En une dizaine d’années, la police municipale est devenue la norme en France. Un mouvement massif qui illustre l’hégémonie culturelle de la droite sur la question sécuritaire et qui a fait basculer le débat : on ne discute plus de l’opportunité d’une police municipale, mais de son armement. Sans que l’efficacité de ce dispositif ne soit jamais discutée.
On pourrait aisément lui attribuer le titre de dernier des Mohicans. Non pas pour dénoncer une quelconque appropriation culturelle en matière capillaire du maire PCF d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Depuis qu’il est à la tête de la ville, Philippe Bouyssou ne s’est jamais laissé tenter par la coiffure mohawk – cheveux longs sur le dessus, parfois en crête, les côtés du crâne rasés. Question de goût sans doute, problème de calvitie plus certainement. Non, ce qui distingue l’édile de ses collègues du département, c’est l’absence de police municipale dans les rues d’Ivry. « Nous sommes l’une des dernières villes du Val-de-Marne sans police municipale. À Créteil, le maire socialiste Laurent Cathala a lancé une réflexion sur sa mise en place face à la pression de son opposition de droite », déplore le communiste.
Ce que réfute le cabinet du maire de la ville-préfecture : « Il n’y aura pas de police municipale à Créteil ! » Reste que Philippe Bouyssou fait office d’exception à l’échelle de la région. Selon une note de l’Institut Paris Région parue le 26 mars 2026, le taux des communes franciliennes couvertes par un service de police municipale a « atteint 42 % en 2024 (contre 37 % en 2014), soit un niveau très largement supérieur à la moyenne nationale (10 %). (…) Ce taux s’élève à 86 % si l’on retient uniquement les...
Comment le débat « pour ou contre une police municipale ? » a été remplacé par « pour ou contre son armement ? »
