Gabriel Attal lors de son premier meeting de campagne à Paris, ce samedi 30 mai 2026. - LOU BENOIST / AFP
"Quelqu’un devra payer". Dans un entretien accordé au Figaro publié ce vendredi 12 juin, le candidat à l'élection présidentielle et ancien Premier ministre Gabriel Attal a estimé que la mort de Lyhanna , dont le corps a été retrouvé dans un silo agricole près de Fleurance, dans le Gers, "aurait pu être évité si la justice avait fonctionné correctement".
"L’État a failli dans cette affaire. La responsabilité de l’État la plus importante, c’est de protéger les Français, notamment les plus vulnérables d’entre eux", déplore Gabriel Attal auprès du quotidien.
Et pour cause: Jérôme Barella, principal suspect dans cette affaire et mis en examen pour "enlèvement, séquestration et meurtre d'un mineur de moins de 15 ans", a déjà été visé par plusieurs signalements et par une plainte pour viols avant la disparition de Lyhanna , sans ne jamais être inquiété.
Depuis sa disparition, gouvernement, institutions judiciaires et forces de l'ordre sont dans le collimateur de la société civile, qui leur reprochent lenteurs, dysfonctionnements et défaillances dans la prise en compte de la parole des victimes.
Pour Gabriel Attal , "tous ceux qui ont exercé des responsabilités, et j’en fais partie, doivent s’interroger sur ce qui a été fait et ce qui n’a pas été fait ces dernières années pour que la justice puisse accomplir sa mission".
Depuis ce drame, la colère des Français n'a cessé de monter face au traitement des violences sexistes et sexuelles (VSS) au sein de la justice. "Dans cette affaire, quelqu’un devra payer. Les Français ont le droit de savoir ce qu’il s’est passé", relève l'ancien Premier ministre.
Le candidat à la présidentielle s'est par ailleurs dit favorable à une commission d'enquête sur cette affaire. Le Sénat a pour le moment décidé mercredi de lancer une commission d'enquête sur les dysfonctionnements de la justice et le pilotage de la politique pénale.
"Il faut que la vérité puisse éclater, et qu’on en tire toutes les conséquences. Les politiques ont une responsabilité historique pour tout changer. Nous n’avons plus le choix", réaffirme-t-il.
Afin de lutter contre les pédocriminels, l'ex-Premier ministre a notamment proposé de créer "un service de renseignement sur la pédocriminalité" pour "mieux suivre les délinquants sexuels présumés" et "prononcer des mesures administratives très rapides".
Plus encore, ce dernier propose que les pédocriminels soient fichés comme "sur le modèle des fichés S".
"Il faut aligner le traitement des pédocriminels sur celui des terroristes. Sur le terrorisme, toute une chaîne pénale est organisée. Cela veut dire qu’il faut un parquet national dédié à la pédocriminalité", propose-t-il dans les colonnes du Figaro.
En attendant une avancée de la justice sur le traitement des violences sexistes et sexuelles, l'association Innocence en Danger a demandé, comme Gabriel Attal , la création d'une "commission d'enquête parlementaire" sur les conditions dans lesquelles les affaires de "criminalité sexuelle organisée à dimension transnationale" ont été conduites depuis dix ans en France.
