C’est l’une des rares voix libres au sein de la Police nationale. Jean-Louis Arajol, ancien dirigeant syndical et major à la retraite, s’inquiète de la montée des idées d’extrême droite dans les rangs de ses collègues. Les coupables ? La politique du tout répressif et l’affaiblissement républicain des syndicats majoritaires.
Écouter cet article - réservé aux abonné·e·s
Ce fils d’un boulanger communiste est entré dans la police dans les années 1980, avant de gravir les échelons syndicaux au sein du Syndicat général de la police (SGP) et la Fédération autonome des syndicats de police (FASP). En 2018, il crée le collectif Police, République et citoyenneté. Son objectif ? Ramener la police dans le giron républicain. Un combat de plus en plus urgent.
Avez-vous l’impression que les idées d’extrême-droite se diffusent de plus en plus au sein de la Police nationale ?
Oui, il y a une percée de l’extrême droite manifeste dans la police nationale, comme il y en a une aujourd’hui dans la société en général, malheureusement. Cette percée tient au fait qu’avant, il existait des garde-fous. Des syndicats comme le Syndicat général de la police (SGP) et la Fédération autonome des syndicats de police (FASP) prenaient depuis toujours des positions républicaines.
Grâce à la formation dispensée aux délégués, nous étions structurés partout — dans les brigades, dans les services — et nous parvenions non seulement à limiter, mais à combattre les dérives extrémistes qui pouvaient apparaître.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Depuis les années 2000 environ, il y a eu un abandon du combat sur les valeurs et un ultra-corporatisme syndical s’est développé. Si tu n’occupes pas le terrain, il y en a d’autres qui l’occupent pour toi. Si tu ne formes pas...
« Les syndicats de policiers qui défendent encore les valeurs républicaines sont ultra-minoritaires » : Jean-Louis Arajol, ex-responsable syndical, fondateur de Police République et Citoyenneté
