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Hantavirus : "La désinformation médicale fait des ravages", déplore Frédéric Valletoux, président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée

Personnalités citées :Frédéric ValletouxStéphanie RistÉdouard PhilippeDupont-Aignan
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Le contexte

Le hantavirus est un virus qui a récemment suscité des inquiétudes en France, notamment en raison de sa propagation potentielle. Frédéric Valletoux, député Horizons et président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, a été impliqué dans la communication autour de ce sujet. La défiance envers le discours scientifique a augmenté, exacerbée par la désinformation sur les réseaux sociaux.

Ce qu'il faut retenir

Frédéric Valletoux a exprimé des préoccupations concernant la désinformation médicale liée au hantavirus. Il a souligné que le gouvernement a bien géré la communication sur le sujet, mais a noté une montée de la défiance envers les scientifiques. Valletoux a également mentionné que les cas suspects restent en isolement et que la prudence est de mise face à ce virus. Il a évoqué les leçons tirées de la crise du Covid pour mieux préparer le système hospitalier français.

Ce que ça change

Cet article met en lumière les défis de la communication gouvernementale en matière de santé publique, en particulier face à la désinformation. La déclaration de Valletoux souligne l'importance de maintenir la confiance du public dans le discours scientifique, ce qui est crucial pour la gestion des crises sanitaires. La vigilance et la transparence sont présentées comme des éléments clés pour prévenir une éventuelle épidémie.

L'article complet

Source originale sur francetvinfo.fr

Interrogé ce vendredi 15 mai dans les "4 Vérités", l'élu Horizons, qui relaie les informations sur la crise du hantavirus en tant que président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, regrette une recrudescence de la désinformation en ligne, et de la "défiance" croissante des internautes envers la parole scientifique. Une méfiance, "alimentée, aussi, on le sait, par des puissances étrangères", pointe-t-il.

Le gouvernement a-t-il bien mené la communication autour de l'hantavirus et sa propagation ? Selon Frédéric Valletoux, député Horizons et président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, "la tonalité qu'a eu le gouvernement" est "la bonne depuis le début" . Mais l'élu de Seine-et-Marne remarque "une montée de la défiance du discours scientifique " : "Il n'a pas fallu 48 heures pour que des gens comme Dupont-Aignan réapparaissent pour dire qu'on leur mentait" , déplore-t-il dans les "4V" ce matin.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Jeff Wittenberg : Vous êtes député Horizons, également président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale. C'est avec cette casquette, si j'ose dire, que vous avez participé aux côtés de Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, aux nombreuses communications qui ont eu lieu cette semaine sur l'hantavirus. Peut-on dire, après la communication de ces tests négatifs sur les cas contacts, que finalement il n'y a pas de risque d'épidémie d'hantavirus en France aujourd'hui ?

Frédéric Valletoux : Il faut rester dans la tonalité qu'a eu le gouvernement, qui était bonne depuis le début, c'est-à-dire être prudent, rester prudent, attentif, concentré. Avec des nouvelles comme, effectivement, ce fait que tous les cas suspects ne sont pas touchés par le virus. Chaque jour qui passe nous éloigne d'un risque épidémique. Mais les passagers du bateau ont débarqué dimanche, nous sommes vendredi, il peut y avoir une quinzaine de jours, voire six semaines d'incubation. Il faut rester prudent.

C'est la raison pour laquelle les 26 personnes concernées par ce risque de transmission, négatif donc, restent placées en isolement hospitalier et continueront à être testées au moins trois fois par semaine. C'est le principe de précaution ?

Oui, c'est le principe de précaution. C'est la volonté de tuer dans l’œuf, si on peut dire ça comme ça, toute contagion épidémique. Et c'est une prudence, mais c'est effectivement le choix de la France, quand on regarde ce qu'ont décidé d'autres pays, d'être particulièrement soucieux, de veiller à ce que le risque soit minimal, et qu'il y ait toutes les assurances que les patients qui puissent être concernés, les cas suspects, soient des cas non avérés.

Vous êtes ce matin assez rassurant. N’y a-t-il pas aussi, non pas de votre part, mais parfois dans les discours des scientifiques qu'on a entendus ces derniers jours, un peu d'excès de confiance, puisqu'on ne connaît pas tout de ce virus ? Est-ce qu'on est moins désarmé qu'on ne l'était face au Covid il y a 6 ans ?

Le Covid, c'est un virus qu'on ne connaissait pas. L'hantavirus, on ne le connaissait pas en Europe, on le connaissait en Amérique du Sud. Et finalement, il ne prospérerait pas, puisque les cas contacts ne sont pas touchés. Puis, le Covid a démarré en Chine, et rappelez-vous les premières semaines, voire les premiers mois, la Chine n'a pas été très prolixe pour nous donner des informations sur le démarrage de l'épidémie.

On sait qu'une expédition va partir à Ushuaïa, puisque c'est là qu'il y a eu le premier foyer. Donc, n’y a-t-il pas aussi des zones d'ombre comme il y en avait pour le Covid ?

Le gouvernement et les scientifiques ont fait le choix de la transparence. J'ai apprécié la tonalité de la conférence de presse de mardi, où des médecins nous ont dit ce qu'ils savaient, la dangerosité de ce virus, mais aussi ce qui restait inconnu. Et c'est normal, puisque dans chaque crise épidémique, on ne sait pas si le virus a muté ou pas. En l'occurrence, il semblerait que non. C'est rassurant, mais c’est tombé hier. Donc, il faut rester vigilant. Je crois que c'est le bon terme et il faut continuer à faire ça.

Vous avez dirigé pendant plus de dix ans la Fédération hospitalière de France. Est-ce qu'aujourd'hui, si une épidémie comparable à celle du Covid devait survenir, vous diriez que le système hospitalier français est mieux préparé ?

Déjà, on serait mieux armés, puisque des leçons ont été tirées du Covid. Toutes les leçons, je ne sais pas, mais en tout cas, des leçons ont été tirées sur la surveillance, la vigilance.

Il y a des stocks de masques aujourd'hui qu'il n'y avait pas, et on s'en était aperçus, en 2019-2020. Tout cela a conduit les hôpitaux et le gouvernement à recaler la réponse qui devrait être celle des hôpitaux. Une épidémie, ce sont des scénarios qu'on ne connaît pas, c'est un virus qu'on ne connaît pas… Donc, une épidémie de la forme du Covid sur un virus totalement inconnu, tout peut arriver. Il faut être très prudent en la matière.

Il n'y a pas eu de réel emballement politique, en revanche, on le voyait notamment dans le journal de "20 Heures" hier soir sur France 2, il y a eu une explosion, un essor des fake news sur cette question de l'hantavirus, avec des propos expliquant que peut-être on ne disait pas tout au public. Comment expliquez-vous cette défiance, avec des vidéos qui ont eu beaucoup de succès sur les réseaux sociaux, qui progresse dans la population vis-à-vis des scientifiques ?

Crise sanitaire après crise sanitaire, on voit effectivement dans notre pays, dans tous les pays du monde occidental au moins, une montée de la défiance du discours scientifique, médical. Je l'explique sans doute par l'effet des réseaux sociaux. Je l'explique par le fait que c'est une défiance qui est alimentée, aussi, on le sait, par des puissances étrangères, qui à travers ça, cherchent à déstabiliser nos pays. Et donc, c'est vrai que, de ce point de vue là, la désinformation médicale fait des ravages, et malheureusement il n'a pas fallu 48 heures pour que des gens comme Dupont-Aignan et certains autres, ce n'est pas la peine de les nommer pour leur faire de la pub, réapparaissent pour dire qu'on leur mentait, qu'on leur cachait des choses sur l'hantavirus.

Mais votre discours a-t-il été suffisamment fort pour vous opposer à ces propos, qui ont beaucoup de succès ?

Écoutez, je crois qu'aujourd'hui tout le monde en est conscient : il y a la volonté effectivement de travailler avec les médias, de travailler avec les soignants et les spécialistes de médecine, pour essayer de rendre plus fort et plus pertinent le discours autour des affaires médicales.

Le discours, le débat public, vous en êtes l'un des acteurs, puisque vous êtes député Horizons, donc proche d'Édouard Philippe. Il a fait non pas sa rentrée, mais un nouveau discours qui est censé être une sorte de tour de chauffe présidentiel, mais certains l'ont trouvé un peu timide, même s'il a lancé des pistes. Est-ce que vous lui demandez d'être un peu plus allant dans cette campagne présidentielle aujourd'hui, qu'il ne l'est ? Sachant qu'il y a de la concurrence, et que Gabriel Attal va bientôt annoncer sa candidature ?

D'abord, la campagne, l'élection présidentielle, c'est dans un an, donc on a le temps.

Oui, on a le temps, parce que, d'abord, je ne suis pas sûr que les Français aient vraiment la tête à la présidentielle, il y a d'autres échéances. Il y a aujourd'hui un contexte international qui est compliqué et on ne va pas leur parler de la présidentielle à tout-va, en permanence. Par contre, il faut s'y préparer. Édouard Philippe s'y prépare depuis qu'il a quitté Matignon, depuis 2021, qu'il a monté Horizons. On s'y prépare à ses côtés, et donc, progressivement, il va entrer en campagne. Son premier meeting de candidat, ce sera le 5 juillet à Paris. Là, il a réuni son parti la semaine dernière. Il fait des propositions régulièrement.

Dans ses propositions, il veut "remettre de l'ordre dans les comptes et dans la rue" , face au narcotrafic. On entendait dans le journal de "8 Heures" cette nouvelle fusillade à Nantes ; un adolescent tué, un autre entre la vie et la mort. Est-il plus armé que les autres candidats pour faire face à ce terrible fléau du narcotrafic en France ?

C'est un exemple que nous donne l'actualité et qui est malheureux. Mais, au mois de décembre dernier, il a fait des propositions concrètes pour demander qu'on crée un état d'urgence en matière de narcotrafic, de la même manière qu'on l'a fait depuis dix ans pour lutter contre le terrorisme, qu'on donne des moyens dérogatoires à la police et à la justice pour être plus efficaces dans la lutte contre les narcotrafics. Il est maire du Havre, qui est une des portes d'entrée du trafic de stupéfiants en France. Il est tout à fait au courant et il est tout à fait conscient des difficultés de cette marée montante des trafics autour de la drogue. Il faut aujourd'hui des moyens dérogatoires pour permettre des perquisitions, pour permettre d'être plus efficaces contre cela. Il l'a proposé au mois de décembre dernier.

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Texte extrait depuis l'article original sur francetvinfo.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur francetvinfo.fr.

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