Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à l'Élysée le 6 mai 2026 - Ludovic MARIN / AFP
Attention à ne pas devenir irréconciliables. Gérald Darmanin fait passer le message à Gabriel Attal et Édouard Philippe ce mardi 26 mai, les deux anciens Premiers ministres cherchant à se distinguer l'un de l'autre pour devenir à terme le meilleur représentant du camp présidentiel dans la course à l'Élysée.
"Je déplore que ceux qui se présentent comme des personnes qui peuvent s’entendre en février prochain aujourd’hui pourraient montrer des différences trop fortes qui rendraient une alliance impossible", déclare le ministre de la Justice sur France 2.
Partisan d'une seule candidature pour son camp, celui qui a poussé pour une primaire de la droite et du centre poursuit:
"La politique, ce n'est jamais une aventure personnelle. Pour l'instant, les candidats viennent de se déclarer, (la situation) n'est pas anormal(e), mais je ne pense pas que ce soit une affaire d'ego, de 'moi je' et de 'je vais gagner tout seul'. La politique, c'est une équipe, c'est le rassemblement de personnes qui doivent faire ensemble 51% des voix."
Invitée de Franceinfo quelques minutes plus tard, Élisabeth Borne tient une position similaire, disant ne pas croire en "une compétition apaisée".
"Toute l’énergie que l’on peut passer à être en compétition au sein de ce bloc central, c'est de l’énergie que l’on ne passe pas pour proposer des réponses aux Français et dénoncer les réponses présentées par les extrêmes", souligne l'ancienne Première ministre, qui s'est retirée de la direction de Renaissance en raison de ses désaccords avec Gabriel Attal, qui dirige le parti.
Le duel entre Édouard Philippe et Gabriel Attal pour l'Élysée a pris un tournant avec l'officialisation de la candidature de ce dernier, vendredi dans un village de l'Aveyron. Ne laissant pas toute la place à son "concurrent" qui enchaîne les médias depuis lors (TF1 samedi, Brut dimanche, France Inter ce mardi), Édouard Philippe est venu sur le plateau de l'émission C à vous samedi sur France 5.
Il s'est notamment attardé sur les commentaires de l'entourage de son "concurrent", qui rejouent le duel Jacques Chirac-Édouard Balladur de 1995. Avec Gabriel Attal dans la peau du premier, qui avait finalement coiffé au poteau le second, pourtant longtemps grand favori.
Réponse d'Édouard Philippe: "En bon chiraquien, je vous dirais assez volontiers que ça m’en touche une sans me remuer l’autre."
Pendant que l'un se démultiplie, entre propositions tous azimuts et nombreux déplacements, l'autre revendique la carte du "sérieux", souhaitant avancer à son rythme, même s'il a pu s'attarder vendredi sur la question du narcotrafic.
Visiblement, cela génère une certaine impatience chez certains de ses amis. Sur France 2, Gérald Darmanin le presse de passer la seconde. "Il faut qu'(Edouard Philippe) nous montre son envie d'être président de la République", lâche-t-il, tout en réaffirmant que le patron d'Horizons est "le mieux placé" pour 2027.
"Je le connais personnellement, je sais qu'il a cette envie (d'être président), mais qu'il le montre aux Français", insiste-t-il.
