Taux de prélèvement, réductions d’impôts, contributions exceptionnelles… La campagne fiscale qui vient de démarrer contient quelques changements loin d’être anodins.
Pour les Français, le mois de mai est synonyme de jours fériés mais aussi de déclaration des revenus. La date limite de dépôt dépend du lieu de résidence : les habitants des départements 01 à 19 et les non-résidents ont jusqu’au 21 mai, ceux des départements 21 à 54 ainsi que la Corse jusqu’au 28 mai, et ceux des autres départements (55 à 95) ainsi que les territoires d’outre-mer jusqu’au 4 juin. Enfin pour les rares personnes ne pouvant pas déclarer en ligne (moins de 10 % des cas l’an dernier), la date limite de dépôt des déclarations papier est fixée au 19 mai.
Le barème des tranches a été légèrement revu à la hausse (+ 0,9 %), pour tenir compte de l’inflation . En revanche, le taux de prélèvement à la source est désormais individualisé par défaut, y compris pour les couples mariés ou pacsés. Un mode de calcul différent qui ne change pas le montant total de l’impôt du foyer, mais sa répartition entre les conjoints. Les couples désirant conserver le taux commun peuvent le faire via leur espace personnalisé sur le site Impots.gouv.fr.
Parmi les nouveautés de cette année, la loi de finances pour 2026 a rehaussé de 1 000 à 2 000 euros le plafond permettant aux contribuables de bénéficier d’une réduction d’impôt à hauteur de 75 % de leurs dons aux associations d’aide aux personnes en difficulté et aux organismes luttant contre les violences (dons Coluche). Ensuite, pour les loueurs de meublés non professionnels , le régime micro-BIC dont ils pouvaient bénéficier est fortement raboté : le seuil est abaissé de 77 000 à 15 000 euros et l’abattement forfaitaire passe de 50 % à 30 %.
Enfin, autre mauvaise nouvelle pour les ménages les plus aisés : la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), qui avait été mise en place à titre exceptionnel l’an dernier, a été prolongée cette année, et même « jusqu’à ce que le déficit public soit inférieur à 3 % du PIB » , a prudemment précisé David Amiel , le ministre délégué aux Comptes publics, lors du lancement de la campagne.
La loi de finances a de plus instauré pour 2027 la création d’une taxe sur les holdings patrimoniaux de plus de 5 millions d’euros, qui ciblera la valeur vénale des biens « somptuaires » non liés à une activité professionnelle, comme les yachts, les véhicules de collection, les chevaux de course, les bijoux… Les prémisses d’un retour de l’ISF ?
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