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economievia Challenges··3 min de lecture

Croissance négative, inflation rampante : la France se serre la ceinture pour faire face au choc de la guerre au Moyen-Orient

Personnalités citées :Roland LescureSébastien Lecornu
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Le contexte

L'économie française fait face à des défis importants, notamment une inflation croissante et une croissance négative. Ces problèmes sont exacerbés par des facteurs externes, comme la guerre au Moyen-Orient, qui impactent les prix de l'énergie et la consommation des ménages. Le gouvernement a déjà mis en place des mesures pour soutenir l'économie, mais la situation reste préoccupante.

Ce qu'il faut retenir

L'inflation en France a atteint 2,4 % en mai, tandis que la croissance a été révisée à la baisse, affichant une contraction de 0,1 % au premier trimestre. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a souligné que cette situation est en partie due à des politiques publiques suspendues. Pour faire face à ces défis, le gouvernement a décidé de geler ou d'annuler 4 milliards d'euros de crédits. Un nouveau paquet d'aides a également été annoncé pour soutenir les travailleurs.

Ce que ça change

La situation économique actuelle pourrait conduire à une stagflation, avec une activité économique stagnante et une inflation persistante. Les mesures d'économies annoncées par le gouvernement visent à réduire le déficit public, mais elles soulèvent des inquiétudes quant à leur impact sur les services publics et le soutien aux ménages. Un nouveau comité sera réuni fin juin pour évaluer la situation et potentiellement annoncer d'autres mesures.

L'article complet

Source originale sur challenges.fr

L’inflation progresse encore au mois de mai, à 2,4 %, tandis que la croissance a finalement été négative au premier trimestre, selon l’Insee. Le gouvernement a acté le gel ou l’annulation de 4 milliards d’euros de crédits.

Lentement mais sûrement, l’inflation continue sa progression. Au mois de mai, l’indice des prix à la consommation a progressé de 2,4 % sur douze mois glissants, contre 2,2 % en avril, selon les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ce vendredi 29 mai. Cette hausse, attendue, résulte à nouveau de la guerre au Moyen-Orient . « Comme en mars et en avril, la hausse de l’inflation s’expliquerait par l’accélération des prix de l’énergie, portée ce mois-ci par une hausse de ceux du gaz » , notent les statisticiens.

Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, l’Insee a également révisé son chiffre de croissance pour le premier trimestre de l’année . A la baisse. Celle-ci a en effet été négative (de 0,1 %) et non nulle comme annoncé un mois plus tôt. Cette nette contre-performance de l’économie française est grandement due à une baisse de la consommation et de l’investissement des ménages.

« Ce n’est pas une bonne nouvelle , a réagi le ministre de l’Economie Roland Lescure à la publication de ces indicateurs. Mais cela est aussi dû à l’impact assez fort de la loi spéciale qui a suspendu un certain nombre de politiques publiques » . Dans ce climat d’incertitude, les ménages mettent de côté : leur taux d’épargne grimpe à 17,9 % de leur revenu disponible brut sur les trois premiers mois de l’année (contre 17,7 % au trimestre précédent).

La « résilience » de la croissance française, longtemps louée, semble donc atteindre ses limites . « Nous sommes aux prémices d’une situation de stagflation, caractérisée par une activité terne et des prix qui augmentent » , souligne Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à l’institut Rexecode. Pour soutenir l’activité, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 21 mai un nouveau paquet d’aides destiné aux travailleurs, notamment à travers le doublement de l’indemnité « grands rouleurs » et de la « prime carburant » versée par l’employeur.

Mais face à l’impact de la guerre, il s’est aussi résolu à faire des économies. Conformément à ce qu’il avait annoncé à l’issue d’un comité d’alerte sur les finances publiques réuni au mois d’avril, Bercy a acté le gel ou la suppression de 4 milliards d’euros de crédits portant sur l’Etat. Sous la pression des parlementaires qui s’impatientaient de ne pas connaître la teneur des efforts.

Concrètement, 847 millions d’euros de crédits votés dans la loi de finances en février sont tout bonnement annulés afin de financer une partie des aides jusqu’ici accordées - dont le coût total est évalué à 1,2 milliard d’euros. A ces coupes nettes s’ajoute la suspension de 3,2 milliards d’euros susceptibles d’êtres réengagés en cas d’embellie de la situation. Mais la répartition de l’ensemble de ces efforts demeure floue. Seules certitudes : les ministères de la Justice et des Armées sont épargnés.

En avril, le gouvernement avait également évoqué la possibilité de suspendre 2 milliards d’euros du côté de la sphère sociale. A ce titre, face à la hausse du smic , l’exécutif a gelé les exonérations de cotisations sociales, au grand dam des patrons, afin d’économiser 2,2 milliards d’euros. Au global, la ceinture se serre donc de 6,2 milliards d’euros.

Compte tenu de la multiplication des signaux faibles sur l’économie française, le gouvernement tiendra fin juin un nouveau comité afin de réévaluer l’ampleur du choc. L’estimation d’avril d’un coût de 6 milliards d’euros paraît largement caduque. De nouvelles mesures d’économies pourraient alors être annoncées afin de tenir l’objectif de réduction du déficit à 5 % du PIB à la fin de l’année. Au premier trimestre, l’écart entre les recettes et les dépenses a atteint 5,1 % de la richesse produite, selon l’Insee.

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