Que faisait la ministre de l’Agriculture à un déjeuner organisé par le think tank créé par Vincent Bolloré, l’Institut de l’Espérance ? Annie Genevard se retrouve au cœur d’une polémique après la révélation de sa participation à cette réunion autour de personnalités conservatrices, proches de la droite radicale et de la sphère médiatique bolloréenne, dans le cadre d’un projet de cercle d’influence politique en vue de l’élection présidentielle de 2027. La polémique enfle.
Parmi les invités figuraient notamment des soutiens de l’union des droites, des figures de la chaîne CNews ainsi que d’anciens relais de médias prorusses comme l’ancienne directrice de Russia Today Xenia Fedorova. Une présence jugée embarrassante pour le gouvernement, alors que l’exécutif tente d’éviter toute ambiguïté avec l’extrême droite.
L’entourage d’Annie Genevard, proche de Laurent Wauquiez , affirme qu’elle ignorait la composition exacte des invités et qu’il ne s’agissait ni d’un soutien politique ni d’une caution idéologique.
Sa collègue porte-parole du gouvernement Maud Brégeon tente de minimiser : « Ça n'avait pas vocation à porter un message politique particulier. Elle le fait à titre individuel. Elle le fait à titre personnel ». Et pour Philippe Juvin, député LR, rien d’anormal dans cette rencontre : « Que les ministres aillent voir les opérateurs économiques du pays, moi, ça me paraît indispensable. »
L’insoumis Thomas Portes est lui vent debout contre Annie Genevard : « On sait que Vincent Bolloré a un agenda politique, et tout ce qu'il fait à l'approche de l'élection présidentielle poursuit un objectif : installer l'extrême droite. Que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella au pouvoir. La ministre ne devrait pas être à cette table-là ». Pour Romain Eskenazi, député PS, la présence de la ministre ne passe pas non plus : « Le débat en ce moment à l'Assemblée nationale d'une loi d'urgence agricole. Je ne sais pas si c'était tellement sa place. »
À moins d’un an de la présidentielle, la polémique ravive les interrogations sur les passerelles entre une partie de la droite et les réseaux d’influence gravitant autour de Vincent Bolloré, proche de l’extrême droite.
