Nouvelle-Aquitaine. Il se présente comme un outil de référence pour les élus
« On vit une véritable révolution anthropologique, commence Yves Jean, le président du Ceser de Nouvelle-Aquitaine. C’est une vraie rupture avec des conséquences sociales. » L’intelligence artificielle (IA) s’est invitée partout et la question n’est plus faut-il l’utiliser, mais comment. Le rapport du Ceser se veut donc pratique. Il n’est « pas une ré...
« On vit une véritable révolution anthropologique, commence Yves Jean, le président du Ceser de Nouvelle-Aquitaine. C’est une vraie rupture avec des conséquences sociales. » L’intelligence artificielle (IA) s’est invitée partout et la question n’est plus faut-il l’utiliser, mais comment. Le rapport du Ceser se veut donc pratique. Il n’est « pas une réflexion philosophique sur l’IA, ni un plaidoyer pour ou contre ». Les conseillers se sont emparés du sujet avec l’ambition de formuler des propositions à destination des élus régionaux en amont de la rédaction de leur feuille de route pour la mise en œuvre des futures politiques publiques.
Le premier enjeu de ce rapport sur l’intelligence artificielle est bien entendu celui de la souveraineté. Elle passe à la fois par les équipements et par les usages. « Nous faisons une utilisation massive de solutions étrangères », avance Julien Anselme, directeur de projet dans les télécommunications et co-auteur du rapport. Si l’Union européenne s’est emparée suffisamment tôt de la question avec l’IA Act qui offre un cadre de protection, le Ceser estime qu’il faut désormais anticiper et investir pour préserver notre souveraineté. Pour cela, la région Nouvelle-Aquitaine est plutôt bien équipée avec un réseau de fibre dense sur le territoire et des câbles sous-marins de grande puissance. En termes d’usages, le rapport préconise d’accompagner les entreprises de la région dans la sécurisation de leurs données en facilitant l’accès aux ressources existantes sur la cybersécurité.
Afin de ne pas créer une économie à deux vitesses entre les entreprises qui utilisent l’IA et celles qui n’y ont pas accès, le rapport suggère de les accompagner vers la « maturité numérique ». « Il y a des chefs d’entreprise qui y croient et qui pensent que cela peut être merveilleux et d’autres qui ont peur et qui ne font rien », souligne Yves Jean. Pour que tous les dirigeants puissent se l’approprier, le Ceser propose de créer un diagnostic de maturité IA adapté à chaque taille d’entreprise et de créer des outils d’échanges pour la mise en œuvre concrète de l’IA dans leurs processus opérationnels. Évidemment, tout cela doit se faire en ayant conscience de l’impact environnemental important de cette technologie .
L’IA pose également d’énormes défis économiques et sociaux. Le rapport entend rationaliser le débat en dépassant les angoisses et les promesses et en accompagnant les transformations qu’elle entraîne. Dans ce cadre, « le Ceser préconise de faire du dialogue social un outil de pilotage de l’IA », précise Gwladys Tohier, présidente de la commission économique du Ceser et co-autrice du rapport. L’économie de la région va évoluer avec la progression de l’IA. Sur les impacts sociaux à venir ou fantasmés, le rapport préconise ainsi de « produire des données pour mesurer objectivement les conséquences sociales, indique Laurent Simon, professeur d’université et co-auteur. Est-ce que l’IA détruit des emplois ou pas ? Il faut le mesurer. »
