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santevia Sud Ouest··4 min de lecture

Hantavirus : dans le décryptage des scientifiques se mêlent doutes et certitudes

Personnalités citées :Stéphanie RistXavier LescureAntoine FlahaultHervé FleuryOlivier SchwartzPierre Tattevin
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Le contexte

Le hantavirus suscite des inquiétudes en France, notamment en raison de son potentiel de transmission et de ses effets sur la santé. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a convoqué des experts pour clarifier la situation et rassurer la population. Ce virus, connu pour sa gravité, a déjà causé des décès dans d'autres régions du monde.

Ce qu'il faut retenir

Un groupe d'experts a été réuni par la ministre de la Santé pour discuter du hantavirus, qui a causé la mort de trois personnes. Les scientifiques soulignent qu'il existe encore des incertitudes concernant la transmissibilité et la létalité du virus. Des recherches sont en cours pour mieux comprendre le hantavirus et développer des traitements potentiels. Actuellement, il n'existe pas de vaccin spécifique contre ce virus, bien que des essais soient en cours.

Ce que ça change

Cet article met en lumière les efforts du gouvernement français pour gérer la communication autour du hantavirus et rassurer la population. Il souligne également l'importance de la recherche scientifique pour mieux comprendre ce virus et développer des solutions, ce qui pourrait influencer les politiques de santé publique en France.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Alors que le hantavirus a soulevé beaucoup d’inquiétudes dans la population, un groupe d’experts a pris la parole à la demande de la ministre de la Santé. Quel est l’état de la science sur ce virus ?

O n sait d’où il vient. On a appris comment il se transmettait. On nous répète de ne pas nous inquiéter, ce qui, forcément, génère de l’inquiétude, et on nous rabâche que ce virus « n’a rien à voir avec le Covid ». Peut-on légitimement se fier à cette parole ministérielle univoque ? Face aux doutes, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, forte de l’expérience et des errements de la crise Covid, a pris le hantavirus par les cornes et convoqué un aréopage d’experts pour présenter l’état de la science à propos de ce virus des Andes, qui, déjà, a causé...

O n sait d’où il vient. On a appris comment il se transmettait. On nous répète de ne pas nous inquiéter, ce qui, forcément, génère de l’inquiétude, et on nous rabâche que ce virus « n’a rien à voir avec le Covid ». Peut-on légitimement se fier à cette parole ministérielle univoque ? Face aux doutes, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, forte de l’expérience et des errements de la crise Covid, a pris le hantavirus par les cornes et convoqué un aréopage d’experts pour présenter l’état de la science à propos de ce virus des Andes, qui, déjà, a causé la mort de trois personnes, et que, paraît-il, on connaît bien.

« On le connaît certes, mais mal », a précisé le professeur Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat de Paris. Il faudra attendre le séquençage complet du virus, il n’est pas impossible que l’on ait affaire à un variant qui a muté, avec des mutations qui génèrent une capacité de transmission majorée. »

Face à ce doute, précisons qu’à ce stade, selon l’ANRS-Maladies infectieuses émergentes, « aucune mutation particulière associée à une augmentation de transmissibilité ou de virulence n’a été rapportée. » Et, donc, de nouvelles analyses plus poussées sont encore en cours, qui permettront d’être sûr.

De son côté, l’épidémiologiste Antoine Flahault, s’il se félicite de la réaction du gouvernement français face à l’émergence épidémique d’un virus qu’il qualifie « d’extrêmement sévère », émet des réserves : « On est face à une maladie tropicale négligée, et non, on ne connaît pas tout. Il faut faire attention aux idées reçues. On croit tout savoir de la létalité, des modes de transmission, de la contagiosité. En fait, non. L’incubation est peut-être plus courte, quant à la létalité, la question se pose : la fourchette est autour de 32 %, certes, dans un village très reculé de la cordillère des Andes, où je ne suis pas sûr qu’il y ait le niveau de technicité de l’hôpital Bichat, notamment. En Europe, elle sera peut-être très inférieure. » À ce jour, les scientifiques ne savent pas si une population est plus à risque qu’une autre, en fonction de l’âge ou des comorbidités.

Voilà pour les incertitudes. De jour en jour, l’état de la science évolue pour mieux appréhender les risques face à ce hantavirus, cependant, les experts ont quand même quelques convictions, comme l’a précisé le professeur Xavier Lescure : « On sait de façon fiable comment on peut s’infecter. Le réservoir de cette maladie zoonotique est un rongeur, l’homme peut s’infecter par morsure, ou par aérosol. Par exemple, si on balaie un cabanon souillé par le virus, il suffira de respirer la poussière où le virus peut rester présent jusqu’à plusieurs semaines. Le virus des Andes se transmet entre humains par aérosol, en contact direct prolongé et très rapproché. La phase d’incubation est très longue, entre deux et six semaines. Quant aux symptômes, au début, ils ressemblent à des signes cliniques anodins, fatigue, coup de pompe, puis fièvre, puis atteinte pulmonaire. L’expression de la maladie est rapide, en quelques jours on bascule de la simple fatigue à l’intubation en réanimation. »

De nombreux scientifiques soutiennent que l’on ne transmet la maladie qu’à partir du moment où l’on présente des symptômes, le professeur Fleury, virologue à Bordeaux, appuie une autre hypothèse. « Selon une publication de l’OMS [Organisation mondiale de la santé, NDLR], deux jours avant de présenter des symptômes, il est possible de transmettre le virus. » Une théorie partagée par Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Rennes.

Olivier Schwartz, directeur de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur, a signalé que la recherche s’était coordonnée pour mieux appréhender ce virus qu’il qualifie de « plus simple et rustique que le virus du Covid ». « Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique, mais des molécules pourraient être repositionnées, avec des efficacités moindres, et on ne sait pas si ce traitement pourrait avoir des effets bénéfiques sur les patients, a-t-il indiqué. Il n’y a pas de vaccin disponible contre le hantavirus Andes, celui testé en Corée et en Chine concerne une autre souche de hantavirus, et ne devrait pas être efficace pour Andes. D’autres projets en phase clinique et préclinique sont prévus, à base d’ARN, il est évident que l’on pourrait aller vite. »

Un vaccin à ADN serait cependant à l’essai aux États-Unis, en phase d’essai clinique chez l’homme, par l’armée américaine. « Les premiers résultats attestent d’une augmentation du taux d’anticorps, révèle le professeur Hervé Fleury. Pour l’instant, il n’a pas obtenu d’autorisation de mise sur le marché, mais c’est un espoir. »

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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