Bernard Layre, président de la Chambre régionale de l’agriculture et Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la Région, ont profité du Salon de l’agriculture régional à Bordeaux pour préciser leur feuille de route commune pour reconquérir la souveraineté alimentaire. Des actions, des financements et une question récurrente : l’eau, nerf de la guerre
« Après avoir vécu un salon de l’agriculture hivernal frustrant , sans vaches [le Salon international de l’agriculture, à Paris, en février dernier, NDLR], nous retrouvons ici à Bordeaux des animaux et notamment des bovins, avec une ambiance propre à ce type d’événements. Pendant les quatre premiers jours du Salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine, 400 vaches étaient au Parc des expositions et les éleveurs avaient le sourire, et pas qu’eux… », a fait remarquer ce mardi 26 mai, depuis le site, Bernard Layre, président de la Chambre régionale de l’agriculture néo-aquitaine. Et de saluer le repositionnement...
« Après avoir vécu un salon de l’agriculture hivernal frustrant , sans vaches [le Salon international de l’agriculture, à Paris, en février dernier, NDLR], nous retrouvons ici à Bordeaux des animaux et notamment des bovins, avec une ambiance propre à ce type d’événements. Pendant les quatre premiers jours du Salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine, 400 vaches étaient au Parc des expositions et les éleveurs avaient le sourire, et pas qu’eux… », a fait remarquer ce mardi 26 mai, depuis le site, Bernard Layre, président de la Chambre régionale de l’agriculture néo-aquitaine. Et de saluer le repositionnement des ovins, bovins, marché de producteurs, métiers et emplois agricoles, sous le hall 1 du parc des expositions, entre les fauteuils, canapés et cuisines de l’espace ameublement et les piscines, jacuzzis et salons de jardin.
Un positionnement qui est visiblement du goût des visiteurs à en voir l’affluence de ce mardi midi, au marché des producteurs, tandis que 150 élèves de 17 lycées agricoles de la région évoluaient sur le ring avec leurs protégés (bovins et ovins), pour le trophée régional des jeunes pointeurs. Sans compter enfin que cette mutation organisationnelle du dehors vers le dedans a offert aux animaux un vent de fraîcheur (climatisé), dans une semaine où les températures affolent les compteurs déjà chahutés par le changement climatique.
Voilà pour le cadre du moment. Le propos, les problématiques et les pistes d’évolution des agriculteurs s’écrivent sur un plus long terme. Bernard Layre, et le vice-président de la Région en charge des questions agricoles, Jean-Pierre Raynaud, ont profité du « moment » pour le rappeler. « Notre mission à l’un et à l’autre est de coordonner les différents acteurs afin de trouver les bons leviers pour retrouver une capacité à produire et une souveraineté alimentaire », lâche le président de la chambre régionale. On assène les chiffres qui piquent : « En dix ans, la France a perdu 6 % de son volume de production agricole, la Nouvelle-Aquitaine, 14 %. »
L’idée est donc de capter de nouveau de la valeur ajoutée. On évoque la nécessité de développer une production de poulets de consommation quotidienne quand l’importation en France des volailles dépasse les 50 %. « Le marché de la volaille représente 160 millions d’euros pour la Nouvelle-Aquitaine. Nous avons besoin de 35 nouveaux poulaillers par an d’ici 2035 et ce, en expliquant à nos concitoyens que les modèles de production que nous défendons sont familiaux, par opposition à une production importée qui n’est pas industrielle mais ultra-industrielle », a ajouté l’agriculteur béarnais.
Un appel à la reconquête de la souveraineté alimentaire que la Région a entendu en lançant le week-end dernier un fonds régional d’engraissement des jeunes bovins afin de favoriser l’activité sur la Nouvelle-Aquitaine plutôt que de voir les animaux partir en Espagne. Plus largement, Chambre régionale et Région ont réuni autour de la table tous les organismes de production, les coopératives, les industries agroalimentaires, les acteurs agricoles en six groupes (viande blanche, ruminants, grandes cultures et fruits et légumes, cultures spécialisées et apiculture) afin de construire des actions concrètes de capitalisation en fonction des conditions pédoclimatiques (1) de chaque territoire. La copie finale sera rendue le 10 juillet prochain.
Parler d’agriculture, de recapitalisation et de souveraineté revient évidemment à plonger le nez dans la question de l’eau. La période est éminemment propice puisque la profession négocie avec l’Agence de l’eau Adour Garonne, le fameux Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) qui va planifier la politique de l’eau sur le bassin pour les six années à venir, quand parallèlement, la loi d’urgence agricole tourne aussi autour du sujet. « Il pleut annuellement 60 milliards de m³ d’eau sur la Nouvelle-Aquitaine, chaque année. Tous les usages confondus consomment 24 milliards, quand les 35 milliards restants s’évaporent et sont bennés à la mer », a martelé une nouvelle fois Bernard Layre. « Les trois jours de débordement de la Garonne, en février dernier, ont été l’équivalent en volume d’une année d’irrigation française ! Il faut mettre de l’irrigation là où il y en a besoin et faire reconnaître le fait que l’agriculture a été reconnue comme intérêt national majeur. »
On remet sur la table les besoins en retenues… Et le président de la Chambre de balayer le spectre des « bassines » : « Les agriculteurs seront efficients sur le sujet évidemment, ne serait-ce que par le poids du coût du stockage. »
(1) Relatif au pédoclimat, l’ensemble des conditions de climat auquel est soumis un sol, avec les proportions d’oxygène.
Le Salon se prolonge jusqu’au jeudi 28 mai inclus au sein de la Foire de Bordeaux qui se poursuit jusqu’au 31 mai.
