À la suite d’une enquête administrative menée en 2025 par la Direction générale des patrimoines et de l’architecture (DGPA), le directeur du Musée national du château de Pau, en place depuis plus de trente ans, a été écarté
« Rien ne va plus dans ce château et domaine, emblème de la tolérance du roi Henri IV. Tous les éléments d’une situation délétère sont réunis. » Dans un communiqué commun daté du 1 er juin 2026, trois syndicats de la culture (CGT, CFDT et SUD) s’alarment de la situation au château de Pau, thé...
« Rien ne va plus dans ce château et domaine, emblème de la tolérance du roi Henri IV. Tous les éléments d’une situation délétère sont réunis. » Dans un communiqué commun daté du 1 er juin 2026, trois syndicats de la culture (CGT, CFDT et SUD) s’alarment de la situation au château de Pau, théâtre de dysfonctionnements qu’ils décrivent comme structurels.
Ils ont poussé le service des musées de France de la Direction générale des patrimoines et de l’architecture (DGPA), qui dépend du ministère de la Culture, à lancer en mai 2025 une enquête administrative sur les pratiques dans ce musée national estampillé « service à compétence nationale (SCN) », où travaillent environ 70 agents publics. L’Inspection des affaires culturelles (Igac) a rendu ses conclusions le 25 novembre 2025.
Depuis, l’administration aurait choisi d’écarter le directeur Paul Mironneau, aujourd’hui sur le départ après plus de trente ans à la tête de l’établissement. Conservateur général du patrimoine, il occupe toujours les lieux, mais une annonce de recrutement a été publiée le 13 mai dernier pour sa succession, prévue en septembre.
Si l’on y ajoute la suspension à l’automne 2025 de sa directrice adjointe à la suite d’accusations de « management toxique » (une procédure administrative est actuellement en cours) et le départ à la retraite du secrétaire général, c’est l’ensemble du triumvirat à la tête du joyau patrimonial palois qui tombe en quelques mois.
Les syndicats pointent de nombreux signalements de souffrance au travail, symptômes d’un management défaillant, nuisant à la qualité du service rendu au public. « Les faits mis au jour ne relèvent pas de simples dérives individuelles ou d’erreurs ponctuelles de management, écrivent-ils. Ce qui apparaît aujourd’hui, c’est l’existence d’un système profondément installé, ancien, structuré, toléré pendant des décennies. Un système fondé sur des pratiques opaques, des logiques de favoritisme, des rapports de pouvoir déséquilibrés et des mécanismes d’influence qui ont progressivement dégradé le fonctionnement financier et humain du service public. »
Les trois syndicats ont rencontré le 28 mai le chef de l’inspection menée l’an dernier, accompagné de la directrice générale des patrimoines et de l’architecture. Ils auraient réclamé et obtenu un audit financier complet du château afin de « clarifier toutes les pratiques délétères dans l’établissement ».
Selon nos informations, ces griefs ne seraient pas nouveaux au sein du fleuron du tourisme béarnais. En 2015, une mission d’évaluation des risques psychosociaux avait déjà été menée, révélant de lourdes tensions internes qui n’ont, semble-t-il, jamais cessé.
Contactés à plusieurs reprises ce lundi 8 juin, ni le directeur du Musée national du château de Pau, ni la Direction générale des patrimoines et de l’architecture, au ministère de la Culture, n’ont répondu à nos sollicitations.
