L'ancien Premier ministre Édouard Philippe le 11 avril 2026 à Paris. (Illustration) - Ian LANGSDON / AFP
Édouard Philippe, candidat à l'élection présidentielle , a précisé dans une interview au Parisien publiée ce jeudi 21 mai les contours de son plan de lutte contre le narcotrafic , qui comprend la proclamation d'un état d'urgence.
"Il faut s'inspirer de la lutte contre le terrorisme pour le narcotrafic", a affirmé l'ancien Premier ministre, qui avait évoqué dès décembre la création d'un "état d'urgence narco". Celui-ci "permet de mettre en œuvre des mesures impossibles en temps normal, mais sans faire n'importe quoi et dans le respect du droit", a-t-il expliqué dans le cadre d'un déplacement en Belgique.
"Dans une période et une zone spécifiques - ça peut être un quartier, un port, une zone aéroportuaire – et avec un contrôle du juge, on doit pouvoir faire des perquisitions administratives, confisquer des biens et aller jusqu'à utiliser la reconnaissance faciale", a ajouté Édouard Philippe, se disant en revanche opposé à l'intervention de l'armée.
Le président du parti Horizons propose la création d'"une sorte de fiche S financière", c'est-à-dire un profil bancaire spécifique pour les personnes mises en examen ou condamnées pour narcotrafic.
Édouard Philippe s'est aussi prononcé pour un durcissement des peines touchant "chaque échelon" (...) de la consommation au trafic, en alignant le régime pénal contre les grands trafiquants "sur celui des terroristes".
Il a appelé à la mise en place d'opérations "place nette" dans les boîtes de nuit et festivals, un effort pour augmenter le taux de recouvrement des amendes, et le signalement systématique à leur hiérarchie de chaque fonctionnaire poursuivi pour consommation de stupéfiants. Il est nécessaire, selon lui, d'améliorer les contrôles dans les aéroports et de dresser "une liste noire européenne des pays non coopératifs".
Pour le maire du Havre, "une partie de la solution passe par les voisins" de la France, "où le phénomène est extrêmement grave". "Nous devons coordonner notre action avec nos partenaires européens pour être plus efficace. Je récuse ceux qui pensent que nous pourrions trouver, au seul niveau national, de bonnes solutions durables", a-t-il déclaré dans les colonnes du Parisien.
Le candidat a estimé que l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, lui aussi candidat pour 2027, avait "pris de bonnes initiatives" sur le narcotrafic, tout comme le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Tout en soulignant que "les citoyens ont raison de se dire que l’État, dans certains territoires, est débordé et incapable de gagner des batailles". "Ça va dans le bon sens (...) Mais on doit changer de rythme et la lutte contre le narcotrafic doit devenir une priorité nationale massive", a-t-il abondé.
Édouard Philippe s'est par ailleurs dit "serein" quant à l'enquête du Parquet national financier (PNF) le visant pour des faits présumés de détournement de fonds publics .
