Le Sénat veut ajouter à 14 milliards à la Loi de programmation militaire actualisée présentée par le gouvernement, pour muscler les commandes de Rafale, de frégates FDI, et doubler la flotte de lance-roquettes multiples. Gros plan sur un rapport qui va faire parler.
14 milliards, sinon rien. Dans un rapport voté mercredi 27 mai par la commission de la défense, les sénateurs mettent les pieds dans le plat sur l’épineux sujet du budget des armées. Invités à examiner le projet de loi d’actualisation de la programmation militaire (LPM) 2024-2030, la chambre haute du Parlement a sensiblement modifié la trajectoire financière présentée par le gouvernement. L’exécutif proposait un effort supplémentaire de 36 milliards, qui faisait passer le budget total des armées de 400 à 436 milliards sur la période . « Un effort réel, mais insuffisant pour éviter le décrochage » , estime le président de la commission de la défense du Sénat, Cédric Perrin.
Le Sénat propose donc de rajouter 14 milliards à cette trajectoire budgétaire, ce qui ferait passer les hausses annuelles de budget à 6,7 milliards d’euros, et le budget de défense 2030 de 76,3 milliards d’euros à 83,9 milliards. Pas si loin du « poids de forme » estimé entre 90 et 100 milliards d’euros en mars 2025 par Sébastien Lecornu , alors ministre des armées. « Ces 14 milliards permettraient des commandes supplémentaires, notamment celles de Rafale ou de frégates évoquées par Sébastien Lecornu début 2025 » , souligne Cédric Perrin. Faute de crédits suffisants, le ministère des Armées avait dû renoncer aux commandes d’une trentaine de Rafale en plus (20 pour l’armée de l’air et 10 pour la Marine), et de 3 frégates FDI supplémentaires.
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