Bientôt reparti pour trois ans ? Fermement installé dans son fauteuil de président du Sénat sur lequel il est assis depuis 2014, Gérard Larcher entend bien le conserver à l’issue des élections sénatoriales de septembre, qui verront le renouvellement de la moitié des sièges.
Dans une interview à La Tribune dimanche , l’élu LR des Yvelines dit espérer que ses collègues lui « feront à nouveau confiance » , tout en soulignant qu’il ne faut « pas brûler les étapes » . Il le sait : les élections municipales ayant eu lieu en mars, les équilibres au sein des conseils municipaux (qui élisent les sénateurs) ont pu changer.
Gérard Larcher s’attend notamment à l’arrivée d’un groupe RN au Sénat. Ce serait une première. « Je souhaite qu’il y ait le moins d’élus RN possible, mais c’est la démocratie. S’il y a un groupe RN, il appliquera les règles du Sénat » , affirme-t-il auprès de l’hebdomadaire. Quant aux « grands équilibres » , le président du Sénat se dit persuadé qu’ils « seront respectés, avec une majorité sénatoriale confortée ». « Si on regarde les résultats des municipales de mars, c’est tout à fait possible » , expose-t-il.
Après les élections sénatoriales, il y a aura la présidentielle, pour laquelle se préparent de nombreux candidats . Gérard Larcher déclare « accompagner » Bruno Retailleau, le patron de LR, qui tient selon lui « un discours de vérité sur la situation de la France » . Il estime toutefois que pour amoindrir les chances d’accéder au second tour du Rassemblement national et de La France insoumise, la macronie et LR doivent tout faire pour avoir un seul candidat sur la ligne de départ. Façon « socle commun », défendu en son temps par Michel Barnier.
En plus de Bruno Retailleau, Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal (Renaissance) sont eux aussi lancés dans la course à l’Élysée. « Il va donc falloir qu’on trouve un système pour qu’à la fin de l’année, au plus tard, on puisse choisir notre représentant » , estime Gérard Larcher, qui promet : « Je prendrai le moment venu mes responsabilités pour proposer des initiatives et trouver une solution. »
Quant au budget pour l’année 2027, séquence que beaucoup redoutent au sein du camp présidentiel en raison du risque de censure à l’approche de l’élection présidentielle, le patron du Sénat annonce que la droite fera « fin juin des propositions au Premier ministre » , pour défendre « de grandes orientations et des choix » . « Il faudra bien réduire la part des dépenses » , ajoute-t-il. Mais comme il le dit lui-même, « ne brûlons pas les étapes » .
