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Comme prévu, Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature. Ce sera sa quatrième tentative, ce qui le rapproche des six essais infructueux d’Arlette Laguiller. A ce stade, il ne faut rien exclure, y compris qu’il fasse « mieux » que l’ex-dirigeante trotskiste.
Le nom du leader insoumis a été retenu à l’issue d’une parodie de vote non compétitif de type soviétique : candidat unique, il avait chargé sa garde rapprochée d’élus et de cadres (qui lui doivent tout) de le plébisciter. Comme convenu, il est venu, rictus aux lèvres, annoncer le non-événement aux Français sur le plateau de TF1. Déjà vu.
La stratégie mélenchoniste est éprouvée : lisser une image terriblement dégradée (Mélenchon est aussi impopulaire qu’Eric Zemmour) après plusieurs années de guerre de mouvement au bazooka. Pour faire oublier sa vraie nature, il a instamment troqué la stratégie du « bruit et fureur » , les attaques ad hominem et les dérapages antisémites , pour le registre de papy bougon, père de la nation un peu irascible, mais didactique. Déjà vu.
Annoncer sa candidature tôt présente deux avantages : indiquer que ses adversaires à gauche ne sont pas prêts (ce qui est vrai), et faire oublier les divisions que ses quatre années de « bruit et fureur » ont provoquées à gauche. Mélenchon a conscience d’une loi sociologique : les électeurs ont une mémoire des faits politiques qui ne dépasse pas six mois. Cela tombe bien car il a tout intérêt à ce que les électeurs de gauche aient oublié les propos outranciers qu’il a tenus ces dernières années. Déjà vu.
S’il fallait encore se convaincre que Jean-Luc Mélenchon est un homme politique insincère, cette énième candidature le confirme. Le problème n’est pas que la procédure de sa nomination n’a pas été démocratique (la plupart des autres candidats seront également autoproclamés) ou qu’il répète depuis… 2012 qu’il cédera sa place à un jeune poulain pour ensuite changer d’avis. Non, le problème est que Mélenchon est cynique. Le récit de la « Nouvelle France » sur lequel il s’appuie pour mener campagne est un artefact, dans le droit fil de sa stratégie populiste. Déjà vu.
Si le leader insoumis était sincère à propos de la « Nouvelle France », il aurait cédé sa place, et permis la candidature d’un représentant de cette France jeune, « racisée », éduquée des centres-villes et banlieues. C’est le principe basique de l’ empowerment : donner le pouvoir aux dominés.
Il se trouve que La France insoumise (LFI) possédait un candidat potentiel qui coche toutes ces cases : Bally Bagayoko . Le nouveau maire de Saint-Denis avait effectivement le profil idéal pour donner un sens concret à cette « Nouvelle France » : sa jeunesse, son expérience politique, ses liens avec les partis de gauche, une aisance médiatique, sa popularité, son humour, un style décontracté et, bien sûr, il n’est pas « tout blanc, tout moche » comme le leader insoumis.
Billet Jean-Luc Mélenchon, un candidat de l’ancienne France
