Circulez, y’a rien à voir. Plusieurs responsables du Rassemblement national ont tenté d’évacuer, ce vendredi 12 juin, la dernière divergence d’opinions en date entre Marine Le Pen et Jordan Bardella sur une (très hypothétique) démission de Gérald Darmanin . Tous ont tenté de désamorcer une polémique « artificielle » … ce qui ne les a pas empêchés de tenir un discours plus proche de celui de Jordan Bardella que de Marine Le Pen.
« Tout cela est très artificiel, et sincèrement, je trouve ça un peu dommage (...) Je ne pense pas que ça intéresse grand monde que de savoir qui veut que Darmanin démissionne » , a par exemple balayé sur RTL le député RN Jean-Philippe Tanguy, très proche de Marine Le Pen. « Ce n’est pas qu’on appelle à sa démission , a-t-il ajouté, c’est que monsieur Darmanin sur tant de sujets a tant menti (...) que c’est lui qui devrait partir spontanément. »
Son collègue Laurent Jacobelli renchérit sur TF1 : « Est-ce que cet homme-là, de sa conscience, aurait dû démissionner ? Oui. Est-ce que nous, en tant que premier parti politique de France demandons la démission de Gérald Darmanin ? La réponse a été apportée par Marine Le Pen : “Ça ne servirait pas à grand-chose”. » .
Selon lui, Marine Le Pen, dont on ne saura que le 7 juillet si elle est en mesure d’être candidate à la présidentielle, et le président du parti Jordan Bardella qui la remplacerait le cas échéant, « fixent la ligne ensemble et ce qu’ils ont dit n’est pas opposé » . Le garde des Sceaux « devrait être bien inspiré de (démissionner), mais la réalité nous oblige à dire que ça ne changerait rien » , a encore insisté le vice-président de l’Assemblée nationale Sébastien Chenu sur France Inter.
Cet empressement à démentir toute divergence entre l’ex-présidente du RN et son successeur trahit le principal problème du parti d’extrême droite dans l’attente du 7 juillet et de la décision de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires du FN : montrer un front uni. Ce, en dépit des divergences de fond de plus en plus visibles entre Marine Le Pen et son possible remplaçant en 2027. Ce vendredi, les cadres du parti sont justement réunis dans l’Essonne pour un séminaire de travail sur le scrutin présidentiel. Outre l’épineuse question de la réforme des retraites et celle des superprofits, le cas de l’avenir du ministre Darmanin s’ajoutera sans doute au programme.
