En France, suite des plaidoiries de la défense au procès en appel du financement présumé libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Après celle de Brice Hortefeux ce mardi matin 26 mai, c’est la défense de Claude Guéant qui avait la parole dans l'après-midi. En première instance, l’ancien fidèle de Nicolas Sarkozy avait écopé de 6 ans de prison. La même peine a été demandée, il y a quelques jours, par le parquet général dans ses réquisitions. Son avocat a méthodiquement contré les arguments de l’accusation, tout en attaquant frontalement Nicolas Sarkozy.
Compte rendu d'audience , Baptiste Coulon
Sa chaise est restée vide pendant deux mois. Claude Guéant, malade, n’a assisté à aucune audience. Pour son avocat, Nicolas Sarkozy a bien utilisé son absence pour changer de ligne de défense à la barre. Et remettre en cause la probité de son client.
« Il a fait le pari que les absents ont toujours tort », cingle Maître Bouchez El Ghozi, qui s’interroge : faut-il y voir le cynisme du politique ou le désespoir du prévenu ?
Assis un mètre devant lui, Nicolas Sarkozy encaisse en silence. L’avocat aborde ensuite la rencontre, en 2005, entre Claude Guéant et Abdallah Senoussi, numéro 2 du régime libyen. « Elle n’était pas souhaitée, mais imposée », martèle l’avocat. Claude Guéant « n’a pas fait la moindre promesse », ajoute-t-il, réfutant tout pacte de corruption. Et il confirme que son client a bien informé Nicolas Sarkozy de cette visite occulte, ce que l’ancien président conteste toujours.
Avec ses explications livrées par écrit, Claude a contribué à la manifestation de la vérité, clame encore Maître Bouchez El Ghozi qui demande la relaxe de son client, puis conclut : « Je plaide pour un homme au crépuscule de sa vie et qui ne sera peut-être pas là le jour du jugement. »
