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justicevia France Info··6 min de lecture

"Ils ont raison de réagir" : comment la mort de Lyhanna met la pression sur Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu

Personnalités citées :Gérald DarmaninSébastien LecornuYaël Braun-PivetEmmanuel Macron
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Le contexte

L'affaire de la mort de Lyhanna a suscité une forte émotion en France, mettant en lumière les failles du système de protection de l'enfance. Le gouvernement, sous pression, doit répondre aux critiques concernant la gestion des violences faites aux enfants et aux femmes. Le débat sur la nécessité d'une loi intégrale contre ces violences est relancé.

Ce qu'il faut retenir

Le Premier ministre a annoncé des mesures supplémentaires pour le projet de loi sur la protection de l'enfance. Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu ont été interpellés lors d'une séance à l'Assemblée nationale, où des appels à la démission ont été lancés. Les députés de gauche ont demandé l'inscription d'une loi contre les violences faites aux femmes et aux enfants à l'agenda parlementaire. Le gouvernement a prévu de renforcer les peines pour les violeurs en série et d'accélérer les délais d'enquête.

Ce que ça change

Cette situation met en lumière la nécessité d'une réforme urgente du système de protection de l'enfance en France. Les mesures annoncées pourraient avoir un impact significatif sur la législation concernant les violences sexuelles. La mobilisation des citoyens et des associations pourrait également influencer les décisions politiques à venir.

L'article complet

Source originale sur francetvinfo.fr

Face à l'émotion suscitée par l'affaire, le Premier ministre a annoncé que de nouvelles mesures seraient ajoutées au projet de loi sur la protection de l'enfance présentée fin mai. Le garde des Sceaux a de son côté exclu de démissionner.

Un feu nourri dans l'Hémicycle. Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu ont dû affronter les différents groupes politiques, mardi 9 juin, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Pas moins de douze questions ont porté sur la mort de Lyhanna ou la protection de l'enfance. Les appels à la démission du ministre de la Justice ont une nouvelle fois retenti. "Quand assumerez-vous votre part de responsabilités en présentant votre démission ?" a attaqué d'emblée l'insoumise Gabrielle Cathala, députée du Val-d'Oise. "Allez-vous protéger les enfants en faisant de la politique politicienn e ?" lui a rétorqué Gérald Darmanin.

"Gérald Darmanin est quelqu'un qui assume. Il l'a dit lui-même : si un jour il n'assumait pas sa responsabilité, la question de son maintien se poserait. Mais là, il assume. Donc elle ne se pose pas" , appuie un député du parti Horizons. "Le cynisme des gens qui demandent la démission de Darmanin est immense. Il n'est lié ni de manière directe ni indirecte à ce drame. On doit travailler ensemble pour améliorer notre justice. Ce n'est pas faire tomber la tête d'un ministre qui changera les choses" , poursuit un député de Renaissance.

Les autres groupes de gauche n'ont pas appelé à la démission du garde des Sceaux, mais ils ont réclamé avec insistance l'inscription dans les débats parlementaires de la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, texte transpartisan d'initiative socialiste, ou des moyens budgétaires supplémentaires. La pression s'exerce également dans le camp macroniste.

Le matin même, sur franceinfo , c'est Yaël Braun-Pivet qui a sommé le gouvernement de "passer à la vitesse supérieure" . "Il faut aller plus loin, il faut aller plus vite, il faut aller plus fort" , a estimé la présidente de l'Assemblée nationale. Elle aussi a plaidé pour l'inscription de cette loi transpartisane à l'agenda parlementaire. Et de se tourner vers Emmanuel Macron pour lui demander d'organiser une session extraordinaire de l'Assemblée nationale afin d'examiner ce texte.

🔴 Violences sexuelles : vers une loi intégrale ? ➡️ "Je demande au président de la République d’inscrire à l’ordre du jour de la session extraordinaire [...] cette loi intégrale […] Nous pouvons légiférer dès le mois de septembre sur ce sujet-là", dit Yaël Braun-Pivet pic.twitter.com/p9mBvZ9rnS

Face à ces multiples pressions, le gouvernement ne pouvait rester immobile . Dans la matinée, Sébastien Lecornu avait tenté de déminer la situation en organisant une réunion sur le sujet avec plusieurs ministres. Très vite, ses services ont laissé fuiter l'information selon laquelle elle avait pour objet d'élaborer des mesures qui pourraient être ajoutées au projet de loi sur la protection de l'enfance présenté à la fin du mois de mai . A l'issue de ce rendez-vous, Matignon a précisé deux mesures très attendues par les associations qui luttent contre les violences sexuelles envers les enfants : le renforcement des peines pour les violeurs en série, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de vingt ans actuellement, et l'accélération des délais d'enquête.

"C'est le signe d'un gouvernement acculé mais qui ne prend pas la mesure du problème. Concrètement : les actes d'enquête sous trois mois, on fait comment ?"

"La loi intégrale, par définition, ce n'est pas une proposition jetée en l'air à la sortie d'une réunion interministérielle" , ajoute un membre du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. "La loi intégrale est utile. Nous allons l'utiliser. Mais ne mentez pas aux Français en laissant à penser que ce n'est qu'une affaire de moyens" , a martelé Sébastien Lecornu dans l'Hémicycle.

Un peu plus tôt, Gérald Darmanin avait souligné qu'une telle loi n'aurait pas permis d'éviter le drame subi par Lyhanna. "Nous n'avons pas besoin de loi pour ce cas très précis" , a-t-il lancé à l'intention de la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, à l'origine de cette loi transpartisane. La veille, à l'issue d'une réunion avec les procureurs généraux, il affirmait déjà : "Il ne nous a manqué ni de moyens, ni de lois... Il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs."

C'est l'émotion suscitée dans le pays qui a fait bouger Sébastien Lecornu. Le Premier ministre ne pouvait plus se cantonner aux seuls arguments des failles individuelles. "C'est comme une lame de fond qui monte dans le pays" , estime un membre du gouvernement auprès de franceinfo. "Le message qui nous est envoyé est qu'il faut aller vite. La prise de conscience existait. On n'avait pas rien fait avant. Mais là, c'est la mobilisation générale. Sébastien Lecornu a eu raison de sonner le tocsin" , poursuit-il.

Près de 60 000 personnes ont manifesté lundi partout en France, y compris à Paris devant le ministère de la Justice, malgré l'interdiction de la préfecture de police . "Interdire la manifestation place Vendôme, ça n'était pas la meilleure idée" , regrette un autre ministre auprès du service politique de France Télévisions. "Ce sont les mobilisations des associations, la conférence de presse de Yaël Braun-Pivet et des députés réclamant une loi intégrale et la colère des Français qui ont payé" , juge la communiste Elsa Faucillon.

"En l'état, il n'est pas possible de ne pas réagir à ce qui est un scandale absolu et qui émeut profondément le pays et à très juste titre ", abonde un député du groupe Ensemble pour la République. "Ils ont raison de réagir. Voilà des années que nous sommes certains à demander d'ouvrir les yeux sur la situation" , ajoute un autre parlementaire macroniste, "qui souhaite une remise à plat plus générale" . Du côté de l'Elysée, l'entourage du président de la République a fait savoir qu'il avait échangé avec Gérald Darmanin et Laurent Nuñez. "Emmanuel Macron suit la situation de près" , précise-t-on.

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