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Philippe Étienne, ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis, était l’invité de Tout est politique sur franceinfo ce mardi 16 juin. Il revient notamment sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis pour arrêter la guerre.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
France TV : Philippe Etienne, Donald Trump va-t-il acheter la paix ?
Philippe Étienne : C'est un problème politique pour lui parce qu'il a retiré les États-Unis de l'accord qui existait avant et qui avait été signé par Obama en 2015. Il avait dit « Cet accord est horrible, je le dénonce, je sors les États-Unis » . C'est en 2018. Et ce qu'il reprochait notamment à cet accord, c'est que dans cet accord, on avait rendu aux Iraniens beaucoup d'argent qui était gelé, qui était sous sanction. Et cet argent, disait Trump, avait servi aux Iraniens à financer tous les mouvements de la région, le Hezbollah, enfin tous ces mouvements qui sont ce qu'on appelle les proxys, les alliés des Iraniens et qui sont les adversaires d'Israël, notamment.
Donc là, il a maintenant la volonté de faire un accord et doit montrer que c'est un accord meilleur que celui d'Obama. Et ce n'est pas évident, parce qu'en plus, il y a le détroit d'Ormuz, qui était ouvert à l'époque d'Obama. Et donc, c'est là où les 300 milliards sont intéressants, parce qu'on retrouve la logique de cette administration, notamment de ces négociateurs, qui sont des businessmen, Witkoff et compagnie, qui eux, manient ces concepts et veulent faire intervenir des entreprises d'autres pays. Et pour eux, c'est une façon de dire, vous voyez, nous, on ne va pas faire comme Obama, on ne va pas donner plein d'argent aux Iraniens qui pourront faire ce qu'ils veulent, y compris les pires choses, faire des bombes nucléaires, aider des mouvements terroristes, etc., massacrer leur peuple. Nous, on va faire intervenir de l'argent privé, on va le faire travailler pour des projets d'infrastructures. Alors, dans la réalité, il va quand même y avoir un problème sur les fonds gelés, sur les sanctions. Mais bon, voilà, c'est quand même, comme vous le disiez, une façon de contourner un peu ces difficultés.
Quand ils écrivent qu'ils arrêtent le nucléaire. Ça sort d'où ? Parce qu'indépendamment du fait qu'il se trouve dans le nombre et qu'on explique que ce sont des entreprises. Il n'y a aucun engagement de cette nature pour l'instant.
Philippe Étienne: L'Iran a toujours dit, c'est même une fatwa depuis la révolution islamique, que l'Iran ne veut pas avoir la bombe nucléaire. Dans la pratique, ce n'est pas évident quand on voit les degrés d'enrichissement de l'uranium, mais en tout cas, ce n'est pas une nouveauté d'obtenir de l'Iran une déclaration disant qu'on n'aura pas la bombe nucléaire.
Le problème, c'est effectivement comment on va négocier dans la deuxième phase de 60 jours, qui doit s'ouvrir vendredi prochain, après la signature de ce fameux mémorandum, plus électronique mais signature réelle, comment est-ce qu'on va négocier en 60 jours sur le nucléaire? La négociation avait commencé en 2003 pour aboutir en 2015, mais la vraie négociation de l'accord de 2015 avait duré au moins deux ans. Il y a un problème de crédibilité et il faut sans doute prévoir différentes étapes.
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